EDITO. Parcs d'attractions : potion magique

EDITO. Parcs d'attractions : potion magique

Publié le 30/08/2026 à 06:31

Dominique Delpiroux

Onc’Picsou nage dans l’or de son coffre géant. Les Pirates des Caraïbes ont trouvé l’île au trésor. Toutatis et Goudurix sont au sommet ! Et si les parcs d’attractions étaient la potion magique pour doper l’économie française ? En tout cas, ils se portent plutôt bien, merci pour eux. Disneyland et le Parc Astérix sont les locomotives franciliennes de ce business de l’évasion, mais le Futuroscope de Poitiers nous propulse dans l’espace, Vulcania nous mijote de belles éruptions et Le Puy du Fou remue la fibre historique (et chrétienne !) des spectateurs.

Et voilà que s’annonce une curieuse mixture qui aurait intéressé Panoramix : un tiers de territoire français, un tiers de mangas japonais et un tiers de pétrodollars saoudiens ! Tout cela devrait déboucher sur un triple parc géant, à l’endroit où se situait l’éphémère Mirapolis, sur la commune de Courdimanche, un nom en quelque sorte prédestiné pour passer un long week-end. Ce serait alors un troisième "major" des parcs en région parisienne, avec l’idée que l’union accentuerait la force… d’attraction. Pourquoi pas.

À lire aussi : DECRYPTAGE. Le business des parcs d'attractions ne connaît pas la crise : comment les milliards affluent sur un marché en pleine croissance

Prendre des giclées d’adrénaline dans des grands huit vertigineux, plonger dans les mystères gothiques d’une maison hantée, filer jusqu’aux confins de l’espace, entendre hennir les chevaux caparaçonnés… Voilà qui nous fait oublier un quotidien rythmé par le stress, la vitesse, l’écoanxiété, les guerres… Passer une ou deux journées dans un parc de loisirs, c’est s’arracher à un monde peu ragoûtant, et régresser avec bonheur vers les sensations d’enfance.

À lire aussi : RECIT. Avant les méga-parcs d'attraction saoudiens, il y avait Mirapolis : l'histoire rocambolesque du premier parc à thème français qui a viré au fiasco

La chance que nous avons dans notre bel Hexagone, c’est que ces phares du loisir se trouvent dans un des pays les plus touristiques du monde. Entre Obélix et Blanche-Neige, avec un léger détour, on trouve la Tour Eiffel, le Louvre ou Montmartre. En élargissant le triangle à Courdimanche, on se rapproche de Versailles et de ses 8 millions de visiteurs par an.

Faut-il se réjouir ? Sans doute. Mais sans oublier que notre pays aurait aussi grand besoin de ces milliards pour investir dans une industrie qui se délite. Certes, "Dragon Ball" va créer des milliers d’emplois, mais sans doute peu qualifiés. Or, notre pays a besoin d’audace et de créativité, en matière d’intelligence artificielle, par exemple. Et les nuages qui s’accumoncellent à l’Est exigent que notre capacité de défense soit à la mesure des menaces. Quant à l’industrie automobile, peut-elle résister longtemps au déferlement chinois ? Investir dans le rire aujourd’hui et n’avoir que les yeux pour pleurer demain ?

À lire aussi : ENTRETIEN. Nouveaux parcs d'attractions en France : "L'Île-de-France pourrait devenir l'Orlando européen", prédit John Rakotozafy

Il y avait un dirigeant européen qui adorait que Paris soit une capitale pour la fête permanente, le théâtre, la musique, les cinémas, les cabarets… Il s’appelait Adolf Hitler.