"Essayer de briser les idées reçues sur les soins palliatifs", c'est l'une des missions d'Eve Fery, psychologue au sein de Pallia Verviers

"Essayer de briser les idées reçues sur les soins palliatifs", c'est l'une des missions d'Eve Fery, psychologue au sein de Pallia Verviers

Eve Fery, la plateforme de soins palliatifs Pallia Verviers fête ses 30 ans cette année. À quoi ressemble-t-elle aujourd'hui ?

On est vraiment une équipe. On travaille de concert pour tous les projets qu'on mène, que ce soit les accompagnements des patients et des aidants proches. On intervient à domicile, dans les maisons de repos et aussi dans les institutions pour personnes porteuses de handicap, comme la Cité de l'Espoir par exemple.

Évidemment, c'est ce qui nous tient le plus à cœur dans notre métier, dans notre quotidien. Mais on sait aussi que pour pouvoir faire ça, on doit aller à la rencontre des citoyens, pour que ceux-ci aient connaissance du réseau de soins qui les entoure et qu'ils puissent demander de l'aide aux personnes qui sont compétentes.

Le médecin généraliste reste une personne-ressource et le repère de la plupart de nos patients, parce que c'est par lui que les services et les aides peuvent se mettre en place. Mais parfois, surtout à l'heure actuelle, il y a des patients qui n'ont pas ou plus de médecin généraliste.

Notre mission principale, en coordination de projet, est d'informer sur l'existence des différents services qui existent au sein du réseau palliatif mais aussi sur la philosophie palliative et la culture palliative, parce que ça, en fonction de l'arrondissement sur lequel on travaille, on va avoir des manières de fonctionner différentes. Chez nous, on va par exemple beaucoup aller à la campagne, dans des petits villages, où l'accès aux soins est un peu différent. Il est donc vraiment important de pouvoir aller à la rencontre de tous les citoyens, peu importe leur origine, leur âge, leur vie et leur statut social, pour les informer et aussi essayer d'un peu briser les tabous et les idées reçues sur les soins palliatifs.

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" Notre objectif, c'est d'être là tôt dans le décours de la maladie pour que la qualité de vie soit la meilleure et la plus longue possible"

Quand on entend, en général, les mots soins palliatifs, on associe ça à la fin. Une erreur ?

En effet, on entend souvent qu'on accompagne les gens en fin de vie. Alors, c'est en partie vrai mais notre objectif, c'est d'être là bien plus tôt dans le décours de la maladie pour que la qualité de vie soit la meilleure et la plus longue possible, jusqu'à la fin. On n'accompagne donc pas des mourants. On accompagne des vivants.

De quels profils se compose l'équipe ?

On a une directrice, Catherine Vandemoortele, qui est ergothérapeute de formation et qui a longtemps travaillé comme directrice de maison de repos, ainsi qu'une secrétaire de direction. Au niveau de la coordination de projet, on a Geneviève Auguster qui est logopède et qui a travaillé une vingtaine d'années en maison de repos aussi. Elle propose des groupes de travail aux maisons de repos pour vraiment réfléchir à comment implémenter une philosophie palliative au sein des structures, ce qui est très apprécié.

En coordination de projet, nous sommes aussi trois psychologues, avec des casquettes différentes. En tant que psy, on va accompagner les patients, les aidants proches, proposer des suivis de deuil pour des personnes qu'on a accompagnées ou pas. On accompagne aussi les soignants parce que c'est vrai que, dans certaines situations, ça peut être très compliqué. Par exemple, en maison de repos, un résident qui fait une demande d'euthanasie, ça peut bousculer l'équipe émotionnellement. Dans ce cas, on propose des espaces d'échange, auxquels on se rend souvent à deux, une psychologue et une infirmière. Celle-ci peut rassurer quant à la pratique ou proposer des éléments un peu différents pour la fois suivante.

L'idée, c'est vraiment d'augmenter le confort des soignants dans les accompagnements palliatifs, pour qu'ils se sentent légitimes aussi d'intervenir en tant qu'infirmier, en tant qu'aide-soignant et d'accompagner les médecins généralistes aussi dans des situations plus complexes, autant en termes de traitement.

On a donc une équipe d'infirmières supplée par un médecin référent, Mathilde Houbaille. Chez nous, nos infirmières sont des infirmières de deuxième ligne. Cela signifie qu'elles ne font pas de soins. Elles sont à l'écoute de la première ligne, notamment des infirmières indépendantes qui travaillent à domicile et elles vont soutenir la réflexion éthique des soins, la réflexion technique en termes de traitement médicamenteux. Leur expertise apporte un plus pour le patient, pour les familles et pour tous les soignants qui sont au chevet.

Puis, il y a les volontaires.

Oui, on a des volontaires, des bénévoles. Ils sont 16. Ils vont là où se trouve le patient et ils l'accompagnent, quand c'est souhaité par la personne, jusqu'au bout. C'est une présence et une oreille attentive et, parfois, c'est par eux qu'on apprend des choses qui sont très importantes pour l'équipe et pour soutenir au mieux la personne. Ils sont essentiels dans nos pratiques.

Infos: www.palliaverviers.be

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"Notre objectif, c'est d'être là tôt dans le décours de la maladie pour que la qualité de vie soit la meilleure et la plus longue possible. " ©Copyright (c) 2019 fizkes/Shutterstock. No use without permission.

Biographie express

Carte d'identité

Eve Fery est née le 2 février 1978 à Louvain. "Ma maman était néerlandophone et mes parents ont vécu un temps en Flandre", explique-t-elle. C'est vers l'âge de 2 ans qu'elle est arrivée à Verviers. "Mes parents tenaient alors une friterie à Mangombroux. " La famille s'est ensuite installée à Petit-Rechain. Aujourd'hui, Eve Fery y vit toujours. Elle est maman de deux garçons, âgés de 13 et 18 ans.

Formation

Elle a fait ses maternelles et primaires à l'institut Notre-Dame à Heusy. Elle a ensuite étudié à SFX 1 avant de faire une licence en psychologie à l'université catholique de Louvain, où le cursus avait "une vraie composante humaniste".

Vie professionnelle

Après deux stages, un en psychologie du sport, aux côtés de l'entraîneur de l'équipe nationale de tennis de table, et l'autre au centre des grands brûlés de Neder-over-Heembeek, Eve Fery a intégré l'armée de Terre. "Mais ça ne me convenait pas. " Elle a ensuite été déléguée médicale, a travaillé dans son cabinet en tant que psy mais aussi dans une agence intérim et un PMS avant de s'intéresser aux soins palliatifs. D'abord au sein de l'ASBL verviétoise CRIS, qui a fini par "fusionner" avec la plateforme des soins palliatifs Pallia Verviers. Elle y est psychologue, coordinatrice de projet et des bénévoles depuis une quinzaine d'années.

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