Fumée de joints, câlins de Sarah et débuts compliqués : voici la première interview de Nathan De Cat à Hoffenheim : "Bien sûr qu'Anderlecht me manque"
Nathan De Cat s'était imaginé des débuts différents avec son nouveau club, le TSG 1899 Hoffenheim, l'un des adversaires d'Anderlecht en Europa League. Lors son match d'ouverture sur le terrain du FC Cologne (défaite 3-2), il n'a bénéficié que de 24 minutes de jeu lors desquels il n'a pas eu facile. La DH a pu lui parler en exclusivité après le match.
Une scène d'après-match : alors que ses coéquipiers sont déjà sous la douche après la remontada de Cologne, De Cat va retrouver sa Sarah au bord du terrain. Pendant une petite dizaine de minutes, ils discutent et se font quelques câlins.
Un nouveau "grand frère", de la patience mais beaucoup d'ambition pour Nathan De Cat avant ses débuts en Bundesliga : "C'est un très grand talent""Cela m'a fait énormément de bien de lui parler un moment après le match, a-t-il confié à propos de sa petite amie, la sœur de Julien Duranville. Cela faisait un bail que je ne l'avais plus vue, même si elle habite aussi en Allemagne. J'avais besoin de ce petit moment avec elle."
Surprise générale
Sarah faisait partie du fanclub de onze Belges à Cologne, et vous pouvez y ajouter l'envoyé spécial de la DH. Cologne réussit bien aux Belges. Les Diables rouges s'y sont imposés 2-3 en amical contre l'Allemagne en 2023, et 2-0 contre la Roumanie lors de l'Euro 2024 — la seule victoire d'un Euro par ailleurs raté.
De Cat, quant à lui, ne gardera pas un bon souvenir du magnifique RheinEnergieStadion, plein à craquer avec 50 000 fans qui mettaient une ambiance de folie.
"Je ne m'attendais pas au banc"
À la surprise générale, De Cat était donc sur le banc. Ces dernières semaines, tout laissait penser qu'il serait titulaire. Il avait été dans le onze de base durant toute la préparation — bien qu'à un poste un peu plus haut que ce qu'il préfère —, notamment à deux reprises contre Tottenham (défaite 3-0 et 2-2). La semaine dernière, il avait laissé une bonne impression en Coupe face au FC Erzgebirge Aue, une équipe de quatrième division. Hoffenheim s'était imposé 0-4, et De Cat avait délivré l'assist pour le 0-1. Cette fois, c'est un certain Bambase Conté, formé par le club, qui lui a été préféré.
Officiel: Nathan De Cat quitte Anderlecht et s'engage à Hoffenheim"Pour être honnête, je ne m'y attendais pas, mais je respecte le choix de l'entraîneur, nous dit De Cat. Et d'un côté, je le comprends. Ce n'est jamais facile de débuter directement pour son premier match dans un autre championnat. Mais je sens que le coach a confiance en moi."
Plus que Lukaku, Tielemans et Doku
Qu'il ne s'inquiète surtout pas. Des Diables rouges devenus des icônes dans leur club étranger ont connu le même sort. Vertonghen était sur le banc lors de son premier match avec Tottenham (défaite 2-1 à Newcastle en 2012), Dembélé a vécu la même chose la même saison (1-1 à Norwich), Dries Mertens était réserviste en 2013 pour son premier match avec Naples contre Bologne (3-0), De Bruyne est monté au jeu pour ses débuts avec Manchester City (0-1 à Crystal Palace) et Thibaut Courtois a d'abord été la doublure de Keylor Navas pendant deux matchs au Real Madrid en 2018.
Pourquoi Nathan De Cat a fait un excellent choix en signant à Hoffenheim ? "Le décor est calme et l'équipe, celle qui court le plus en Bundesliga"Certains jeunes transférés d'Anderlecht ont même joué encore moins que De Cat pour leur première apparition : Lukaku 7 minutes avec Chelsea en 2011, Tielemans 3 minutes avec Monaco en 2017 et Doku 9 minutes avec Rennes en 2020.
Mais on avoue que voir De Cat commencer sur le banc était une image assez inhabituelle. Après sa blessure à la cheville, il avait certes débuté comme réserviste contre le Club Bruges lors des derniers playoffs (défaite 1-3). Avant cela, il faut remonter au 31 août 2025 pour le voir commencer sur le banc. Oui, il y a tout juste un an. Et oui, Anderlecht jouait aussi à l'Union ce week-end-là (défaite 2-0).
Fumée de joints et un bouc affamé
Il a donc eu le temps d'observer son nouvel environnement de travail. "Il n'a sûrement pas senti l'odeur des saucisses, contrairement à nous. Mais c'est une autre odeur qui est venue gâcher notre moment au stade : celle des joints. À certains moments, on avait même l'impression de devenir high.
C'est peut-être pour cela que nous avons trouvé l'entrée du bouc Hennes IX, la mascotte de Cologne, si amusante. L'animal n'était pas du tout impressionné par le vacarme des 50 000 spectateurs : tout ce qu'il voulait, c'était manger le plus vite possible le foin qui l'attendait dans un seau. La semaine prochaine, lors du choc contre Dortmund, De Cat fera la connaissance de la mascotte de Hoffenheim : un élan nommé Hoffi.
Prenable en contre-attaque
Cologne – Hoffenheim s'est finalement révélé être un match à spectacle dont Vítor Bruno, le coach d'Anderlecht, pourra tirer de nombreux enseignements. La nouvelle équipe de De Cat a trop rarement montré pourquoi elle avait échoué à un point de la Champions League la saison dernière.
Certes, elle est dangereuse sur phases arrêtées, mais défensivement, elle est loin d'être aussi fiable que ce que l'on pensait initialement. En contre-attaque, Anderlecht pourra lui faire mal. Sur le 2-2, De Cat venait à peine de monter au jeu et n'avait pas encore touché le ballon. Le cuir lui est passé entre les jambes et l'ex-Anderlechtois est arrivé trop tard pour contrer le centre. "Tout est allé très vite, nous dit-il. Est-ce que j'aurais pu mieux faire ? Il faudra analyser cela, mais je pense que c'était surtout un manque de rigueur collectif sur cette phase."
Au total, De Cat a touché le ballon dix fois et il a concédé deux pertes de balle. Ce n'est qu'après un quart d'heure que l'on a retrouvé le vrai Catje, distillant une ou deux petites passes litigieuses. Auparavant, on l'a surtout vu demander beaucoup moins le ballon qu'à Anderlecht. À sa décharge : il évoluait presque comme ailier droit, un poste qui ne lui convient pas.
"Je dois dire qu'Hoffenheim est favori contre Anderlecht"
Heureusement, De Cat n'a pas (encore) les caprices d'une star. Malgré la rencontre difficile, la défaite, sa place sur le banc et son prix de presque 20 millions, il a donc accepté notre demande de venir s'exprimer en zone mixte.
On lui a évidemment parlé du match contre Anderlecht. "Combien de messages j'ai reçus ? Énormément… Je trouve ça super que nous allons jouer contre Anderlecht. Et surtout là-bas, au Lotto Park. Pour moi, c'est génial. Mon favori ? Je suis obligé de dire Hoffenheim, hein (rires). Mais je souhaite de tout cœur qu'Anderlecht se qualifie aussi. Quand je vois leur tirage, je pense que c'est possible."
"J'ai vu tous les matchs d'Anderlecht"
De Cat suit de près les performances de son ancienne équipe. "Je regarde chaque match avec mon papa (NDLR : qui réside souvent avec lui actuellement et qui a pris pour cela un an de congé sans solde). Ce dimanche, je serai devant la télé pour regarder leur match contre l'Union. Ils jouent très bien et ont une bonne équipe, donc c'est agréable à regarder."
Avec Ojea et Kalonji, Anderlecht possède deux nouveaux jeunes de 17 ans qui brillent. De Cat : "Je pense qu'Anderlecht est connu pour cela depuis longtemps. Même si nous avons connu quelques années plus difficiles, Anderlecht continue de sortir de super talents, cela ne changera pas."
"C'était le choix le plus difficile de ma vie"
Et que pense-t-il du phénomène Vítor Bruno ? "Je l'ai côtoyé un petit moment bien sûr, et il fait une très bonne impression. C'est une approche totalement différente, mais elle est très bonne. Il n'est pas forcément sévère, mais il y met énormément de passion dans son coaching, et on voit que ça fonctionne. Si c'est vrai qu'il me demandait de remonter mes chaussettes plus haut ? (rires). Non, mais je devais mettre des protège-tibias à l'entraînement (rires)."
Pour la première fois, De Cat évoque le choix qu'il a dû faire. "Quitter Anderlecht a été le choix le plus difficile que j'ai jamais eu à faire. En fin de compte, on compare toujours un peu. Finalement, j'ai choisi Hoffenheim, en accord avec ma famille. Je ne dois plus regarder en arrière. Je n'ai donc pas de regrets."
"Anderlecht, c'est ma maison"
Mais à la fin de notre conversation, il avoue tout de même qu'Anderlecht lui manque. "Anderlecht manque à n'importe quel joueur qui a évolué dans ce club. Anderlecht, c'est tout simplement ma maison. J'y étais aimé, mais je pense que sur le plan sportif, c'était le bon choix de viser plus haut. La Bundesliga est quand même un cran au-dessus de la compétition belge ; comme vous avez pu le voir, le rythme est plus élevé."
Il ne se plaint donc pas. "J'ai été très bien accueilli ici. Le courant passe super bien avec les deux Néerlandais de l'équipe. Nous avons un groupe très sympa et vraiment très soudé."
Et son allemand ? "Pour ce qui est de comprendre, ça va. Mais pour parler, ce n'est pas encore pour aujourd'hui. Je ne prends pas encore de cours pour le moment, mais j'ai l'intention de m'y mettre bientôt."
Ce qui prendra aussi du temps pour celui qui était le petit prince du Parc Astrid, est de devenir le roi de Hoffenheim.
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