Des vendanges dès le début du mois d’août ? "Tout va se jouer dans les dix prochains jours" dans ce domaine viticole du Gard rhodanien
Des vendanges précoces s’annoncent chez les viticulteurs du Gard rhodanien, comme à Maison Rivier à Chusclan. Dix jours d’avance sont envisagés grâce à la chaleur et aux réserves d’eau, mais les très fortes températures annoncées pourraient bouleverser l’équilibre fragile du vignoble.
Les vendanges 2026 pourraient-elles être les plus précoces que la Maison Rivier n’ait jamais connues ? Si rien, bien sûr, ne permet déjà de le confirmer, cela n’empêche pas Claude Rivier de confier, en ce début juillet, qu’elles pourraient en effet se dérouler "avec dix jours d’avance par rapport à l’an dernier". En 2025, la récolte des raisins pour les blancs et les rosés avait eu lieu juste après le 15 août et à partir du 7 septembre pour les rouges. Suivant le schéma défini par le viticulteur, cette fois, elle pourrait se produire dès début août.
"Un automne et un hiver pluvieux"
La raison de cette précocité annoncée ? D’abord, les fortes chaleurs qu’a connues le Gard rhodanien ces dernières semaines. Ainsi, la véraison, qui désigne le moment où le raisin change d’aspect et se colore progressivement, a déjà débuté. "On a aussi eu la chance d’avoir un automne et un hiver pluvieux. L’eau a bien pénétré dans le sol, et on a des réserves conséquentes. À partir de 20 cm sous terre, on retrouve de l’humidité. Les vignes n’ont pas souffert et poussent sans difficulté", détaille Claude Rivier.
Ce qui devrait laisser augurer donc d’une belle récolte, en plus d’être précoce. Surtout comparé à l’an dernier où "le stress hydrique est arrivé très tôt et a bloqué le développement des baies", ce qui avait donné une production de seulement 36 hectolitres pour les blancs et d’environ 50 hl pour les rouges et rosés. Mais il est de rigueur de rester prudent rappelle le vigneron de Chusclan car "tout va se jouer dans les dix prochains jours".
Selon lui, des températures dépassant les 40 °C sont d’ores et déjà annoncées pour les 14 et 15 juillet. Ce qui pourrait brûler la pellicule des fruits qui donne ses principales caractéristiques au vin. "Notre crainte est d’avoir une sécheresse trop longue qui entraîne le flétrissement des raisins", ajoute Claude Rivier.
Des cépages aussi plus précoces
Alors pour essayer de contrer ces incidences, le domaine viticole tente d’apporter des solutions. Comme en limitant l’écimage pour laisser pousser le feuillage qui protégera ainsi les grappes. Ou encore en utilisant certains produits "à titre expérimental" comme le talc ou l’argile pour éviter de dessécher les raisins. La question de l’irrigation est aussi centrale.
Un tiers de l’exploitation bénéficie, pour l’heure, du goutte-à-goutte ce qui permet "de donner un petit coup de boost et de faire grossir les baies", insiste Claude Rivier. Puis d’ajouter : "Si on arrive, par plusieurs moyens, à avoir moins d’incidence, on est preneurs. On adapte nos pratiques pour être le moins pénalisés".
En trente ans, les vendanges ont avancé d’un mois au domaine Rivier. "Mon papa commençait début septembre et vendangeait jusque mi-octobre", indique celui qui représente la 4e génération à la tête du domaine. Mais, comme il le rappelle, cette précocité n’est pas du seul fait du climat. De nouveaux cépages, comme le viognier, la roussanne, ou la marsanne, "importés du nord de l’appellation côtes-du-rhône", sont mûrs beaucoup plus précocement que d’autres variétés.
Ne reste donc plus qu’à attendre que la météo des prochaines semaines confirme ces promesses. Comme souvent en viticulture, tout se jouera jusqu’au dernier moment, au rythme d’une nature que les vignerons apprennent à accompagner et à anticiper.