Elle gagne le jackpot à la loterie mais ne peut pas retirer ses gains : son mari l’avait inscrite à son insu au registre des addicts aux jeux

Elle gagne le jackpot à la loterie mais ne peut pas retirer ses gains : son mari l’avait inscrite à son insu au registre des addicts aux jeux

Une Espagnole âgée de 79 ans attend que la justice tranche afin qu’elle puisse recevoir les 35 000 euros qu’elle a remportés à la loterie l’an dernier. Pour l’heure, le virement est bloqué car son conjoint l’avait, par un habile stratagème, inscrite sur le registre d’auto-exclusion à l’accès aux jeux de hasard.

Situation lunaire. Carmen, une Espagnole âgée de 79 ans, se retrouve embêtée depuis qu’elle a remporté, en août 2025, 35 000 euros à la loterie. Si la nouvelle l’a mise en joie, elle a vite déchanté en découvrant qu’elle ne pourrait pas récupérer son gain.

Son mari, décédé en 2015, l’a inscrite en 2012 sur le registre général des personnes interdites d’accès aux jeux de hasard. Concrètement, elle est considérée comme addict et n’est donc pas censée pouvoir parier ni accéder aux salles de jeux ou de bingo, explique El Pais.

"Mon mari était un mari horrible"

Certes, Carmen a souvent joué à la loterie et à des bingos, mais ni elle, ni ses enfants ne la considèrent comme une addict. "Mon père était un mari horrible, juge l’une de leurs filles. Il était sexiste et n’aimait pas que ma mère aille au bingo du centre communautaire avec ses amies, car cela le laissait seul à la maison."

Pour parvenir à ses fins, il aurait falsifié l’identité et la signature de sa compagne, assurant dans une lettre qu’elle avait subi d’importantes pertes financières en raison de cette addiction. Il aurait pu déposer la demande à sa place, Carmen souffrant soi-disant d’une "incapacité temporaire" l’empêchant de se déplacer.

L’affaire portée devant la justice

La famille de Carmen ainsi que son avocat sont outrés. Lorsque Carmen a déposé son recours administratif, l’administration elle-même a reconnu que le formulaire utilisé par le conjoint était "non standard". Pire, le conjoint s’est trompé dans le nom de famille de sa femme et a fait une erreur dans sa date de naissance.

L’affaire est désormais étudiée par la Cour supérieure de justice de Madrid. Une démarche a également été entamée pour annuler l’inscription de Carmen au registre. "Si l’inscription est annulée officiellement ou judiciairement, le gagnant recevra son prix immédiatement", a réagi la ONCE auprès d’El Pais.