Des villes françaises touchées par des pannes de courant : pourquoi la canicule provoque-t-elle des coupures d’électricité ?

Des villes françaises touchées par des pannes de courant : pourquoi la canicule provoque-t-elle des coupures d’électricité ?

L’été met les organismes à rude épreuve. Les réseaux électriques aussi. Depuis de longues semaines déjà, la canicule s’est installée durablement, avec des journées brûlantes et des nuits tropicales où le thermomètre peine à redescendre sous les 25 degrés.

Une situation qui ne fait pas seulement souffrir les habitants  : elle met également sous pression les installations électriques enterrées sous les rues de nos communes, notamment dans le Sud de la France.

Lundi 3 août 2026, vers 17 heures, puis le lendemain matin, plus d’un millier de foyers de Saint-Raphaël (Var) en ont fait les frais lorsque des pannes ont privé plusieurs quartiers d’électricité, notamment dans le centre.

#canicule : Des incidents sur le réseau électrique sont toujours en cours notamment dans les Yvelines, les Hauts de Seine et en Gironde, du fait de la chaleur.

Les équipes d’Enedis et de nos prestataires sont à pied d’œuvre pour rétablir les clients dans les meilleurs délais. pic.twitter.com/Bgz9hNnJMA

— Enedis (@enedis) June 26, 2026

Un incident rapidement pris en charge par les équipes d’Enedis, mobilisées en urgence pour identifier puis réparer l’origine du problème. Une intervention qui a nécessité plusieurs heures de travail, tant la recherche d’une panne souterraine relève parfois d’un véritable travail d’enquête.

La chaleur s’accumule… Jusque sous le bitume

Et ce ne sont pas uniquement les lignes aériennes qui souffrent des épisodes caniculaires. Les réseaux enterrés peuvent eux aussi être fragilisés lorsque les fortes chaleurs se prolongent plusieurs jours d’affilée.

« Sous l’effet d’un soleil de plomb, le bitume emmagasine une quantité considérable de chaleur. En surface, la température peut atteindre près de 80 degrés, une chaleur qui se diffuse progressivement dans le sol et vient mettre en contrainte les câbles électriques souterrains », explique Hélène Humbert, à la communication d’Enedis.

« Les boîtes de jonction — ces équipements qui relient deux câbles entre eux — figurent parmi les éléments les plus sensibles. Les importantes variations de température provoquent de légers mouvements du terrain qui peuvent fragiliser ces raccordements et entraîner une défaillance du réseau. »

« Et les centres urbains sont bien exposés à ce phénomène. Les chaussées goudronnées y conservent la chaleur bien plus longtemps que les espaces naturels, y compris durant la nuit ».

Alors certes, le réseau de distribution est dimensionné pour supporter des conditions climatiques exigeantes. « Toutefois, lorsque plusieurs journées caniculaires s’enchaînent sans véritable rafraîchissement nocturne, certaines installations peuvent être mises en difficulté, admet-elle. Les incidents concernent aussi bien le réseau moyenne tension (20 000 volts), qui alimente les quartiers, que le réseau basse tension (230 à 400 volts), directement raccordé aux habitations. »

"L’incident survenu en début de semaine à Saint-Raphaël demeure donc ponctuel, même s’il illustre les conséquences possibles d’une canicule durable."

« À ce jour, le Var et les Alpes-Maritimes restent assez épargnés par ce type d’événement comparativement à d’autres territoires. L’incident survenu en début de semaine à Saint-Raphaël demeure donc ponctuel, même s’il illustre les conséquences possibles d’une canicule durable. »

Le 17 juillet dernier, une autre brève panne de courant avait déjà affecté des quartiers raphaëlois. La Ville de Saint-Raphaël avait écrit à Enedis pour que l’entreprise prenne « toutes les mesures nécessaires afin d’assurer pleinement ses obligations », et a aussi été saisie par courrier la semaine dernière « afin qu’une solution soit apportée aux dysfonctionnements rencontrés ».

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Une véritable enquête sous nos pieds

Lorsqu’une panne survient sur un câble enterré, inutile de sortir immédiatement les pelleteuses comme cela se faisait encore il y a quelques années. La première mission du technicien d’Enedis consiste à isoler la partie défectueuse du réseau puis à localiser avec une extrême précision l’endroit où se situe le défaut.

Pour cela, Enedis déploie, depuis peu, un équipement méconnu du grand public  : le Camion de Recherche de Défaut (CRD). « Véritable laboratoire roulant, ce véhicule spécialisé est raccordé au réseau électrique depuis un poste de distribution. Il envoie alors différents signaux dans les câbles souterrains afin de repérer l’anomalie à distance ».

Une fois l’incident localisé, la réparataion peut se faire.
Une fois l’incident localisé, la réparataion peut se faire.
N. P.

Les techniciens parlent même « d’écouter » le câble. Lorsqu’un défaut est présent, celui-ci produit « de minuscules claquements caractéristiques que les détecteurs embarqués sont capables de capter. Une fois la zone approximative identifiée, les équipes poursuivent leurs investigations à pied. »

« Munis d’une sonde de haute précision, les techniciens suivent le signal jusqu’à déterminer l’emplacement exact du défaut, parfois à quelques centimètres près. L’endroit est alors marqué au sol », détaille Hélène Humbert.

Ce n’est qu’à ce moment-là que les terrassiers interviennent pour ouvrir la chaussée. « L’objectif est simple  : éviter des travaux inutiles, réduire au maximum la durée du chantier et limiter la gêne pour les riverains comme pour les automobilistes. Une fois le câble accessible, les équipes spécialisées procèdent à sa réparation avant de réalimenter progressivement les clients concernés. »