Économie. « On a limité la casse » : cet été, le tourisme a été bousculé par le climat et la géopolitique
Le pire a été évité pour l'été 2026, côté tourisme. Le secteur a dû faire face à d’importants vents contraires cette année, entre des thermomètres affolés et une actualité internationale instable, mais il limite les dégâts, selon le Syndicat des entreprises du tour operating (Seto), qui vient de partager son bilan pour la période estivale. Du 1er mai au 31 octobre, le syndicat qui regroupe 42 professionnels concevant des voyages clés en main, constate un volume d’affaires en baisse de -4,3 % (total équivalent à 4,5 milliards d’euros) et un nombre de clients en diminution de -5,1 %.
« Bonne nouvelle : on a limité la casse qui s’annonçait entre le conflit au Moyen-Orient et la canicule. Le problème, c’est que l’on ne s’est jamais rattrapé sur la décroissance de 20 % de mars-avril-mai 2026 », résume Patrice Caradec, président du SETO.
La fraîcheur des montagnes françaises face aux canicules
Le phénomène caniculaire des derniers mois a lourdement pesé sur les comportements d’achat, provoquant de multiples reports de destination. Pour fuir la chaleur, les voyageurs ont largement favorisé la proximité et les séjours en montagne, là où la fraîcheur est plus présente. Ce réflexe a directement profité à la France métropolitaine, qui affiche une croissance de +3 % en juillet, +7 % en août, et +3,5 % sur l’ensemble de l’année. À l’inverse, les destinations étrangères ont souffert : le moyen-courrier a reculé de 5 % sur la même période, et le long-courrier de 15 %.
Des budgets sous contrainte
Les professionnels ont observé un changement radical dans les habitudes de réservation. Patrice Caradec évoque un « extrême attentisme des clients, beaucoup veulent partir au dernier moment. À ce niveau, on observe une explosion jamais vue de ce type de demande ».
Cette prudence s’explique aussi par des réalités économiques rigoureuses. « Les gens ont moins de pouvoir d’achat et sont partis moins loin et moins longtemps », ajoute le président du syndicat. Pour soutenir l’activité, les voyagistes ont dû comprimer leurs marges : « Nous avons tenu les prix le plus longtemps possible pour éviter la dévaluation de nos prestations. »
Moyen-Orient en berne, Chine et Bulgarie en forte hausse
L’instabilité géopolitique a également redessiné la carte du tourisme mondial. Le conflit au Moyen-Orient a provoqué une rupture des flux touristiques dès le mois de février, alimentant un sentiment d’insécurité sur plusieurs destinations phares et entraînant une hausse du prix du pétrole. Le kérosène reste ainsi « dramatiquement cher », assombrissant les perspectives pour l’année à venir.
Malgré ce contexte, le top 5 des destinations demeure stable avec l’Espagne, la Grèce, la Tunisie, le Maroc et la France. Quelques performances remarquables par ailleurs : la Bulgarie enregistre la plus importante croissance de l’année, à 50 % (sur de petits volumes), tandis que la Chine bondit de +30 % sur de grands volumes, captant une large part du reste du marché asiatique.