Trump mise sur le redécoupage électoral pour gagner les midterms de novembre

Trump mise sur le redécoupage électoral pour gagner les midterms de novembre

20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Publié le 26/08/2026 à 02h09 • Mis à jour le 26/08/2026 à 02h09

L'essentiel

  • A quelques mois des midterms de novembre seuls 38 des 435 sièges de la Chambre des représentants sont considérés comme réellement compétitifs entre démocrates et républicains.
  • Le redécoupage électoral s’est accéléré depuis 2025 avec plusieurs Etats républicains et démocrates qui ont modifié leurs circonscriptions afin d’avantager leur camp.
  • Le « gerrymandering » renforce la polarisation politique en donnant davantage de poids aux primaires et en réduisant le nombre de circonscriptions où l’issue du scrutin reste incertaine.

A quelques mois des midterms de novembre, l’issue du scrutin paraît déjà largement prévisible dans une grande partie des Etats-Unis. Sur les 435 sièges de la Chambre des représentants (l’équivalent des députés français) qui seront renouvelés, seuls 38 sont aujourd’hui considérés comme « compétitifs » entre républicains et démocrates, selon le Cook Political Report. Cette faible proportion s’explique notamment par le « gerrymandering », une pratique ancienne consistant à redessiner les circonscriptions électorales pour favoriser un parti.

Depuis 2025, Donald Trump a encouragé plusieurs Etats dirigés par les républicains à modifier leurs cartes afin d’augmenter les chances de son camp de conserver la majorité à la Chambre après novembre 2026. Le Texas a ouvert la voie avec un redécoupage susceptible de rapporter cinq sièges supplémentaires aux républicains. La Californie, contrôlée par les démocrates, a répliqué avec sa propre réforme, tandis que le Missouri, la Floride et le Tennessee ont également changé leurs cartes. Le gain net est estimé à dix sièges pour les républicains.

Un problème démocratique de fond

Pour Andrew Koneschusky, ancien conseiller démocrate au Sénat, cette évolution pose un problème démocratique de fond. « Le gros problème avec le "gerrymandering", c’est qu’il vient saper le postulat de base de la démocratie représentative », estime-t-il. « Les électeurs sont censés choisir leurs représentants, pas l’inverse », ajoute cet expert en communication politique. Une décision rendue par la Cour suprême en avril a par ailleurs ouvert la voie à des redécoupages encore plus partisans, particulièrement dans les Etats conservateurs du Sud.

Les nouvelles cartes ont déjà bouleversé plusieurs carrières. Dans le Tennessee, la circonscription de Memphis du démocrate Steve Cohen, élu depuis près de vingt ans, a été divisée entre trois nouveaux districts favorables aux républicains. Le représentant de 77 ans a choisi de ne pas se représenter, accusant Donald Trump de s’attaquer « au pouvoir des électeurs noirs ». En Alabama, Shomari Figures a lui aussi dénoncé le redécoupage de sa circonscription, mettant en garde contre un retour « aux années 1950 et 1960 ». Au total, six élus démocrates se sont retirés ou ont perdu leurs primaires après ces changements.

Une lutte de cartes plutôt que d’idées politiques

Mais les démocrates ont eux aussi recours à cette stratégie. En Californie, les responsables du parti ont scindé la circonscription de Kevin Kiley, ancien républicain devenu indépendant mais qui continue de voter avec la majorité présidentielle au Congrès. Il avait pourtant averti contre une « guerre du redécoupage » qui risquait de ne produire aucun vainqueur clair. Ces affrontements montrent que la bataille électorale ne se déroule plus seulement dans les urnes, mais aussi dans la manière dont sont dessinées les frontières des circonscriptions.

Notre dossier sur les Midterms

A plus long terme, ces cartes de plus en plus favorables à un camp renforcent aussi le poids des primaires. Dans les circonscriptions solidement démocrates ou républicaines, les élus sortants craignent davantage un adversaire de leur propre parti qu’un candidat du camp opposé, ce qui les pousse à s’adresser en priorité aux électeurs les plus engagés. Lorsque le redécoupage est « poussé à l’extrême, les élections deviennent une lutte autour de cartes plutôt qu’autour de politiques et d’idées », résume Andrew Koneschusky.