« Des chocs encore plus importants sont à venir » : le climat va no...
Depuis plus de 150 ans, les scientifiques savent que le dioxyde de carbone retient la chaleur dans l'atmosphère. En 2025, la température moyenne mondiale dépassait d'environ 1,44 °C celle de l'ère préindustrielle. Ce réchauffement favorise des vagues de chaleur, sécheresses, pluies extrêmes, tempêtes et incendies plus fréquents ou plus intenses.
L’image qui a stupéfié le monde : derrière ce paysage irréel, 24 millions d’hectares sont partis en fumée
Pour les 25 ans de Futura, nos journalistes racontent une image qui a marqué leur regard sur ce premier quart de siècle. En 2019-2020, l’Australie traverse son terrible « été noir ». Pendant des mois, des incendies gigantesques dévorent le pays et donnent naissance à des images qui marqueront les esprits. Six ans plus tard, elles n’ont rien perdu de leur force.... Lire la suite
Ces dernières années en donnent déjà un aperçu spectaculaire. L'« été noir » australien de 2019-2020 a vu près de 19 millions d'hectares partir en fumée. 19 millions ! En 2022, des inondations ont submergé environ un tiers du Pakistan. En 2024, les ouragans Helene et Milton ont frappé durement le sud des États-Unis. D'autres catastrophes, moins exceptionnelles à l'échelle mondiale mais dramatiques localement, se succèdent désormais à un rythme soutenu.
Le pire est encore être devant nous
Pour Daniel Swain, climatologue à l'Institut californien des ressources en eau, évoquer la possibilité d'un événement climatique hors norme est délicat. Personne ne peut prédire précisément quand ni où surviendra une catastrophe majeure. Mais les conditions susceptibles de produire de tels chocs s'accumulent.
Le problème est aussi celui de l'habituation. À force de voir les records tomber et les catastrophes se répéter, le risque est de considérer l'extrême comme normal. Sarah Perkins-Kirkpatrick, climatologue à l'Université nationale australienne, compare cette situation à celle de la « grenouille dans l'eau bouillante ». Si les sociétés s'adaptent progressivement à des conditions toujours plus dangereuses, elles pourraient finir par ne plus percevoir l'ampleur du changement.
Des conséquences qui se prolongeront pendant des siècles
Autre constat inquiétant : les événements extrêmes ne disparaîtront pas du jour au lendemain si le monde atteignait immédiatement la neutralité carbone. Une partie du dioxyde de carbone déjà émis peut rester dans l'atmosphère pendant des siècles, maintenant durablement une partie du réchauffement.
« 39 % de surface brûlée en plus chaque année » : les modèles révèlent ce qui attend l’Europe même sous les +2 °C !
Jusqu’où les incendies peuvent-ils aller ? Les scientifiques commencent à entrevoir une réponse vertigineuse : dans une Europe plus chaude, certaines régions pourraient connaître des feux d’une ampleur encore inimaginable.... Lire la suite
Kim Stanley Robinson estime d'ailleurs que les risques ont augmenté depuis la publication de son roman en 2020. S'il devait l'écrire aujourd'hui, il accorderait davantage de place aux incendies de forêt, devenus plus vastes et destructeurs. Le message de son récit reste donc d'actualité. Aucune région du monde n'est totalement à l'abri.
Même si les émissions s’arrêtaient brutalement, une partie du réchauffement continuerait de produire des effets pendant des siècles. © CB avec ChatGPT
Plus de la moitié des gaz à effet de serre émis par l'humanité l'ont été au cours des 50 dernières années, et certains effets du changement climatique se manifestent déjà plus rapidement que prévu. En janvier 2022, une évaluation britannique estimait ainsi à seulement 0,02 % la probabilité d'atteindre 40 °C au Royaume-Uni avant 2040. Quelques mois plus tard, ce seuil était pourtant franchi. Pour Tim Lenton, professeur de climatologie à l'Université d'Exeter, ces signaux imposent désormais d'envisager les scénarios les plus graves. « Nous devons parler des pires scénarios possibles, estime-t-il. Il est naturel de penser que des chocs encore plus importants sont à venir. »