Explorée depuis près de 200 ans, la grotte du Prince de Monaco, en Italie, n’a pas encore livré tous ses secrets

Explorée depuis près de 200 ans, la grotte du Prince de Monaco, en Italie, n’a pas encore livré tous ses secrets

La grotte du Prince est sous les feux de la rampe. En cause : ses ressemblances avec la Cueva Des-Cubierta, en Espagne, où ont été découvertes, pour la première fois, des traces de rituels pratiqués par les Néandertaliens.

Mais derrière cet engouement scientifique se cachent près de deux siècles de fouilles et de découvertes autour de cette cavité appartenant au Souverain.

Le premier prince de Monaco à s’intéresser au site est Florestan Ier. En 1846, il finance les premières fouilles de la grotte Florestan. La grotte du Prince fait partie des grottes de Grimaldi, un ensemble de cavités situées à Vintimille, en Italie.

Quelques décennies plus tard, le prince Albert Ier de Monaco, passionné de préhistoire et lui-même archéologue, donne une nouvelle dimension aux recherches. Dès 1880, il étend les fouilles aux autres cavités du site et y introduit les méthodes scientifiques les plus modernes de l’époque.

« À cette époque, les fouilles étaient souvent réalisées par des amateurs. Albert Ier a imposé des méthodes plus rigoureuses : chaque objet devait être inventorié. Avant lui, on conservait surtout les plus belles pièces », explique Elena Rossoni-Notter, directrice du Musée d’Anthropologie préhistorique de Monaco.

Le prince porte un intérêt particulier à une vaste cavité qu’il acquiert en 1893. Elle prend alors le nom de grotte du Prince. Entre 1895 et 1902, il y lance une vaste campagne de fouilles confiée à Léonce de Villeneuve, futur premier directeur du Musée d’Anthropologie préhistorique de Monaco, fondé en 1902.

Des découvertes majeures

C’est au cours de ces fouilles que sont mis au jour les célèbres crânes d’animaux à cornes. Plus d’un siècle plus tard, ils permettront aux chercheurs d’établir un parallèle avec les découvertes réalisées dans la Cueva Des-Cubierta.

Les archéologues exhument également de nombreux outils préhistoriques datant d’environ 100 000 à 50 000 ans. Conservés au Musée d’Anthropologie préhistorique de Monaco, ces objets constituent encore aujourd’hui une référence pour les chercheurs.

Les fouilles reprennent au milieu du XXᵉ siècle. En 1968, elles livrent l’une des découvertes les plus importantes du site : un os humain vieux d’environ 220 000 ans, l’un des plus anciens vestiges humains retrouvés dans la région.

Entre-temps, les recherches sur les objets découverts dans la grotte se sont poursuivies, mais les fouilles, elles, étaient à l’arrêt…. jusqu’à maintenant.

« Nous allons relancer les fouilles avec les scientifiques espagnols. Le Palais princier a déjà donné son accord et nous sommes en train de sécuriser le site. Nous espérons faire de grandes découvertes », annonce Elena Rossoni-Notter.