Édito. Économie française à l’arrêt et impossible exercice budgétaire

Édito. Économie française à l’arrêt et impossible exercice budgétaire

Alors que le Premier ministre se penche à nouveau sur le budget de l'année à venir, les mauvaises nouvelles tombent à la pelle. La France serait entrée en récession. Divergence de points de vue que nous livre notre éditorialiste.

Hervé Boggio -

Hier à 20:38 | mis à jour hier à 21:03

  • Temps de lecture :

Sébastien Lecornu doit se pencher pour la seconde fois sur l'épineux sujet du budget. Un travail de haut vol à la veille de la Présidentielle. Photo Nicolas Messyaz/SIPA

Sébastien Lecornu doit se pencher pour la seconde fois sur l'épineux sujet du budget. Un travail de haut vol à la veille de la Présidentielle. Photo Nicolas Messyaz/SIPA

L’Insee s’est trompé. Ou n’a rien vu venir. Après le - 0,2 % de PIB enregistré au premier trimestre, le zéro pointé confirmé pour le deuxième, nous place dans une situation de quasi-récession. Même si personne ne le dit ouvertement, les prévisionnistes préférant, contre toute vraisemblance, tabler sur le retour d’un filet de croissance d’ici la fin de l’année pour terminer à + 0,4 %. Très optimiste puisque les conséquences de l’été caniculaire dont nous sortons à peine pèseront bien plus sur la croissance des trimestres à venir, qu’elle ne l’a fait jusqu’ici. Et tandis que rien ne laisse augurer une issue rapide à la crise au Moyen-Orient.

Discussion budgétaire

Pendant ce temps, l’inflation pourrait atteindre 2,9 % à la fin de l’année et le spectre de stagflation avec son cortège de misères – baisse du pouvoir d’achat, épargne et consommation en berne, hausse du chômage, etc. – revient hanter les salles de marchés et les cabinets ministériels. Lesquels, déjà préoccupés par l’augmentation des coûts des matières premières, le recul des investissements et la minceur des carnets de commandes, voient les voyants passer au rouge les uns après les autres. Sans même parler de la hausse des taux de la Banque centrale européenne…

Voilà les conditions dans lesquelles devra se dérouler la discussion budgétaire qui s’ouvre, alors même que le climat politique reste d’autant plus plombé que l’approche de l’échéance présidentielle hystérise déjà le débat. Avançant une prévision de croissance mesurée, à +1 %, pour 2027, le gouvernement est peut-être déjà dans l’excès. Et alors ? Cela pourrait, in fine, ne rien changer du tout : entre les ultras de la réduction des déficits et les tenants du « Demain, on rase gratis », le principal risque n’est pas le manque d’orthodoxie. C’est l’invisibilité.