États-Unis. Accusé à tort de vol, licencié puis réintégré par Ford, ce salarié refuse de revenir

États-Unis. Accusé à tort de vol, licencié puis réintégré par Ford, ce salarié refuse de revenir

Kurt Kromm travaillait depuis 11 ans en tant qu’électricien dans l’usine Ford, à Louisville, dans le Kentucky. À 60 ans, il se décrit comme « un employé exemplaire » ; pourtant, en mai dernier, il est accusé de vol. Une histoire qui va mettre fin à sa longue carrière chez le constructeur automobile.

Tout commence quand le salarié décide de s’offrir deux biscuits lors de sa pause, au prix de 1,95 dollar (environ 1,71 euro), rapporte le New York Post. Au moment de régler, l’écran de paiement se met à clignoter rouge et indique que la transaction a échoué. L’employé essaye alors une deuxième fois, et aucun voyant ne s’allume ni pour confirmer, ni pour refuser le paiement. Kurt pense donc que l’achat a été effectué et retourne travailler.

Un simple malentendu

Mais une semaine plus tard, cette histoire banale va prendre une tout autre tournure. Le 16 mai, il est convoqué par ses superviseurs. Son représentant syndical lui explique alors la raison de sa convocation : « Ils veulent te licencier pour avoir volé un cookie. »

Kurt Kromm est alors dans l’incompréhension. Ses responsables lui dévoilent des images de vidéosurveillance des bornes de libre-service qui montrent que la transaction semble avoir échoué.

C’est alors que tout s’enchaîne : l’employé est directement escorté hors de l’usine, sans même pouvoir récupérer ses affaires. « Ils m’ont tout simplement licencié et m’ont accompagné jusqu’à la sortie du bâtiment. Je travaillais avec 8 500 personnes. Je n’ai pas pu dire au revoir à qui que ce soit », raconte-t-il.  

« C’était ma deuxième maison »

Kurt quitte l’entreprise avec un goût amer. En vérifiant ses relevés de compte, il découvre que le prélèvement est bien là. Après avoir demandé à un ancien collègue le prix exact des biscuits, il décide d’envoyer par mail ces preuves au responsable du personnel de Ford.

Dix jours plus tard, on lui demande de fournir des relevés bancaires authentifiés. Puis quelques semaines passent, et le verdict tombe. Il est informé qu’il peut réintégrer l’entreprise et que les salaires perdus lui seront reversés, environ 33 000 dollars.

Déclarant avoir perdu toute confiance en l’entreprise, il refuse néanmoins de reprendre son poste. « Émotionnellement, je ne pouvais pas y retourner, a-t-il expliqué. Il n’y a eu aucune excuse. » Il reproche également à l’entreprise de ne pas lui avoir laissé l’occasion de se justifier et de clarifier la situation avant de le licencier.

« Je pensais travailler chez Ford jusqu’à ma retraite », a-t-il déclaré. « J’adorais travailler chez Ford. Je n’aurais jamais imaginé que cela se terminerait ainsi. C’était comme une deuxième maison pour moi. »

Contacté par le New York Post au sujet de cette affaire, Ford a indiqué qu’il ne commentait pas les situations individuelles, mais a reconnu que certaines décisions auraient pu être « traitées différemment ».