Énergie : une entité et un réseau pour les Maritimes?
Les premiers ministres du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard veulent une plus grande collaboration dans les Maritimes lorsqu’il est question d’énergie, y compris en étudiant la possibilité de n'avoir qu'un réseau et qu'un exploitant.
Susan Holt, Tim Houston et Rob Lantz ont apposé leur signature sur un protocole d’entente en marge des réunions du Conseil de la fédération qui ont lieu à Charlottetown cette semaine.
C’est quelque chose de spécial, honnêtement, de voir les trois provinces maritimes qui collaborent, affirme la première ministre du Nouveau-Brunswick. C’est l’esprit maritime où on est de bons voisins, où on partage nos ressources.

La première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt.
Photo : La Presse canadienne / Darren Calabrese
Si cette étude démontre que la collaboration régionale permettra de réaliser des économies et d'apporter une valeur ajoutée aux Néo-Écossais, tout en améliorant la fiabilité dans les trois provinces, nous serons alors très intéressés par de nouvelles approches, ajoute Tim Houston dans un communiqué.
Ce protocole d'entente a du sens. Nous sommes trois petites provinces qui ont fonctionné de manière indépendante généralement, dit le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard.
Le protocole d’entente comprend une étude sur la possibilité de fusionner les réseaux et de placer cette entité sous la gouverne d'un exploitant indépendant.
Il est question de réaliser une analyse coûts-avantages initiale de l’amélioration de la planification régionale et de la coordination opérationnelle, y compris des options visant la création d’un exploitant indépendant du réseau électrique des Maritimes pour citer le document.
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L’élaboration d’une première feuille de route doit se faire d’ici l’automne 2026. La mise en place de cette feuille de route doit se faire d’ici le printemps 2027.
Plutôt que de se limiter à un rapport formulant des recommandations, ils viseront la mise en œuvre de mesures concrètes à court terme convenues par l’ensemble des parties, d’abord dans le cadre des structures réglementaires existantes, puis au moyen d’options plus complexes, peut-on lire dans le protocole d’entente.
Si les premiers ministres vantent la compatibilité de leurs efforts avec Une stratégie nationale pour une économie canadienne électrifiée, qui encourage la collaboration énergétique, Susan Holt répond aussi à un autre document par cette annonce.
Les experts chargés de réviser l’avenir d’Énergie NB avaient recommandé une plus grande coopération dans les Maritimes.
Le Nouveau-Brunswick, un carrefour de l’énergie pour les Maritimes
La première ministre du Nouveau-Brunswick est allée à Charlottetown avec une idée bien précise : présenter sa province comme le carrefour de l’énergie des Maritimes.
On est connecté avec la Nouvelle-Écosse, l'Île-du-Prince-Édouard, le Québec et les États-Unis. Alors, ça, c’est une stratégie géographique, mais on a aussi les atouts de nos compétences nucléaires qui est vraiment important et intéressant pour plusieurs qui nous demandent c’est quoi notre projet, dit-elle en entrevue avec Radio-Canada, tout en rappelant que le Nouveau-Brunswick envisage une seconde centrale nucléaire.

Environ 900 employés travaillent à l'actuelle centrale nucléaire du Nouveau-Brunswick, celle de Point Lepreau (Photo d'archives).
Photo : MARK HEMMINGS
D’autres projets de croissance, y compris d’un pipeline de gaz naturel capable de relier Saint-Jean et Lévis, sont aussi sur la table, selon elle, et ils font partie de ses discussions avec d’autres premiers ministres.
Mais, Susan Holt le reconnaît. Elle peut offrir des espoirs à ses homologues, mais assez peu de concret pour l’instant.
En fait, au Nouveau-Brunswick, le ministre de l’Énergie et Énergie NB rappellent fréquemment que la province pourrait manquer d’électricité en 2028, raison pour laquelle ils disent appuyer le projet controversé d’une centrale au gaz naturel dans le sud-est de la province.
Ce que nous avons, c’est l'infrastructure et l’opportunité. Il y a pas beaucoup de monde qui a l’opportunité de placer une centrale nucléaire dans leur province aussi vite que le Nouveau-Brunswick, dit Susan Holt.
Les experts chargés de réviser l’avenir d’Énergie NB avaient aussi recommandé l'étude d’une seconde centrale nucléaire.
Le potentiel énergétique de sa province, s’il est développé davantage, doit permettre de faire rouler l’économie, selon elle, et de financer son autre priorité énoncée : l’amélioration du système de santé.
De nouveaux câbles vers l’Î.-P.-É.
Jeudi matin, le gouvernement fédéral a fait une autre annonce énergétique dans les Maritimes.
Il remet presque 6 millions de dollars à la PEI Energy Corporation pour avancer vers la construction de deux câbles sous-marins.
Cela doit permettre de mener des études, notamment des évaluations environnementales, mais non encore de construire ces câbles.

Les câbles passeront dans le détroit de Northumberland où se trouve le pont de la Confédération (Photo d'archives.).
Photo : Radio-Canada / Shane Hennessey
Le début de la construction doit avoir lieu en 2028.
Le premier ministre Rob Lantz reconnaît que sa province dépend grandement d’électricité externe.
L'Île-du-Prince-Édouard a dépassé la moyenne nationale lors de 10 des 11 dernières années en croissance économique. Et, l’énergie, la sécurité énergétique devient une barrière pour nous pour continuer cette croissance. Ce projet nous assure que nous allons avoir un avenir énergétique fort, dit-il.

Le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard Rob Lantz
Photo : Radio-Canada
La première ministre du Nouveau-Brunswick y voit un exemple de collaboration régionale.
Ça va aider l’Île-du-Prince-Édouard dans sa croissance économique. Ça va aider le Nouveau-Brunswick dans sa croissance économique et c’est bon pour la région, dit-elle.