Équipe de France : Zidane assume son modèle, et il se trouve à Paris - Sport.fr

Équipe de France : Zidane assume son modèle, et il se trouve à Paris - Sport.fr

Il a tout gagné avec le Real Madrid. Pourtant, au moment de définir le jeu de l’équipe de France, Zinédine Zidane regarde vers le Parc des Princes. Et il l’assume sans détour.

Trois Ligues des champions sur le banc madrilène, une aura intacte dans la capitale espagnole… et un modèle parisien. À la veille de France–Belgique, ce lundi soir au Stade de France, le sélectionneur des Bleus a reconnu dimanche s’inspirer du PSG de Luis Enrique, double champion d’Europe en titre. Interrogé sur les principes de jeu qu’il apprécie chez le club de la capitale, sa réponse a tenu en deux mots : « Beaucoup, oui. »

« Pas courir derrière le ballon, mais avec »

Zidane n’a pas cherché à nuancer, ou plutôt il a nuancé à sa manière, en rapportant tout à son propre ADN de joueur. « J’étais meneur de jeu, donc je n’aimais pas courir derrière le ballon, mais avec », a-t-il expliqué en conférence de presse. Ce qu’il admire à Paris : une équipe qui presse haut, qui veut le ballon et refuse de subir.

Attention toutefois au contresens. Le sélectionneur ne veut pas d’une domination de façade. « Nous, on ne veut pas avoir qu’une possession stérile », a-t-il insisté, selon des propos relayés par Les Titis du PSG. Le ballon, oui, mais pour faire mal dans les zones décisives.

En voilà une déclaration qui va faire du bruit à Madrid, où l’on n’a pas l’habitude de voir l’une de ses icônes prendre Paris pour référence.

Dembélé l’avait dit le premier

L’aveu n’a, en réalité, surpris personne dans le vestiaire. Quelques jours plus tôt, Ousmane Dembélé (vice-capitaine et Ballon d’Or en titre) avait déjà décrit une philosophie proche de celle du PSG, avec beaucoup de liberté laissée aux attaquants et l’envie de prendre du plaisir. Zidane, lui, avait pris la défense de son joueur après une prestation critiquée contre l’Italie.

Le parallèle ne s’arrête pas là. Dans L’Équipe, Bixente Lizarazu avait conseillé au sélectionneur de puiser dans le travail de Luis Enrique pour pallier l’absence de Kylian Mbappé, en installant Dembélé dans l’axe, comme à Paris. Le champion du monde 1998 plaide pour que Zidane insiste avec cette option.

Le paradoxe de ce soir

C’est là que l’histoire devient savoureuse. Car pour la réception de la Belgique, Dembélé pourrait démarrer sur le banc, Esteban Lepaul étant pressenti à la pointe de l’attaque. Un modèle parisien revendiqué, mais sans l’attaquant parisien en 9. Contradiction ? Pas forcément. Gestion, surtout : quatre matchs en onze jours, et un Ballon d’Or qu’il faut ménager.

Zidane l’a d’ailleurs rappelé : les exigences en sélection sont les mêmes qu’au Real, seul le rythme change. En club, le travail ne s’arrête jamais. En équipe de France, il faut transmettre une idée en quinze jours. Le PSG, raccourci commode ? Peut-être. Efficace, sûrement.

Luis Enrique, lui, peut savourer. Être cité en exemple par Zidane, ce n’est pas rien.