EXCLU. Norbert Tarayre, loin de l’image du chef tyrannique : “mes collaborateurs ne sont ni mes sous-fifres ni mes souffres-douleur”

EXCLU. Norbert Tarayre, loin de l’image du chef tyrannique : “mes collaborateurs ne sont ni mes sous-fifres ni mes souffres-douleur”

Norbert Tarayre n’a aucune envie de reproduire les clichés qui collent encore à la restauration. Dans une interview exclusive accordée au magazine Closer, le chef de 46 ans assume une vision du management très éloignée du patron qui crie, rabaisse ou impose la peur à ses équipes. Pour celui qui s'est éloigné de Jean Imbert, l’exigence ne justifie jamais les humiliations.

Une conviction nourrie par son expérience et par ce qu’il observe aujourd’hui dans un secteur qui peine toujours à recruter et à fidéliser les jeunes générations. Interrogé sur cette difficulté à trouver du personnel, Norbert Tarayre refuse de désigner les jeunes comme seuls responsables. Il rappelle que chaque époque a eu ses inquiétudes et ses reproches envers la génération suivante. Ses propres parents, raconte-t-il, critiquaient déjà ceux qui rêvaient de télévision, de Loft Story, de Star Academy ou de football.

Norbert Tarayre évoque les humiliations qui peuvent avoir lieu dans des cuisines de restaurants

Aujourd’hui, certains veulent devenir youtubeurs. Pour le chef, le problème ne se résume donc pas à un manque d’envie de travailler. Les employeurs doivent aussi apprendre à transmettre autrement et à donner envie de rester. Cette réflexion l’amène directement à la réputation parfois brutale des cuisines professionnelles.

Norbert Tarayre reconnaît que certains métiers ont été construits dans la peur, voire dans la terreur. Il évoque le burn-out, les pressions considérables et des environnements où l’autorité pouvait rapidement devenir écrasante. Mais il refuse de considérer ce fonctionnement comme une fatalité. "Forcément, un jeune qui arrive dans un climat tendu, sans pédagogie, n’aura pas envie de rester", explique-t-il à Closer, en défendant une autre manière de diriger. Le chef ne nie pas pour autant les contraintes du métier. Il parle d’objectifs, d’expérience et d’une pression financière réelle.

Le chef souhaite inculquer de bonnes valeurs à ses équipes

La différence, selon lui, tient à la manière dont un responsable transforme cette pression au quotidien. "Mes collaborateurs ne sont ni mes sous-fifres ni mes souffre-douleur. À moi d’être exemplaire", affirme-t-il. Une déclaration sans détour, qui résume sa philosophie : demander beaucoup, oui, mais sans faire payer aux équipes les tensions liées à la gestion d’un établissement.

Cette attitude rejoint aussi l’évolution personnelle qu’il dit avoir connue ces dernières années. À 46 ans, Norbert Tarayre raconte être devenu plus attentif à son équilibre. Lorsqu’il rentre chez lui, il veut se reposer, retrouver ses enfants et sa compagne. Il explique également courir, faire du sport et pratiquer la méditation. Une façon de mieux prendre soin de lui pour pouvoir, ensuite, prendre soin des autres et conserver une énergie plus saine dans son travail. Derrière son tempérament expansif et son humour, Norbert Tarayre revendique donc une conception très simple de l’autorité. Un chef n’a pas besoin d’écraser pour être respecté.

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