Des vins aux saveurs uniques, un terroir particulier, un savoir-faire à défendre... On vous explique pourquoi les Côtes de Provence La Londe visent la mention « cru »
Ils avaient un nom. Un prénom. Désormais, ils visent la particule. Une marque de noblesse. Les membres de l’association des vignerons de La Londe attendent avec impatience la validation de leur dossier pour apposer la mention « Cru » sur leurs bouteilles estampillées jusqu’alors « Côtes de Provence La Londe ». Une reconnaissance supérieure, gage de qualité et d’un travail collectif cohérent mené par l’ensemble des vignerons de l’association.
Dans leurs démarches, ils sont accompagnés par Mireille Conrath, responsable du pôle vins et terroirs au Syndicat des Côtes de Provence. « C’est tout un processus défini par le comité national de l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao). Un certain nombre d’éléments seront vérifiés par des représentants du comité national — qualité du produit, notoriété, nombre d’opérateurs… — qui viendront rencontrer les vignerons. Tous ces éléments vont concourir à l’obtention de la reconnaissance en “Côtes de Provence Cru La Londe”, qui est une mention valorisante de la dénomination de terroir. »
Le dossier semble sur de bons rails et les vignerons espèrent pouvoir bénéficier de cette mention pour leur production de 2027. Dans l’appellation Côtes de Provence, Sainte-Victoire a déjà obtenu cette mention et en bénéficie pour ses millésimes depuis 2025.
L’objectif est ainsi de mieux mettre en valeur les vins auprès des consommateurs, forcément attirés par ce terme flatteur de « cru », à condition que cela ne se ressente pas sur les prix. Une mention plus lisible pour le grand public que l’acronyme « DGC » (dénomination géographique complémentaire), actuellement présent sur les bouteilles.
« Il y a forcément une répercussion auprès du consommateur et surtout cela valorise le travail réalisé par les vignerons dans le cadre d’un engagement de longue date. Il y a un peu plus de deux ans, l’Inao a admis la possibilité d’associer ce mot “cru” aux dénominations de terroir. Avant, il était réservé à un autre protocole. »
Qu’est-ce qui fait la singularité de ce terroir ?
Voilà pour l’aspect administratif. Mais Mireille Conrath est aussi œnologue de formation. Et elle ne tarit pas d’éloges sur les vins londais.
« Ce sont des vignes influencées par la Méditerranée. Le sol est aussi particulier, avec des roches de schiste très filtrantes. Tout cela fait la singularité de ce terroir », détaille-t-elle. À cela s’ajoute le travail des vignerons, avec leurs choix de cépages, d’assemblage, d’élevage… Une équation qui donne « des équilibres en bouche sensiblement différents de ce que vous pouvez connaître dans d’autres secteurs de l’appellation Côtes-de-Provence ». Au palais, l’œnologue décrypte ainsi : « des vins qui vont avoir une acidité très peu marquée, une certaine fraîcheur et, derrière, une notion de gras et d’ampleur ponctuée de salinité ».
Une carte de visite flatteuse qui, selon ses défenseurs, justifie pleinement l’obtention du terme « cru », que ce soit en rouge, blanc ou rosé.
En attendant la mention, les vignerons Côtes-de-Provence La Londe vous invitent à la plage...
En attendant d’habiller leurs étiquettes du titre de « Cru », les vignerons Côtes-de-Provence La Londe multiplient les événements pour mettre en valeur leurs vins. Partenaires du festival de jazz de leur commune, ils organisent aussi une soirée sur la plage de l’Argentière le 18 juillet sous l’intitulé Vignerons sous les étoiles (qui avait réuni 400 convives l’an dernier). Une troisième édition qui a pour but « de mettre en avant les vignerons de notre secteur. Nous sommes trente domaines, plus la coopérative », explique Olivier de Victor, président de l’association des vins Côtes-de-Provence La Londe.
Tous seront présents à l’événement. Les vignerons eux-mêmes, pas leurs commerciaux. « Les gens sont friands de ce genre de rendez-vous, de venir au contact des vignerons, d’échanger sur leurs vins et leurs particularités. » L’originalité du rendez-vous ? Un bar à vins qui n’est pas loin de pouvoir entrer dans le Guinness des records, avec plus de vingt mètres linéaires et 120 gammes différentes... « Chaque domaine présente un blanc, un rosé et un rouge. Cela fait la différence », souligne Olivier de Victor.
Vignerons sous les étoiles. Samedi 18 juillet à partir de 19h. Tarif 65 euros (repas et vins compris). Réservation sur www.vigneronssouslesetoiles.fr