En visite en Flandre, Bouchez s'élève contre le projet de Vandenbroucke d'interdire des arômes de vapotage : "Une logique puritaine"

En visite en Flandre, Bouchez s'élève contre le projet de Vandenbroucke d'interdire des arômes de vapotage : "Une logique puritaine"

"Avec leurs arômes attrayants, les vapoteuses sont délibérément conçues pour inciter les jeunes à fumer. C'est inacceptable et cela doit cesser."

En déclarant ceci le 30 avril dernier, le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), ne se doutait sans doute pas de la terreur qu'il allait provoquer chez les dirigeants de l'entreprise Hexa. Cette boîte anversoise, qui emploie plus de 120 personnes et fournit des centaines de magasins en Belgique, est leader dans le domaine de la cigarette électronique.

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Hexa vend une trentaine d'arômes différents. La firme fait partie de Thribe, qui vend plus de 300 arômes différents sur sa plateforme EHALE. Ce sont tous ces arômes que le ministre Vandenbroucke voudrait voir disparaître du marché belge. Pour le socialiste, il ne devrait en rester qu'un : le goût tabac.

Perte d'activité

Pour les frères Rijkers, ce serait le couperet. La fratrie a fondé Hexa/Thribe en 2014. À ses débuts, l'entreprise produisait en Chine, puis elle a investi des millions pour relocaliser sa production à Schelle. Leurs vapoteuses sont aujourd'hui partout. Même le président de Vooruit, Conner Rousseau, en possède une. Pourtant, si Hexa ne devait plus produire que l'arôme tabac, la majeure partie de ses activités devrait cesser.

Georges Louis Bouchez en Flandre dans la société Hexa
Hexa a investi des millions dans des machines difficiles à revendre. ©Bernard Demoulin

"L'arôme tabac ne représente qu'environ 2 % de nos activités", explique Cédric Rijkers, Chief Product Officer. "On serait obligés de réduire nos équipes de 120 à 5 personnes. Ce n'est pas un marché rentable. D'ailleurs, la liste des molécules autorisées est si restrictive que notre arôme n'aura plus le goût du tabac. Cette loi va détruire notre entreprise et l'État n'y gagnera rien."

Contre les flexi-jobs

La proposition du ministre de la Santé n'a pas encore achevé son parcours législatif. Elle n'en est qu'à sa première lecture au gouvernement, mais il est prévu qu'elle entre en application le 1er septembre 2028. Cette première validation résultait en réalité d'un compromis politique. Le MR avait donné son accord en échange d'une validation, en deuxième lecture, de la loi sur les flexi-jobs, portée par David Clarinval (MR), ministre de l'Économie. Il reste donc deux années de négociations qui pourraient donner une autre saveur à la loi.

Inquiets pour la suite, les frères Rijkers ont pris contact avec le monde politique. Jusqu'à présent, seul le président du MR, Georges-Louis Bouchez, s'est montré sensible à leurs appels au secours.

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"Certains se cachent derrière des considérations hypocrites. Parce qu'une entreprise fabrique des vapes, ce ne serait pas bien et il ne faudrait pas la promouvoir", commente le libéral, venu visiter les 4 000 m² de hangars où sont assemblées les cigarettes électroniques. "Je préférerais que les gens ne fument pas, qu'ils n'aient pas recours aux vapes ni même à des sachets de nicotine, mais tant qu'ils le font, je préfère que ce soit via des entreprises belges, que ce soit des produits contrôlés par l'État et sur lesquels l'État perçoit des accises. Ce sont des entrepreneurs, pas des criminels."

"Logique puritaine"

L'accord de gouvernement prévoit de rendre le vapotage moins attractif, , mais il n'implique pas de suivre une logique aussi restrictive que celle souhaitée par le ministre de la Santé. Le MR consent donc à réduire le nombre d'arômes autorisés à la vente en Belgique. Il est également d'accord pour dire que les magasins de vapes devraient adopter une apparence moins attirante, avec, par exemple, des devantures moins colorées et des emballages plus discrets.

Le président du MR ne va pas s'opposer au projet du ministre socialiste lorsque le sujet reviendra à la table du gouvernement De Wever, mais il espère lui faire revoir l'ampleur de son ambition. Selon lui, Frank Vandenbroucke suit "une logique puritaine".

Georges Louis Bouchez en Flandre dans la société Hexa
Les hangars de Hexa s'étendent sur 4000 mètres carré ©Bernard Demoulin

Erik Van Olmen est du même avis. Directeur général de Perstablo, la fédération professionnelle flamande des marchands de journaux, de tabac et de jeux, il affirme que le marché de la vape est porté aujourd'hui par un demi-million de consommateurs en Belgique. Si l'État suit l'exemple des Pays-Bas, ces consommateurs se tourneront vers la vente en ligne, ce qui pénalisera les centaines de libraires belges. "Les vapoteurs iront chercher leurs produits dans le commerce illégal, alors que c'est précisément ce que nous voulons éviter."

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"Le Conseil supérieur de la Santé affirme que les vapes sont moins nocives que les cigarettes", rajoute Georges-Louis Bouchez. "Il ne préconise pas non plus leur interdiction, mais plutôt leur encadrement et la prévention. Aux Pays-Bas, les études montrent que 85 % des jeunes continuent de consommer des arômes interdits via des ventes en ligne depuis la Chine. Face à ces éléments, j'invite simplement mes collègues à avoir une discussion rationnelle et non dogmatique."

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