"Du jamais vu, ce fut bouleversant" : 5 ans après les inondations, les bourgmestres de La Roche, Nassogne et Marche témoignent et listent les travaux réalisés
La Roche-en-Ardenne
Guy Gilloteaux, alors bourgmestre et aujourd'hui conseiller, garde des souvenirs très précis du 14 juillet 2021: "Je me souviens de la pluie fracassante, intense, qui ne s'arrêtait pas. À certains endroits, 300 litres d'eau par m² sont tombés en 24 heures. Les premières inondations ont frappé le Val du Bronze et la Gohette, puis, à 5 h du matin, l'Ourthe est arrivée comme un coup de bélier."
Ce qui l'a marqué, aussi, ce sont les zones surfréquentées par le gibier, où l'absence de végétation n'a pas permis de retenir l'eau. Mais ce qu'il retient avant tout, c'est la résilience: "Une immense solidarité s'est mise en place. Le personnel communal était sur le pont et nous avons accueilli chez nous une dame âgée pendant plusieurs jours. Elle a noué des liens très forts avec l'une de mes filles et, aujourd'hui encore, elles se parlent tous les jours. C'est cette capacité à se relever que je garde en mémoire."
Ce qui a été réalisé
Depuis, d'importants travaux ont été menés. Le lit du ruisseau de Gohette a été déplacé pour l'éloigner des habitations, un bassin écrêteur a été créé, le mur de soutènement de la rue Val-de-Pierreux a été refait, de nouveaux enrochements ont été installés dans la Vallée des Tombes et des aménagements ont été réalisés à l'étang du Diable-Château. Le bourgmestre actuel, Jean-Pierre Dardenne, le précise: les chantiers se poursuivent avec la réfection des ponts de la Strument et du Moulin du Wez, ainsi que du mur de berge en rive gauche. Restent encore à rénover le mur de rive droite et le pont de Maboge.
"Le nettoyage a été rapide, mais la suite a été longue et pénible", regrette la directrice de l'Institut Saint-Joseph, sinistré lors des inondations de 2021Marche-en-Famenne
"Tout a été extrêmement brutal. Les dégâts ont été considérables. Plus de 500 habitations ont été touchées à On et Hargimont à des degrés divers, se souvient Nicolas Grégoire qui était bourgmestre faisant fonction durant la catastrophe. Cinq ans après, j'en retiens aussi et surtout le bel élan de solidarité qui a régné dans les heures qui suivent et durant de nombreux jours."
Ce qui a été réalisé
"Nous avons dû investir plus de 2,2 millions€ de travaux de réparations de nos infrastructures publiques: ponts détruits ou instables et routes arrachées à On et Hargimont. Il reste un pont à réfectionner, celui de la rue Saint-Gobert à Hargimont. Il le sera en principe en 2027. La zone d'immersion temporaire (ZIT) de Hedrée est en cours de travaux. Une ZIT sur la Wamme a également été envisagée un temps, mais s'est révélée surdimensionnée et très onéreuse. Les experts nous ont plutôt conseillé d'envisager une étude globale des bassins versants de la Wamme pour laquelle nous plaidons de longue date auprès de la Région, mais les choses avancent beaucoup trop lentement à notre goût."
Nicolas Grégoire termine: "Nous avons également organisé quatre réunions citoyennes pour développer la culture du risque auprès de la population avec notamment de bons réflexes à adopter en cas d'alerte. Nous nous proposons également un système d'audit via notre service Environnement (084/32 70 46). Ces audits sont le préalable avant de pouvoir bénéficier de notre prime communale plafonnée à 2 500 € destinée à tout achat de mesures de protection anti inondation".
"Il faut vivre avec les crues de l'Ourthe", témoigne Valérie Jacquart, doublement sinistrée lors des inondations à Hotton voilà 5 ans"Ce fut du jamais vu ! Une situation, pour ma part, bouleversante. Avec trois villages qui ont beaucoup souffert dans notre commune: Masbourg, Forrières et Bande. Les dégâts y furent nombreux", indique le bourgmestre Marc Quirynen, qui retient, lui aussi, l'extraordinaire vague de solidarité et d'entraide qui a suivi.
Ce qui a été réalisé
"À Forrières, nous avons réfectionné entièrement le site du terrain de football qui avait été ravagé par les eaux. Le bas du pont de Forrières, près de l'église, avait énormément souffert et doit encore être réfectionné."
À Masbourg, la Province a fait des travaux au niveau de la Masblette et la Commune en a profité pour élargir le pont et élargir son assiette. Ajoutons encore la zone d'immersion temporaire (ZIT) non loin de Masbourg en voie de finalisation. Toujours à Masbourg, entre 750 000 et 800 000 € seront investis dans des aménagements pour capter ou dévier les eaux de ruissellement, souvent boueuses, venant des bois à côté de la rue de la Hutte.
"À Bande, nous avons dû réfectionner le pont et des routes en bas du village. Nous avons également rouvert le ruisseau à ciel ouvert. Les travaux de réfection du terrain de football sont en voie de finition. À Ambly, on a travaillé au niveau du Ry de Warlet, commente Marc Quirynen. Nous avons sensibilisé les citoyens résidant en bord de cours d'eau aux avantages de s'équiper en matériel anticrue de type batardeau."
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