Du repos mérité pour Remco Evenepoel après une Clasica maîtrisée et avant de préparer le Mondial :" Ce record était une motivation supplémentaire"
Et un, et deux, et trois, et quatre ! Grand favori de la Clasica San Sebastian, Remco Evenepoel s'y est bien imposé, samedi, comme ses supporters l'espéraient. Pour la quatrième fois en autant de participations. En franchissant la ligne d'arrivée après avoir devancé l'Équatorien Richard Carapaz, le seul coureur capable de suivre l'attaque décisive du deuxième du Tour de France dans l'ultime montée, celle de Murgil Tontorra, le double champion olympique a énuméré, avec ses doigts, tous ses succès dans la ville basque.
Où il était comme un poisson dans l'eau au moment de la cérémonie protocolaire, qu'il connaît désormais quasiment par cœur. Notamment en s'installant dans le siège du maire de la ville lors de la conférence de presse réservée au vainqueur. Un vainqueur encore plus entré dans l'histoire de la classique basque, puisqu'il en est devenu, avec ses quatre succès (en 2019, 2022, 2023 et 2026), l'unique recordman.
Calme malgré sa longue poursuite
"Cela a été ma victoire la plus difficile ici, y a-t-il expliqué. Mais aussi celle lors de laquelle j'avais les meilleures sensations." Si sa victoire samedi a été la plus compliquée de ses quatre succès à San Sebastian, ce n'est pas parce qu'il a été mis en difficulté par ses adversaires. Non. C'est le mauvais sort qui lui a mis des bâtons dans les roues. Avec une crevaison dans la descente du Col de Jaizkibel, quand la course était bien lancée à l'avant. "J'ai roulé sur quelque chose, je ne sais pas quoi, et j'ai dû m'arrêter immédiatement, a-t-il précisé à l'Équipe. Malheureusement, la course venait de s'emballer juste avant. Je me suis retrouvé loin derrière, à deux minutes."
Alors que l'importante montée du redoutable Ersaitz était dans le viseur, cette ascension dans laquelle il avait l'intention d'attaquer. "Je devais donc rouler plus vite que les gars qui étaient devant pour revenir. Mais je suis resté calme." Sa confiance accumulée avec son Tour de France réussi et surtout ses excellentes sensations lui ont permis de gérer cette situation stressante. D'autant plus que le jury des commissaires a imposé un barrage au niveau des voitures suiveuses. Ce qui n'a pas plu au coureur de Red Bull BORA hansgrohe, qui a plusieurs fois fait des gestes de la main ou de la tête pour montrer son irritation. "Le jury n'a pas été super sympathique, cela n'a pas facilité mon retour à l'avant."
Plan de course contrarié
Un retour principalement effectué… seul. Avant d'être aidé par Giulio Pellizarri dans la montée d'Ersaitz. "Il y a fait un super boulot." Ce qui a permis au prodige de Scheepdaal d'encore réduire l'écart. Une fois sa place retrouvée à l'avant de la course, il a été aidé par Maxim Van Gils dans l'ultime montée. Son coéquipier belge a pris le relais du train des UAE Emirates XRG et a fait sauter un de leurs hommes protégés, Jhonatan Narvaez.
guillementOn pensait à cette Clasica San Sebastian depuis la fin du Tour de France.
"Remco m'avait demandé de le faire dans la partie raide, mais, avec le bruit, je n'ai pas bien entendu et j'ai produit mon effort un peu plus tôt que ce que j'avais imaginé, s'est amusé, au micro de Sporza, celui qui devrait accompagner Remco au Mondial en septembre. Mais Remco a gagné, c'est ce qui compte. On pensait à ce rendez-vous depuis Paris… Dès l'arrivée de la dernière étape, nous étions concentrés sur ce rendez-vous. Après la fin du Tour de France, nous avions par exemple été dormir tôt, avec cet objectif en tête."
Dans la foulée de ce travail préparatoire, Remco a produit son offensive décisive. Seul Richard Carapaz, qui l'avait devancé, une semaine plus tôt, sur la dernière étape de montagne du Tour de France, à l'Alpe d'Huez, est parvenu à le suivre. Notre compatriote a pu compter sur le soutien et les relais (pour éviter le retour des poursuivants, dont un Louis Barré retrouvé et le vainqueur sortant, Giulio Ciccone) de son compagnon de fugue, qui, fidèle à son image de combattant et de "roule toujours", n'a pas cherché à calculer. Ce que Remco a apprécié, même s'il ne lui a bien évidemment pas fait de cadeau, avec ce sprint puissant et maîtrisé, dans la dernière ligne droite. Où il s'était déjà imposé deux fois en solitaire mais aussi une fois dans un sprint à deux, face à Pello Bilbao, en 2023.
En grande confiance avant de préparer le Mondial
"Une fois à l'avant, je sentais que j'allais gagner, a-t-il ajouté à Sporza. Malgré la journée plus compliquée que prévu et un plan de course qui n'était pas celui que nous avions imaginé, je me sentais vraiment bien, dans un grand jour, et je l'avais dit à Maxim Van Gils. La Clasica San Sebastian, c'est un peu devenu ma course. Je l'aime vraiment et elle me convient bien. Elle est longue, avec un parcours difficile, avec toutes ces montées, mais aussi avec un peu de portions de plat. Elle est aussi placée à un moment de l'été qui me convient souvent. La perspective d'aller chercher ce record était clairement une motivation supplémentaire. Même si la fatigue d'après Tour de France était bien là. Cela n'avait pas été simple d'aller par exemple au critérium d'Alost au lendemain de la dernière étape. Mais cette fatigue se faisait plus ressentir quand je n'étais pas sur le vélo…"
Il va maintenant profiter d'un peu de repos, avec sa partenaire, Oumi, qui était à San Sebastian avec lui. Avant de penser à ses prochaines échéances. Au Canada. Avec les Grands Prix de Québec et de Montréal, qu'il n'a disputés qu'une seule fois, lors de sa première année chez les pros, en 2019, où il peaufinera les derniers détails de sa préparation en vue de son objectif des Championnats du monde. Qui auront lieu au pays de l'érable.
"Ce qui me préoccupe maintenant, c'est la récupération et un peu de repos ; ensuite, je commencerai ma préparation pour tenter de devenir champion du monde", conclut-il.
La saison d'Evenepoel en chiffres
11 victoires
- 5 en World Tour : Clasica San Sebastian, deux étapes du Tour de France dont le contre-la-montre, Amstel Gold Race, contre-la-montre de l'UAE Tour.
- 5 en Pro Series et catégorie 1 : Tour de Valence et deux étapes dont le chrono, Trofeo Andratx – Polenta, Trofeo Serra Tramuntana.
Ses principales places d'honneur
2e du Tour de France
2e de deux étapes et 3e d'une étape du Tour de France
2e et 3e d'étapes du Tour de Catalogne
3e du Tour des Flandres
3e de Liège-Bastogne-Liège
5e Tour de Catalogne
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