Enquête de flagrance, plainte contre X... Ce que l'on sait de l'altercation qui a opposé Sébastien Delogu à des policiers à Marseille
Publié aujourd'hui à 19h58
Lire dans l'appBFMBoris Kharlamoff avec Paul Conge et Coralie Rabatel

Sébastien Delogu, député LFI des Bouches-du Rhône, à Marseille le 14 janvier 2026. - Photo par MIGUEL MEDINA / AFP
D'après nos informations, une plainte pour "outrage" a été déposée par des policiers marseillais à l'encontre du député LFI Sébastien Delogu, qui a lui-même déposé plainte. Une altercation a eu lieu lundi et le parquet de Marseille a ouvert une enquête de flagrance.
Sébastien Delogu, député LFI de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône, a été au coeur d'une altercation avec la police lundi 24 août. D'après nos informations, des policiers du SISTC (Service interdépartemental de sécurisation des transports en commun) à Marseille ont déposé plainte tandis que le député a déposé plainte contre X.
• La version des policiers
Selon des sources concordantes à BFMTV, trois policiers du SISTC ont été appelés pour le vol d'une montre de luxe lundi après-midi, dans le 2e arrondissement marseillais. Ils ont alors fait la rencontre de Sébastien Delogu, au pied de l'immeuble dans lequel le suspect pouvait se trouver.
Les agents affirment que le député les a empêchés d'entrer dans le bâtiment. Il aurait par la suite tenu des propos outrageants, alors que le ton montait. Les policiers assurent que Sébastien Delogu a déclaré "la République, c'est moi, trous du cul".
Dans une vidéo de l'altercation que BFMTV a pu se procurer, on entend l'un des trois policiers traiter le député de "trou du cul". Ces images, d'une durée de 30 secondes, ne permettent toutefois pas de dire quels mots ont pu être échangés avant ou après.
Les policiers du SISTC ont finalement retrouvé le suspect du vol de montre, qui a été interpellé. Par la suite, trois plaintes au total ont été déposées contre Sébastien Delogu pour "outrages sur personne dépositaire de l'autorité publique".
• "Un seul individu" impliqué
L'avocat de Sébastien Delogu, Me Yonès Taguelmint, a affirmé auprès de BFMTV que l'altercation n'a opposé son client "qu'avec un des trois policiers (...) habillé en tenue de civil devant l'immeuble de M. Delogu, qui n'a pas répondu à la demande d'identité".
Le conseil assure que son client "a été bousculé et a manifesté son agacement" mais n'a "jamais dit 'la République c'est moi'".
• Les faits selon Sébastien Delogu
Le député des Bouches-du-Rhône a écrit un courrier à l'attention de la préfète de police du département, que BFMTV a pu consulter. Il raconte qu'il rentrait à son domicile, vers 15h30, quand "un homme portant un sac à dos et une casquette, qui m'est parfaitement inconnu, a tenté de pénétrer vigoureusement dans mon immeuble, en plaçant son pied dans l'ouverture afin de m'empêcher de refermer la porte".
L'élu dit avoir "demandé à ce monsieur son identité" puisqu’il n'était "pas résident de l’immeuble" et "particulièrement agité". L’homme lui a répondu qu’il appartenait à la police, mais "il n’était pas en uniforme et ne portait aucun signe distinctif apparent", affirme Sébastien Delogu. Ce policier ne lui aurait pas présenté de carte professionnelle, malgré sa demande de la lui montrer.
Le député affirme que l'agent l'a suivi dans l'immeuble, le "provoquant avec mépris et agressivité". Devant ses collègues, il m'a dit que j'étais "une merde", que je "puais de la gueule" et qu'il était "normal que tout le monde me déteste", dénonce Sébastien Delogu.
Il poursuit: "Je lui ai demandé une dernière fois de cesser de s'adresser à moi de cette manière. Il a alors appuyé son poing fermé contre ma poitrine et exercé une poussée violente. À ce moment-là, excédé par cette violence verbale et physique, je me suis dirigé vers l’ascenseur, y suis entré et suis monté à mon étage".
Les policiers, toujours à la recherche de leur suspect, seraient selon lui montés à ce même étage plus tard. "L'un d'eux s'est dirigé vers mon logement et a refermé violemment la porte sur moi, avec une force telle que j'ai craint d'être blessé", assure le député.
• Une enquête ouverte
Selon nos informations, le parquet de Marseille a ouvert une enquête de flagrance tandis que Sébastien Delogu a déposé plainte auprès du procureur contre X pour "violences volontaires et faits commis par des personnes se présentant comme fonctionnaires de police".
Le député a réclamé à la préfète déléguée une enquête sur ces faits, l'identité des agents de police concernés et la saisie de l'IGPN (la police des polices, NDLR). Pour étayer ses propos, il a également demandé au gestionnaire de l'immeuble la conservation des bandes de vidéosurveillance du bâtiment.