Étudiante à l'ULiège, Noémie Lepoutre revient sur son exploit à l'UTMB: "Courir sur la route, j'ai peur de m'ennuyer" (vidéo)
Mardi 8 septembre 2026, 14h. L'été est encore bien présent à Orp-Jauche. À côté des pelouses de football, le soleil baigne le terrain de motocross. Les sentiers sont secs et les conditions idéales pour pratiquer le sport préféré de Noémie Lepoutre: le trail.
À 22 ans, l'athlète du FC Hannut Athlétisme mène de front ses études de médecine vétérinaire à l'ULiège et une saison sportive particulièrement dense. Championne de Belgique de course en montagne, elle vient surtout de réaliser le plus bel exploit de sa jeune carrière en remportant la MCC, une course de 40 kilomètres et 2.300 mètres de dénivelé positif organisée pendant la semaine de l'UTMB.
"C'est sûr que c'est dur de retomber sur terre après la course. Pour moi, c'est comme un rêve de gosse. Je suis heureuse et contente que toute la Belgique soit derrière moi", raconte-t-elle.
guillementPour moi, c'est comme un rêve de gosse. Je suis heureuse et contente que toute la Belgique soit derrière moi !
Sur les sentiers entre Martigny et Chamonix, Noémie a longtemps occupé la deuxième place. Jusqu'à ce que la leader connaisse un coup de mou dans le dernier quart de la course: "C'est une course où il faut savoir gérer son effort sur la longueur. Il commençait à faire chaud et il fallait garder du jus pour la dernière portion, qui se court beaucoup. Moi, je sais que je suis une coureuse. Il fallait que je garde de l'énergie pour bien la courir, et c'est ce que j'ai fait. J'ai donc pu finir devant et avoir cette arrivée magique à Chamonix."
Un succès d'autant plus marquant qu'il s'agissait de son premier 40 kilomètres en compétition. Pas question, pour autant, de se lancer immédiatement sur des distances beaucoup plus longues. "On ne va pas brûler les étapes. J'aime encore le court et je m'amuse bien sur des formats de 20 kilomètres ou des semis en Belgique. On attendra encore un an ou deux avant de parler de plus long."
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"J'aime l'effort et j'aime m'entraîner"
Après son exploit à Chamonix, Noémie a d'ailleurs eu bien du mal à lever le pied. Hyperactive, elle a bouclé la semaine avec plus de 100 kilomètres de course à pied au compteur, auxquels se sont ajoutés 180 kilomètres à vélo. "Il y a une petite forme d'addiction. C'est parfois mon coach et ma famille qui doivent me dire de stopper", sourit-elle.
Par semaine, la jeune Brabançonne court entre 70 et 90 kilomètres, "un peu plus quand il faut préparer un trail". Et elle ne se limite pas à une seule discipline. Trail, route, piste, cross, triathlon… Noémie aime varier les plaisirs.
guillementJ'adore gambader tout l'été en montagne, mais l'hiver en Belgique, pour s'amuser, ce sont les cross qui restent
"Ce que j'aime bien, c'est la variation. Après avoir passé l'été en trail, je me re-challenge en voulant refaire une bonne saison de cross. Tout est complémentaire. J'adore gambader tout l'été en montagne, mais l'hiver en Belgique, pour s'amuser, ce sont les cross qui restent. C'est varié et c'est chouette aussi par chez nous."
En cette fin d'année, la traileuse va donc participer à quelques cross, notamment aux championnats provinciaux et aux championnats de Belgique. "Parce que j'aime l'effort et que j'aime m'entraîner. Et l'année prochaine, j'ai envie de retourner sur le trail, donc la préparation hivernale en cross peut bien fonctionner."

Ce goût de l'effort, l'Orp-Jauchoise le cultive aussi dans sa vie de tous les jours. Passionnée par les animaux, elle entame sa deuxième année de master en médecine vétérinaire à Liège, sa "ville de cœur". "J'ai la chance qu'à l'université, jusqu'à maintenant, on pouvait gérer nos plannings comme on voulait, tant qu'on étudiait et que la matière était vue. Mais j'ai toujours bien aimé avoir un planning bien chargé. Je ne tiens pas en place et j'aime bien être occupée."
Le sport, les animaux, mais aussi la cuisine et les activités en extérieur occupent donc une place importante dans la vie de Noémie Lepoutre. Et le triathlon, dans tout ça? Celle qui a remporté le triathlon de Namur le 15 août dernier nuance: "Je me considère comme une très mauvaise nageuse, donc le triathlon, ce n'est vraiment pas une priorité. C'est surtout pour le fun. J'aimerais bien en refaire un ou deux, notamment parce que le vélo est un entraînement très complet et que j'aime l'avoir en complément de la course à pied."
guillementJ'ai toujours bien aimé avoir un planning bien chargé: je ne tiens pas en place et j'aime bien être occupée
Sa plus grande inspiration: son papa
Tout cela n'aurait sans doute pas existé sans Antoine Lepoutre, le père de Noémie: "L'amour du trail est né en voyant papa prendre le départ de plusieurs trails en montagne, à Chamonix et partout dans les Alpes". Cet été, il a notamment participé à la PTL, une course de 300 kilomètres et 25.000 mètres de dénivelé positif organisée pendant la semaine de l'UTMB.
Enfant, Noémie a été marquée par l'effervescence des départs, des ravitaillements et des arrivées de son père lors de ses ultra-trails: "Je suis allée à Chamonix six ou sept fois pour le voir courir. C'est là que la magie est née… en même temps que la naissance de la légende de Kilian Jornet". "Kilian, c'était la légende du trail quand papa a commencé ses ultras à Chamonix. C'était la personne que je voulais absolument voir au départ de l'UTMB. Ça reste l'un des premiers trailers que j'ai commencé à suivre et à apprécier."
Après une saison 2026 déjà bien remplie, Noémie va désormais se tourner vers les cross, avant de retrouver les sentiers de montagne l'été prochain. Parmi ses objectifs figurent notamment le Cross du Mont-Blanc, long de 23 kilomètres, et Sierre-Zinal, une course mythique de 31 kilomètres en Suisse.
Et pas question, pour l'instant, de se lancer sur marathon. "J'en ferai peut-être un jour, mais je crois que j'ai peur de m'ennuyer 40 kilomètres sur la route. Je préfère faire ça en trail", sourit-elle. Les longues distances attendront encore un peu. À 22 ans, Noémie Lepoutre entend surtout continuer à courir, varier les terrains et voir jusqu'où ses jambes peuvent la mener.

La question de Valentine Collard: comment s'entraîner en montagne… en Belgique?
En avril 2026, Noémie Lepoutre est devenue championne de Belgique de course en montagne, devant notamment Victoire Cravatte, multiple championne de la discipline. Une victoire qui lui a ouvert les portes des championnats d'Europe.
Mais comment préparer une course de montagne lorsqu'on vit… en Belgique? C'est la question posée par Valentine Collard, traileuse et invitée du précédent épisode de notre série Un run avec.
"En Belgique, pour travailler le terrain technique, on essaie de profiter des petites côtes qu'on a près de chez nous, notamment ici, sur le terrain de motocross d'Orp-Jauche. À Liège, il y a aussi quelques belles côtes. Et quand on peut, on s'échappe en montagne. Pour le reste, on travaille la vitesse sur le plat et on fait des séances spécifiques sur la piste, qui portent aussi leurs fruits. J'ai la chance de pouvoir aller cinq ou six fois par an en montagne, parfois pour de longs week-ends ou de courtes semaines. Ça aide forcément."




"Un run avec...": une série qui court
"Un run avec", c'est le portrait d'un sportif raconté en courant, où l'effort devient le terrain de l'interview. À travers la Belgique, de la Wallonie à la Flandre en passant par Bruxelles, Augustin Pirard et Mathieu Golinvaux partent à la rencontre de celles et ceux qui font vivre le running et le trail: traileurs, kinés, anciens professionnels ou jeunes talents. Une heure de course pour parler sport, performance, parcours de vie, doutes, passions et projets.
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