"Elle traverse une épreuve d'une violence extrême", la famille de l'influenceuse retrouvée morte calcinée dans les vignes appelle au respect

"Elle traverse une épreuve d'une violence extrême", la famille de l'influenceuse retrouvée morte calcinée dans les vignes appelle au respect

Sous réserve d'un retour d'analyses ADN, la procureure du parquet de Nîmes confirme la probabilité que la femme retrouvée morte au milieu des vignes à Saint-Gilles, le 12 août, soit bien l'influenceuse gardoise Sonia Bellina. Par la voix de son avocat, sa famille appelle à respecter sa douleur et menace de poursuites tous ceux qui saliraient l'image de la jeune femme.

Nous vous le révélions dès hier, mais la procureure du parquet de Nîmes (Gard), Cécile Gensac, le confirme ce mardi après-midi 18 août 2026, par un message envoyé à France 3 Occitanie : "la probabilité que le corps découvert calciné à Saint-Gilles la semaine dernière soit celui de l’influenceuse des réseaux sociaux évoquée ces dernières heures".

Elle précise toutefois que "la certitude ne pourra cependant intervenir qu’avec le retour de l’analyse comparative ADN dont les résultats devraient intervenir prochainement. La probabilité repose sur un faisceau d’indices concordants uniquement."

Alors qu'une enquête est toujours en cours pour assassinat, une femme se présentant comme sa sœur ainsi qu'un voisin ont déclaré sur les réseaux sociaux que le corps retrouvé dénudé et partiellement calciné au pied des vignes à Saint-Gilles était celui de Sonia Bellina. L'influenceuse de 29 ans, très présente sur Tiktok et Instagram comptabilisait jusqu'à 250 000 abonnés.

Sollicitée de toute part, la famille de Sonia, qui utilisait le patronyme de Bellina sur les réseaux sociaux, vient de prendre un avocat. Me Mourad Battikh, avocat au barreau de Paris, qui intervient dans d'autres affaires non moins médiatiques (affaire Jubillar, affaire Joël Barella, ndrl). Il vient de publier un communiqué officiel sur son compte Facebook appelant au respect de la famille de la victime : "elle traverse une épreuve d'une violence extrême. Elle sollicite le respect de son intimité et de son deuil et ne fera aucune déclaration." Il menace de poursuites pénales tous ceux qui depuis plusieurs jours diffusent des publications assénant "en masse des rumeurs, spéculations, propos outrageants et mises en cause, accompagnées d'images et d'éléments relevant de la vie privée. Ces agissements ajoutent de la souffrance inutile à celle des proches et sont de nature à nuire au bon déroulement de l'enquête".

Depuis, hier, des centaines d'internautes spéculent sur sa mort sur les réseaux sociaux. Ces vidéos aux commentaires haineux, ou humiliant, relevant pour certains du harcèlement en ligne, sont dénoncées par celle qui se présente comme sa grande sœur. Révoltée, cette dernière témoigne de son chagrin dans un live sur Tiktok hier et appelait à la manifestation de la vérité. Elle témoigne aussi anonymement auprès de nos confrères de Midi libre et annonce des dépôts de plainte contre ceux qui saliront la mémoire de la défunte sur les réseaux sociaux. "Ces derniers pourraient être poursuivis pour diffamation et injure publique, harcèlement moral ou atteinte à la vie privée et au droit à l'image", avertit Me Battikh. Son cabinet procède déjà "à la constatation et à la conservation des preuves" pour les transmettre aux plateformes et à PHAROS, le portail officiel du ministère de l'Intérieur qui permet aux internautes de signaler des contenus ou des comportements illicites en ligne.

"Chaque publication fera l'objet, selon les cas, de signalements aux plateformes et à PHAROS, de demandes d'identification de leurs auteurs, de plaintes, et d'actions devant les juridictions civiles et pénales, prévient l'avocat. Il ajoute que la suppression ultérieure d'un contenu ne mettra pas fin aux poursuites engagées."

Selon sa grande "sœur", Sonia Bellina devait fêter ses 30 ans le 30 septembre prochain. Habitante d'un quartier proche du Chemin bas d'Avignon à Nîmes, la Gardoise avait déclaré une autoentreprise d'esthéticienne, spécialisée dans l'extension de cils en 2020. Elle avait récemment quitté la région pour s'établir à Paris où elle s'était lancée sur les réseaux sociaux. Elle y alternait vidéos humoristiques et conseils de mode et de beauté. Sonia était revenue visiter sa famille à Nîmes, ces derniers jours.

Au cours du live auquel elle a participé, sa "sœur" a déclaré qu'elle "avait rendez-vous avec quelqu'un" et qu'elle sortait un soir et n'est jamais rentrée". Elle n'avait plus donné signe de vie depuis le 11 août.

Selon elle, Sonia était harcelée par un homme avec qui elle aurait eu rendez-vous le soir de sa disparition.