Entre Catherine Ringer et Edith Piaf, deux destins cabossés, une disparition prématurée
Claude Askolovitch revient sur la disparition de Catherine Ringer, célèbre voix des Rita Mitsouko. Il dresse un parallèle avec Edith Piaf : deux figures majeures de la chanson française marquées par la liberté, le deuil et un destin hors norme.
Edith Piaf est morte en octobre 1963, très jeune, 47 ans, comme est morte ce septembre Catherine Ringer à 68 ans. Elles furent chacune un trop court moment de la France et leurs vies, leurs voix se répondent.
Deux femmes libres
Elles avaient en commun la liberté des femmes, Edith choisissait, éduquait ses maris, ses amants, et Catherine, femme de culture, racontait avec piquant ses escapades dans le cinéma porno. Elles toisaient notre ennemie la mort, qu'Edith ne craignait pas et dont riait Catherine en 1989.
Et c'est la mort qui t'a assassinée...
Le cancer avait déjà pris à Catherine son amie chorégraphe Marcia Moreno, dont le destin devint chanson, et le cancer a donc pris Catherine comme il avait pris en 2008 Fred Chichin, son partenaire de vie et de musique, l'autre moitié de Rita Mitsouko.
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France Inter
1h 43min
Survivre à l'homme aimé
Quand Catherine parlait de Fred avec passion, Piaf, elle, faisait tourner les tables pour parler à Marcel Cerdan, son boxeur. Marcel qu’un accident d’avion avait volé en 49 et pour lequel elle chantait. Edith et Catherine ont dû vivre après l'homme choisi. Une autre chose les rapproche également : une connexion qui parle de la France et qui passe par une chanson de Piaf, imprégnée de Cerdan, que Catherine Ringer avait reprise "L'Hymne à l'amour".
Et le compositeur de "Padam padam" s’appelait Norbert Glanzberg ; cet ami de Piaf que la télé avait interrogé à la mort d’Edith était un Juif d’Europe de l’Est qui avait survécu au nazisme. Un juif de l'Est comme le peintre Sam Ringer, survivant des camps de la mort et père de Catherine qui l'avait chanté. Le drame juif faisait partie de Catherine Ringer et Catherine Ringer fait partie de la France. Et il est bon de le dire, quand certains veulent séparer Français de souche et Français venus d’ailleurs… On n'aime pas ainsi.
La Française juive Catherine Ringer avait aussi chanté avec Rachid Taha, né quant à lui en Algérie et qui décorait nos âmes.
Taha, mort aussi, à qui Charles Trenet jadis avait prêté sa chanson "Douce France". Douce France, ainsi fut Catherine Ringer.
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France Inter
17 min