EXCLUSIF - Explosion visant Vadim Ermolaev : l’Ukraine met la pression sur Monaco pour faire équipe dans l’enquête
Kiev et Monaco travaillent-ils main dans la main dans l’enquête sur la tentative d’assassinat à la bombe ayant visé Vadim Ermolaev et sa famille au cœur de la Principauté le 29 juin ? C’est l’une des grosses inquiétudes du milliardaire ukrainien. Car plus d’un mois après les faits, l’enquête patine. Si deux hommes ont été arrêtés à Kiev pour le meurtre d’Anastasiia Berezovka (ndlr : la femme identifiée comme la poseuse de la bombe), le commanditaire de cette tentative d’assassinat n’a toujours pas été identifié ni arrêté.
« L’attaque n’a pas atteint son objectif. La menace persiste », expliquait Vadim Ermolaev dans une lettre adressée à Monaco-Matin le 24 juillet. Dans cette même missive, le magnat de l’immobilier pointait une mauvaise entente entre les deux pays dans la conduite de l’enquête et exhortait les parquets ukrainiens et monégasques à « travailler ensemble ».
« Sans un échange approprié et rapide d’informations d’une importance cruciale entre les procureurs des deux pays, une enquête approfondie sur un tel crime est de fait impossible. Le temps est un facteur déterminant dans cette affaire. Chaque jour de retard fait le jeu des criminels, des organisateurs, des coordinateurs et des commanditaires », écrivait Vadim Ermolaev.
Contacté par Monaco-Matin, le Bureau du procureur général d’Ukraine a répondu à nos questions sur l’enquête.
Kiev attend des nouvelles de Monaco
Le parquet ukrainien pointe clairement un manque de réactivité des autorités monégasques. Kiev explique avoir envoyé deux demandes d’entraide judiciaire internationale à la Principauté de Monaco et déplore que ces demandes restent pour l’instant lettre morte.
« Les autorités ukrainiennes poursuivent une enquête complète, approfondie et objective, explique Olena Farion, chef adjointe du département de la politique d’information du parquet général ukrainien. Dans le cadre de cette procédure, le Bureau du procureur général a adressé aux autorités compétentes de la Principauté de Monaco deux demandes d’entraide judiciaire internationale, dont l’une comprend notamment une proposition de création d’une équipe commune d’enquête. Toutefois, les commissions rogatoires internationales et les autres demandes précédemment adressées par la partie ukrainienne aux autorités compétentes de la Principauté de Monaco demeurent, à ce jour, sans réponse. »
Dans le même temps, Olena Farion explique avoir reçu « une demande d’entraide judiciaire internationale » de la part des autorités monégasques le 31 juillet. Soit 21 jours après l’audience de mise en examen des deux suspects du meurtre d’Anastasiia Berezovska.
Le parquet monégasque y sollicite « certains éléments des deux procédures pénales, notamment des procès-verbaux d’audition, d’autres actes d’enquête, des expertises, ainsi que la réalisation de mesures d’enquête complémentaires », confie Olena Farion.
Enquête toujours en cours en Ukraine
L’enquête s’est-elle arrêtée à Kiev après la mort de la poseuse de bombe de Monaco et l’arrestation de ses meurtriers présumés ? Non. L’Ukraine enquête toujours sur les faits commis dans la Principauté. Une enquête a été ouverte pour « tentative d’assassinat commise de manière préméditée, sur commande, par un moyen dangereux pour la vie de plusieurs personnes ». Elle a été confiée au service principal d’enquête de la police nationale d’Ukraine, sous la supervision procédurale du Bureau du procureur général.
« Les autorités ukrainiennes poursuivent une enquête complète, approfondie et objective, ajoute Olena Farion. L’enquête doit établir le mobile des faits et vérifie toutes les hypothèses possibles, notamment l’éventuelle implication d’autres personnes dans l’organisation de ce crime ainsi que l’hypothèse d’un assassinat commandité. »
Une enquête du SBU sur Vadim Ermolaev
Qui a voulu tuer Vadim Ermolaev ? Quel est le mobile ? Y a-t-il un lien avec les sanctions prises par l’Ukraine contre Vadim Ermolaev ? Toujours d’après Olena Farion, « toutes les pistes sont ouvertes et aucune piste n’est privilégiée ».
Concernant les sanctions visant le milliardaire ukrainien : « Les procédures pénales dont les éléments ont servi à l’application des mesures restrictives contre Vadim Ermolaev ont été regroupées avec d’autres procédures pénales. L’enquête dans cette procédure unifiée est désormais menée par le Service de sécurité de l’Ukraine (SBU). À ce jour, aucune notification officielle de suspicion ou de mise en examen n’a été signifiée. »
*Contacté également, le parquet de Monaco n’a pas encore répondu à nos questions.