Fédération Wallonie-Bruxelles : après des échanges cinglants, les parlementaires approuvent définitivement l’ajustement 2026 majorité contre opposition - RTBF Actus
L’exercice, de nature essentiellement technique, vise notamment à adapter les dépenses et les recettes de l’entité à l’augmentation plus forte que prévu de l’inflation à la suite du conflit au Moyen-Orient. Il ne contient ni nouvelles mesures d’économie, ni nouvelles initiatives politiques, a rappelé durant les débats la ministre présidente de la FWB, Elisabeth Degryse.
Comme en commission, l’opposition a néanmoins redit tout le mal qu’elle pense de cet ajustement. "Vous n’avez activé aucun levier en matière de recettes, vous vous lancez dans des réformes idéologiques coûteuses sans vouloir les chiffrer. Ne nous faites plus de leçon sur notre irresponsabilité… Vous avez tout démantelé. Vous n’êtes pas un gouvernement d’ingénieurs, vous n’êtes pas un gouvernement de projets. Vous êtes un gouvernement de fuite qui coupe les dépenses au détriment de ceux dont vous aviez promis de défendre les intérêts. Voilà votre héritage et il est cinglant", a ainsi déploré le chef de groupe socialiste Martin Casier. Le PTB ne s’est pas montré plus tendre. "Un ajustement, c’est un moment politique. Vous y confirmez vos choix : la hausse du minerval, l’absence de financement du supérieur, les économies sur les universités, la pression sur les bâtiments scolaires. Ce sont de très très mauvais choix", ont dénoncé les députés Arthur Daube et Amandine Pavet. "Vous allez partir en vacances avec tous vos privilèges et vous demandez à tous les travailleurs et à leurs enfants de se serrer la ceinture. C’est ça la dégueulasserie de votre ajusté", s’est emportée cette dernière.
Vous avez tout démantelé
Martin Casier, chef de groupe socialiste
"L’asphyxie de la culture"
Dans les rangs de l’opposition, toujours, Ecolo a lui aussi dénoncé les coupes claires dans la culture et l’enseignement. "Vous faites tout l’inverse de ce qu’il faudrait faire : dans le secteur de l’éducation, on parle de 1300 pertes d’emploi inscrites au cadre, de dévalorisation du métier, de mépris des profs, de promesses rompues, de recul du droit des enfants On n’aura jamais vu une législature aussi catastrophique pour l’enseignement", a résumé Bénédicte Linard tandis que son collègue de parti Hajib El Hajjaji évoquait "l’asphyxie de la culture".
La majorité, elle, a défendu ses choix, insistant sur la nécessité de "réponses structurelles" face à un déficit qui s’aggrave, ce qui passe par une reprise en main des dépenses.
Si nous voulons préserver les services assurés par la FWB, c’est maintenant que nous devons agir
Elisabeth Degryse, ministre-présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles
Fin 2026, le déficit de la FWB devrait s’élever à 1,7 milliard d’euros. Autre pierre dans sa chaussure : l’inflation. Attendu initialement pour le mois de juillet seulement, le dépassement de l’indice-pivot – qui déclenche les indexations automatiques — a été franchi dès juin, ce qui implique que les salaires de la fonction publique et de l’enseignement seront indexés en septembre, un mois plus tôt que ce qui avait été initialement prévu, a rappelé Elisabeth Degryse. "Si nous voulons préserver les services assurés par la FWB, c’est maintenant que nous devons agir", a-t-elle encore répété alors que la majorité MR-Engagés s’est fixée pour objectif de reprendre contrôle du déficit chronique de l’entité pour le ramener à 1,2 milliard d’euros d’ici 2029. Au terme des votes, l’ajustement budgétaire 2026 a finalement été approuvé majorité contre opposition.