Frameries : Il braque un pistolet sur son voisin et appuie sur la gâchette

Frameries : Il braque un pistolet sur son voisin et appuie sur la gâchette

Imaginez la scène. Il est 7h50, le 20 décembre 2024, à Frameries. Rachid (prénom d'emprunt) se trouve chez lui lorsque son voisin Marcel (prénom d'emprunt) se présente à sa porte, particulièrement énervé. Une altercation éclate entre les deux hommes. Les insultes fusent, jusqu'à ce qu'ils en viennent à se cracher dessus.

Mais la dispute ne s'arrête pas là. Marcel retourne chez lui avant de revenir avec une arme. Il la pointe directement vers le front de son voisin et appuie sur la gâchette. Aucun coup de feu ne retentit. Il s'agissait en réalité d'un pistolet à plomb qui, selon le prévenu, n'était pas chargé.

"On est au-delà d'un simple conflit de voisinage", estime Me Nathan Radelet, l'avocat de Rachid. La vidéo des faits vient, selon lui, confirmer la version de son client. "Son voisin s'est présenté à sa porte, très énervé. Il lui a craché dessus et mon client a fait de même. Après cet échange salivaire, le prévenu est retourné chez lui et il est revenu avec un pistolet à plomb."

Il ne nie pas les faits

Un peu plus d'une heure après les faits, vers 9h, la police est appelée à intervenir à Frameries. Marcel ne nie pas les faits lors de son audition et passe rapidement aux aveux. Les deux hommes se connaissent et un vieux conflit de voisinage les oppose depuis plusieurs années.

Mons : Elle fait opposition à deux jugements… auxquels elle avait pourtant assisté

Devant le tribunal, Marcel livre toutefois sa propre version de l'escalade. "Mon voisin est venu m'attaquer et sa femme a tabassé la sienne devant la maison. On s'est insulté, craché dessus et je suis allé chercher une arme. J'avais un pistolet à plomb mais il n'était pas chargé", explique-t-il.

Son voisin raconte : "Il s'est présenté chez moi. Je sais quand il peut déraper. Je n'avais, au départ, aucun problème avec lui mais je savais qu'il pouvait être manipulé par d'autres personnes", affirme-t-il.

Marcel reproche également à Rachid de faire du bruit. Même les cris poussés devant la télévision lorsqu'il regarde un match de football auraient été source de tensions entre les voisins.

Une amende plaidée

Sur le plan pénal, le représentant du ministère public a rappelé les sanctions prévues par le nouveau Code pénal, entré en vigueur entre-temps. Les menaces avec une arme sont susceptibles d'être punies d'une peine de niveau 2, soit de six mois à trois ans de prison. La législation sur les armes prévoit, elle, une peine de niveau 3, de trois à cinq ans. Dans ce dossier, c'est toutefois l'ancien Code pénal, plus favorable au prévenu, qui doit être appliqué. L'arme l'emporte sur la menace.

Me Cauchies a plaidé pour une peine d'amende. L'avocat a notamment souligné que son client avait décidé de mettre sa maison en vente afin de mettre un terme définitif à cette guerre de voisinage.

Le tribunal rendra son jugement au début du mois d'octobre.