Dompter l'IA pour gagner

Dompter l'IA pour gagner

Aujourd'hui, Charles Sapin évoque un sujet qui préoccupe grandement les équipes de campagne des candidats à la présidentielle : l’intelligence artificielle.

Quand les candidats s’écharpent sur l’opportunité d’embrasser ou d’appeler à réguler cette technologie, leurs écuries, elles, se demandent surtout comment la domestiquer pour gagner…
Eh oui, 2027 sera la première présidentielle à l’ère de Chat GPT. Bienvenue dans l’ère de la Démocrat.ia. Si les équipes des candidats en devinent bien sûr les opportunités, elles redoutent tout autant les usages malveillants dont pourraient être victimes leurs champions.
Des champions, qui plus est pas toujours à la pointe. Comme l’admettait Edouard Philippe, dans le podcast Génération do it yourself avant l’été :Traduction : il est totalement largué.
En coulisse, c’est pourtant une véritable course technologique dans laquelle se sont lancées les différentes équipes. Renaissance, le parti de Gabriel Attal, y consacre son troisième budget le plus important, avec une équipe à plein temps.
Au Rassemblement national, le conseiller spécial de Marine le Pen anime des formations à tout va et a rédigé un guide pratique à destination des militants. Quand à La France insoumise, on multiplie son utilisation pour créer des affiches et optimiser ses opérations de terrain. Quitte à s’attirer des polémiques dans ses propres rangs, en utilisant non sans contradiction Grok, l’IA du grand méchant Musk.

Il n’y a guère que le Parti socialiste qui a annoncé, pour protéger les métiers de la création, refuser de s’en servir. Facile me direz-vous, ils n’ont pas de candidat…

Mais concrètement, qu’est-ce que cela peut changer dans la campagne ?

À la fois tout et rien. L’IA ne va pas transformer la politique. Mais elle va industrialiser ses pratiques. Bonnes comme mauvaises. Une telle révolution d’échelle qu’elle peut en devenir une révolution de nature : en terme de ciblage des électeurs ; de propagande sur les réseaux sociaux et, bien sûr, de manipulation avec une multitudes de faux contenus finissant par rendre même le vrai douteux.
Surtout, avec un Français sur deux prêt à utiliser l’IA pour s’informer sur la politique selon un sondage Ipsos, 2027 pourrait être la première présidentielle où l'on ne demandera plus seulement aux candidats ce qu'ils pensent, mais aux IA ce qu'elles pensent des candidats.
Avec la question fondamentale que pose l’essayiste Antoine Bueno, dans Guidance, un livre important à paraître ce mercredi chez Tallandier : Qui IA derrière l’IA ?