Fléchettes : comment les joueurs deviennent de vrais pros

Fléchettes : comment les joueurs deviennent de vrais pros

La Halle St-Jacques de Bâle sera ce week-end le théâtre du Swiss Darts Trophy, épreuve de la Professional Darts Corporation (PDC), une organisation professionnelle de fléchettes du Royaume-Uni. Meilleur Suisse en activité, Stefan Bellmont nous parle de cette discipline en pleine expansion.

La Halle St-Jacques de Bâle sera ce week-end le théâtre du Swiss Darts Trophy, épreuve de la Professional Darts Corporation (PDC), une organisation professionnelle de fléchettes du Royaume-Uni. Meilleur Suisse en activité, Stefan Bellmont nous parle de cette discipline en pleine expansion.

Si dans l'imaginaire collectif, les fléchettes restent encore une activité associée au pub et à la pinte de bière, la réalité du quotidien d'un joueur professionnel est toute autre. "La PDC a gagné en professionnalisme. Tous les joueurs s'entraînent, que ce soit 6 ou 7 heures par jour ou 2 ou 3. Il y a des professionnels qui travaillent encore à côté et qui ne peuvent pas s'entraîner autant, et il y a des professionnels à temps plein qui peuvent s'entraîner toute la journée", souligne-t-il.

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Disputées dans des ambiances complètement folles, les compétitions demandent un mental d'acier. "Je pratique l'entraînement mental depuis 7 ou 8 ans pour apprendre à ne plus prêter attention à ce qui se passe derrière moi. Les premières séances ont été assez difficiles. Mais ensuite, on s'est vraiment trouvés et on a imaginé des scénarios qui m'aident à trouver des points d'ancrage, qui m'aident tout simplement à intérioriser, pendant le match."

Et combien de temps peut durer une carrière au plus haut niveau? "Nous n'avons en fait aucune limite contrairement aux footballeurs ou aux hockeyeurs. Si l'on est en bonne forme physique, on peut tenir jusqu'à 50, 60, voire 70 ans. Si tu es vraiment capable de donner le meilleur de toi-même, l'âge n'a aucune importance."

Sujet réalisé par Aydïn Mobarrez et Arthur Miffon

Objectif Bâle

"Mon objectif est clair pour l'instant: je me concentre uniquement sur Bâle. Et après ça, bien sûr, j'espère pouvoir me qualifier pour le championnat du monde PDC, pour lequel je ne suis pas encore qualifié pour l'instant. Mais j'ai encore une ou deux occasions de le faire. J'aimerais bien en profiter, et je ne veux pas aller plus loin pour l'instant", prévient-il.

"J'ai désormais ma première année sur le circuit derrière moi, et la suivante recommence en janvier. Je veux vraiment y réaliser mes meilleurs résultats, et ensuite on verra ce que cela aura donné pour l'année écoulée et pour l'année à venir."  

Travail à temps partiel

"Je ne peux pas encore vivre des fléchettes pour l'instant. Je travaille à temps partiel, et justement, quand on joue mieux et qu'on remporte beaucoup de prix, on peut alors en vivre. C'est mon objectif", souligne-Bellmont.

"Quand on regarde tous ces professionnels, ils touchent des primes plus élevées, ce qui leur permet évidemment de très bien en vivre. Cela tient aussi au fait que la PDC ne cesse de se développer, ce qui donne la possibilité d'attirer davantage de sponsors et, par conséquent, de distribuer davantage de prix en argent. Et grâce à de bons résultats et à de bonnes performances, on peut alors très bien gagner sa vie. "

Une activité encore à majorité masculine

"Dans le monde entier, le jeu de fléchettes est sans doute plutôt une activité masculine. Il n'y a pas beaucoup de femmes, mais cela aussi a vraiment changé ces dernières années. La PDC a lancé la PDC Women's Series, où les femmes disputent entre elles des tournois au plus haut niveau, et je trouve tout à fait normal qu'il existe de tels tournois, et un véritable engouement est en train de se développer chez les femmes."

"Si l'on revient à la Suisse, nous ne sommes pas très bien placés. Nous avons de bonnes joueuses, mais notre effectif n'est pas très large. Mais je pense que grâce à la Women's Series et aux femmes qui participent à davantage de tournois, elles peuvent certainement continuer à progresser."