France - Espagne : les Bleus sur la voie royale avant leur demi-finale contre l'Espagne
l'essentiel La France est là où elle voulait être, martèle son sélectionneur Didier Deschamps : dans le dernier carré. Reste l’obstacle Espagne à surmonter pour jouer une 5e finale en 8 éditions d’affilée ! Coup d'envoi, mardi 14 juillet, à Dallas : 21h, heure française.
Elle serait du meilleur effet. Assurément. À côté des deux autres, scintillante, juste au-dessus du coq. Que ce soit sur le maillot domicile bleu foncé ou celui extérieur vert d’eau. On parle évidemment de la troisième étoile, comme autant de titres de champions du monde. Et elle serait méritée. Pour le "travail" accompli depuis plus d’un mois maintenant. Déjà. Mais on en redemande. Parce qu’avouez que voir Kylian Mbappé soulever le trophée dans une semaine à New York, à même la pelouse du MetLife Stadium, ne confine plus au doux rêve. La réalité a pris de l’épaisseur au fil de six rencontres maîtrisées à tout le moins, emballées le plus souvent.
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Il reste deux matchs à négocier. Bien sûr il faudra d’abord se débarrasser de son meilleur ennemi, l’Espagne ; puis batailler contre l’Angleterre ou l’Argentine dans une finale qui transpirera la revanche à plein nez dans un camp ou l’autre au demeurant. Non, rien ne sera donné aux Bleus de "DD" – normal, on ne devient pas champions du monde par un claquement de crampons, il faut se le gagner – et, à dire vrai, nous ne sommes pas vraiment inquiets : la France a montré qu’elle était la meilleure équipe du tournoi. Tout simplement.
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L’Espagne qui n’a pas de vrai avant-centre (même si on ne peut que s’incliner devant la vista d’Oyarzabal) n’a pas été capable lors de son entrée en lice certes de mettre un but au Cap-Vert – rappelons-le – et ne doit son passage en demie qu’au bénéfice d’une faute de main du portier belge remplaçant. Alors que l’Argentine excelle dans l’art du funambule (trois derniers billets compostés miraculeusement : après prolongation face aux Cap-Verdiens et devant les Suisses, au bout du temps additionnel contre l’Égypte alors qu’elle était menée 2-0 à la 80e) mais va bien finir par tomber, l’Angleterre – sûrement la formation du dernier carré la plus consistante et cohérente – se repose peut-être trop sur ses deux armes fatales : Kane en début de compet’, Bellingham depuis. Et il y a toujours ce complexe mental lié à une date : 1966, le seul titre des Three-Lions. Plus d’un demi-siècle, une éternité en somme – et pas qu’en foot.
Les gentils méchants
Revenons à nos moutons si on ose. D’ailleurs le terme n’est pas approprié puisque les Bleus eux mêmes se surnomment "les méchants", notamment depuis la bataille du Paraguay. Ils attaquent fort, on le savait, on en a eu plusieurs confirmations ; ils défendent tout autant, on pouvait légitimement avoir des doutes eu égard aux déséquilibres inhérents au nouveau système du technicien basque, le fameux 4-2-3-1 faisant la part belle aux quatre fantastiques : Dembélé-Olise-Doué (Barcola) en soutien de Mbappé. La bagatelle de 16 buts à eux cinq. Pas mal. En réalité, c’est carrément le nombre de réalisations inscrites par l’EdF. Que des buts d’attaquants, donc.
"DD" avait flairé le bon filon
L’occasion de louer l’adaptabilité ou mieux l’agilité (le terme est à la mode dans les entreprises) de Deschamps qui aura été au bout de ses idées. Lui taxé d’entraîneur en premier lieu défensif, a franchi le pas en alignant tous les joyaux de la couronne. Dans le style Tant que je gagne, je joue.
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Il fallait oser renier ses principes de base. C’est un trait de caractère qu’on ne connaissait pas franchement chez le Bayonnais. Là encore, Didier Deschamps écoute, regarde ; il ne connaît que trop bien le ballon pour ne pas avoir flairer la bonne affaire. Ou la bonne étoile, c’est du pareil au même. Rendez-vous dimanche 19 juillet, que leur volonté soit fête.
Mbappé, le goût du cent
La stat est passée inaperçue. Pourtant, elle mérite que l’on s’y attarde. En déflorant le tableau d’affichage face au Maroc en quart de finale d’un superbe enroulé petit-filet opposé (1-0, 60e), Kylian Mbappé a été pour la 100e fois décisif en équipe de France. À preuve : l’attaquant star des Bleus affiche désormais à son compte-tours personnel 64 buts et 36 passes. C’est, il coule de source, un nouveau record détenu par l’avant-centre du Real.