“Moefana et Brau-Boirie voulaient travailler les coups de pied par-dessus” : Petitjean raconte sa tournée
Propulsé entraîneur adjoint du XV de France en charge du jeu au pied cet été, le Toulonnais Maxime Petitjean a pris ses marques en Australie pour le championnat des Nations. Sa méthode "ludique", sa relation avec les joueurs et une présence pour la tournée de novembre : "Max" raconte ce nouveau défi avec la sélection, sans oublier le chemin parcouru.
Vous avez pris le poste d’entraîneur du jeu au pied du XV de France cet été pour le Championnat des nations. Qu’avez-vous ressenti ?
Je ne peux même pas dire que c’était un objectif : je n’y avais jamais pensé. C’est une récompense pour mon travail mais aussi pour le club de Toulon. La fin de saison avec le RCT avait été difficile et j’étais très déçu, comme beaucoup de monde. Rejoindre les Bleus m’a redonné un énorme coup de boost. En tant que joueur, je n’ai jamais eu la chance de participer à ce genre de tournée. Pour être transparent, j'avais pas mal d’appréhension en arrivant dans ce nouvel environnement, mais au final, tout s’est très bien passé. J’ai été parfaitement accueilli. Au bout de deux ou trois jours, j’avais déjà l’impression d’être là depuis plusieurs années. Surtout, tout ce que j’ai pu proposer, que ce soit à Fabien ou aux autres coachs, a été pleinement accepté.
Que retenez-vous de ce mois passé au cœur des Bleus ?
J’ai vraiment été surpris par le rythme. On n’a pas de temps, tout se fait très vite. On est obligé d'aller à l'essentiel. Il faut être extrêmement précis et proposer des choses simples. C’est une grosse différence par rapport à mon quotidien au RCT. On ne s’entraînait que deux fois par semaine. On jouait le samedi, le dimanche on était dans les aéroports pour changer de pays, et le surlendemain était consacré à la récupération.
Et plus personnellement ?
C’est sans doute le premier match contre les All Blacks. Ma première vraie Marseillaise, mon premier vrai test-match. D’autant qu’on est passé à deux doigts de créer un immense exploit. La victoire contre l’Australie était elle aussi fabuleuse. Réaliser une telle seconde mi-temps et coller 40 points aux Australiens chez eux, c’était incroyable. Il y a tellement de souvenirs qui me viennent en tête... J’en ai pris plein les yeux.
Quel bilan tirez-vous sportivement de ces trois rencontres ?
Ma plus grande satisfaction, c’est de voir que ce que j'ai essayé de mettre en place a été adopté par les joueurs. Les petits jeux en début d’entraînement, les concours, ces petites touches spécifiques : ils ont vraiment apprécié. C'était gratifiant parce que je savais qu'il fallait apporter de la nouveauté. Concernant le jeu au pied durant la tournée, le bilan est positif. Exception faite du premier match contre les All Blacks, avec cette ultime action où l'on ne récupère pas le ballon. Est-ce qu’il fallait jouer à la main ? Insister au pied ? C’est mon seul regret. Sur ce match, nous voulions mettre beaucoup de pression par le pied, mais l'exécution n'a pas toujours été parfaite.
Sur le match contre les All Blacks, Maxime Lucu manque une transformation difficile alors qu'il semblait pressé par le temps et complètement essoufflé au moment de frapper. Qu’en avez-vous tiré comme enseignement ?
Il était surtout cuit parce qu’il y avait eu une longue séquence. Je ne pense pas qu’il ait eu moins de temps que d’habitude. Je crois simplement que c’est arrivé à un moment où on sortait d’une énorme séquence et qu’il était peut-être un petit peu moins lucide. Sur le reste de la tournée, il a été très bon. Nous avons beaucoup bossé avec Max.
Sur quelque chose en particulier ?
J'avais remarqué que sur certaines frappes, il partait vers la gauche au lieu de bien traverser le ballon. On a mis en place des exercices pour qu'il maintienne une course bien droite après l'impact. On a aussi travaillé le mental pour qu'il intègre cette routine, surtout lorsqu'il est dans le dur physiquement. Ça a rapidement porté ses fruits. Contre le Japon, il fait 100 % avec des transformations compliquées en coin.
Comment articulez-vous vos séances ?
En général, je fonctionne avec cinq minutes de mise en route, puis une dizaine de minutes sur du travail spécifique par poste. On enchaînait les réceptions de ballons hauts, le jeu au pied de pression du 9 ou du 10, le tout autour des scénarios tactiques prévus pour le match du week-end.
On parle d’une patte Petitjean : racontez-nous.
J'aime toujours lancer mes séances par un exercice ludique. L'idée est d'y intégrer directement ce qu'on veut appliquer le week-end. Par exemple, si l’analyste vidéo montre que l'arrière adverse ferme tôt et qu'il faut taper rasant dans son dos, je crée un jeu basé sur des coups de pied rasants. L’idée, c’est qu’ils travaillent la stratégie sans s'en rendre compte. C'est ma philosophie : les joueurs sont des compétiteurs, mais ce sont aussi de grands enfants qui ont besoin de s'amuser. J'étais pareil quand je jouais. En les lançant avec le sourire, c'est beaucoup plus simple de les amener sur le reste de la séance.
Concrètement, pouvez-vous nous donner un exemple ?
Typiquement, ça peut partir d'une mini match de football classique avec des petites cages. Dès qu'un joueur décolle le ballon du sol, son partenaire a le droit de l’attraper à la main, et à partir de cet instant, on bascule sur un jeu au touché classique. Ce système permet de travailler la réception de ballons hauts, puisque dès que le ballon est en l’air, le joueur est obligé de sauter pour le capter. Ça demande de s'organiser ballon en main pour aller marquer des essais. Il y a là une partie de déplacement et de positionnement dans l’espace. Bon je ne vais trop en dire non plus ! Et puis, en fin de séance, bien évidemment, on travaillait les pénaltouches et les coups d’envoi.
Et les tirs au but ?
Les tirs au but, c’est en toute fin de séance. J’aime bien mettre les joueurs un peu en compétition. J’ai d'ailleurs fait un petit concours avec eux, histoire de piquer leur orgueil. D’ailleurs, j’attends toujours ma récompense : Nolann (Le Garrec) et Antoine (Hastoy) ont fini derrière moi. Ils devaient me payer le goûter et je ne l’ai toujours pas vu... J'espère qu'en lisant ça, ils vont s’en rappeler !
On sent beaucoup de ressenti, d’humain dans votre manière de faire. Comment vous positionnez-vous vis-à-vis de ce rugby désormais sous la férule de la data ?
Certaines statistiques sont intéressantes et m'aident sur plein de points, mais ce n'est pas vraiment dans mon fonctionnement. En équipe de France, comme il faut être extrêmement pointu et aller très vite, on s’en sert beaucoup plus. On m'a proposé des données très pertinentes, mais je préfère toujours me fier à l'analyse vidéo pour me rendre compte du terrain. Les data apportent des choses excellentes à prendre, mais je reste un coach d'images avant tout.
Car c’est le rugby que vous avez toujours connu ?
Oui oui, cela entre en compte. Il y a des stats, on va dire, classiques comme le jeu au pied moyen qu’une équipe met par match, est-ce qu’elle met plus de jeux au pied de pression, est-ce que c’est plus du dégagement… Bien évidemment, je regarde ça. Maintenant, c’est vrai qu’à mon époque, on n’était pas du tout sur les stats comme ça. Si je veux évoluer en tant que coach, il faut se mettre à la page.
Pour terminer sur la data, nous avons remarqué un chiffre dans votre secteur du jeu au pied : la France a effectué 15 jeux au pied dit "contestables", et les a tous contestés. Là où les Sud-Africains en ont contesté 18 pour 47 ou les Irlandais avec 14 pour 27. Qu’est-ce que cela raconte ? Que la France ne veut pas laisser respirer l’adversaire ?
Sur les trois matchs — contre les All Blacks, l’Australie et le Japon —, nous avions décidé de mettre énormément de jeu au pied de pression. Nous voulions exploiter nos X-factors dans ce domaine, comme Aaron Grandidier ou Théo Attissogbe, qui sont excellents là-dessus. L’exécution a été très bonne chaque fois que nous l'avons utilisé. Le seul regret reste le match contre les All Blacks où nous aurions pu en récupérer trois ou quatre de plus si les coups de pied avaient été mieux ciblés dans les bonnes zones. Au-delà de ça, nous avons énormément travaillé la réception des ballons hauts, aussi bien en attaque qu'en défense. La grosse satisfaction vient du secteur défensif : dans ces situations, nous avons quasiment tout récupéré. C’était un objectif central de la tournée.
Est-ce que des joueurs ont été demandeurs de travailler des points spécifiques ?
Oui, par exemple, Yoram Moefana et Fabien Brau-Boirie voulaient travailler les petits coups de pied par-dessus. Du coup, quand je faisais mes exercices de kicking game, je les mettais avec Patrick Arlettaz. Ils faisaient des petits exercices pour travailler ça. Je disais à Patrick : « Tu les fais bosser comme ça, comme ça, comme ça. » Patrick les prenait, et moi je gardais mes 9, mes 10 et les arrières. Comme ça, on faisait deux petits groupes, et ils ont pu les travailler tranquillement.
Quelle est votre dernière trouvaille en matière d’exercice ?
En ce moment, j’aime travailler sur l’enchaînement de frappes au tir au but. On positionne deux ou trois tees, à la file, espacés d'environ cinq mètres les uns des autres, avec un ballon sur chacun. Le buteur frappe, mais au lieu de s'arrêter, il poursuit sa course, enchaîne vers le tee suivant et frappe à nouveau sans prendre le temps de réajuster ses marques de pas habituelles. C'est excellent pour travailler la fluidité du rythme, la finition du geste et la répétition sous fatigue. C’est un atelier que j’ai introduit cet été lors de la tournée avec le XV de France.
Quels retours les joueurs vous ont-ils fait globalement après ce mois passé avec eux ?
Les joueurs m'ont confié qu’ils n’avaient pas forcément l’habitude de travailler ainsi, car peu de clubs disposent d'un entraîneur dédié au jeu au pied. Ils m’ont simplement dit qu’ils étaient très contents et satisfaits de ce que je leur avais apporté. Ça correspond à ma philosophie : j’aime être proche des joueurs. C’est d'ailleurs ce que Pierre (Mignoni) et Franck (Azéma) me demandent à Toulon : ne pas jouer les pères la rigueur, mais être dans l'accompagnement. J’ai appliqué cette même approche avec le XV de France et j’ai passé de super moments, sur comme en dehors du terrain. J'ai découvert certains joueurs sous un autre jour, loin des préconçus.
Comment évaluez-vous concrètement l’impact de votre travail ?
Le premier indicateur, ce sont les retours des joueurs. Quand un mec te dit à la fin : "C’était chouette ta séance", c'est qu'il a pris du plaisir et qu'il a intégré ce qu'on voulait travailler. Ensuite, le juge de paix, c'est le match. Si la stratégie définie — par exemple du jeu au pied de pression — permet de récupérer 4 ballons sur 5 et de remettre l'équipe dans l'avancée, c'est la preuve que le travail a payé. À l'inverse, si c'est mal exécuté, c'est qu'on ne l'a pas assez ou mal travaillé. Enfin, il y a la réussite chiffrée des buteurs. Je prends l'exemple de Marius Domon à Toulon, avec qui je travaille depuis six ans : il tournait à 94 % de réussite la saison dernière sur plus de 30 tentatives. Il y a six ans, le chantier était vaste. À force de travail, il est devenu un buteur hyper fiable.
Et vous, où avez-vous le plus progressé depuis vos débuts ?
Sur mon approche tactique et ma façon d’amener mes exercices. Cela fait six ans que je suis à Toulon : si je répétais toujours les mêmes ateliers, les joueurs se lasseraient. Il faut apporter de la nouveauté. Aussi, je ne me cantonne pas au jeu au pied : j'interviens aussi sur les trois-quarts. Ces trois dernières années, Andrea (Masi) me laissait beaucoup la main sur les situations de surnombre ou des compétences hors kicking. Cette saison, Franck (Azéma) m'accorde encore plus de responsabilités : nous échangeons énormément sur les lancements de jeu, les lancements après mêlée et la conception des séances. C'est capital pour mon développement de coach global, et ça nourrit directement ma spécialité. J’ai la chance d’avoir côtoyé des managers de très haut niveau depuis mes débuts à Toulon — de Patrice (Collazo) qui m’a fait venir, jusqu’à Pierre (Mignoni) et Franck. J'essaie de picorer le meilleur partout. Mon objectif est d'être le meilleur dans mon domaine, que ce soit avec Toulon ou le XV de France, et toutes ces expériences m'enrichissent énormément.
Il va falloir que je travaille ma pointe de vitesse pour amener le tee !
Vous “picorez” dans les autres sports aussi ?
J’avais beaucoup échangé avec Fred Michalak lorsqu'il entraînait avec moi à Toulon. Il s’inspirait énormément du rugby à XIII et de l'AFL (football australien) et m’avait montré des choses très enrichissantes. Pendant la tournée en Australie, j'ai vu mes premiers matchs de XIII en vrai. C'est intéressant d'observer leur gestion de la cinquième tenue, où le coup de pied est obligatoire : il y a des astuces, surtout près des zones de marque, dont je vais m'inspirer. L'AFL est une mine d'or, particulièrement pour travailler les réceptions de ballons hauts, un secteur sur lequel je bosse aussi beaucoup à Toulon.
En quoi votre apprentissage à Toulon vous a servi pour cette expérience avec le XV de France ?
La manière dont je travaille à Toulon fonctionne bien, donc je n'ai pas voulu dénaturer mon approche en sélection. Au RCT, j'ai la chance de côtoyer au quotidien des joueurs de classe mondiale comme Melvin Jaminet, Baptiste Serin, Tomás Albornoz ou Paolo Garbisi. Avec le XV de France, on franchit encore un cap, mais le très haut niveau reste similaire. La grande différence, c'est qu'en club, on doit aussi développer de jeunes joueurs. En sélection, tu n’es pas là pour former des joueurs de cette classe : on est exclusivement dans le réglage de micro-détails. Et puis, je ne suis pas arrivé les mains dans les poches non plus. Avant le rassemblement, j'avais analysé le jeu de chaque joueur. Dès les premiers échanges, quand je leur citais une situation bien précise sur un match récent pour leur montrer ce qui pouvait être ajusté, ils ont compris que j'avais bossé mon sujet, j’étais plus crédible.
Pour évoquer un peu la saison à venir avec Toulon, il y a la mise en place de la nouvelle limitation de 45 secondes accordée aux buteurs cette année. Comment allez-vous adapter vos joueurs ?
Déjà, il va falloir que je travaille ma pointe de vitesse pour amener le tee ! Quinze secondes en moins, c'est chaud, donc le porteur de tee n'a pas le droit de dormir. Surtout si la transformation se tente à l'opposé. Pour les joueurs, cela ne change pas leur routine de tir, mais il va falloir bien les sensibiliser. Terminé les longues célébrations avec les copains devant la tribune : avant, sur 60 secondes, en perdre 20 laissait encore du temps. Avec 45 secondes, si tu en gâches 20 à fêter l'essai, il ne te reste plus que 25 secondes pour frapper. L'enjeu sera là : qu'ils se mettent très vite dans leur bulle et fassent redescendre leur rythme cardiaque au plus vite pour arriver le plus frais possible face au ballon.
Cet été, la tournée n'empiétait pas sur le calendrier du RCT. En novembre, ce sera le cas. Comment allez-vous gérer cette situation avec Toulon ?
Il ne reste que quelques détails à régler, mais l'accord est là : le club me libère pour la fenêtre d'automne ainsi que pour le Tournoi des Six Nations. Les trois parties — la FFR, Toulon et moi-même — sont en train de finaliser les dernières modalités de ma mise à disposition. Il était bien sûr hors de question de quitter Toulon. J'ai envie de m'inscrire dans le projet et qu'on fasse une grosse saison. Je suis conscient d’avoir beaucoup de chance d'avoir Pierre, Franck et un président qui acceptent que je poursuive l'aventure avec le XV de France.
Vivre ces moments avec le XV de France pour le Tournoi des 6 Nations, ça doit avoir une saveur particulière, non ?
Déjà, lors de la tournée de novembre, je vais vivre mes premiers matchs au Stade de France avec tout l'engouement que cela suscite. Que ce soit pour cet automne ou pour le Six Nations, ça va être quelque chose d'exceptionnel. Aller affronter l'Irlande ou jouer à Twickenham, c'est fabuleux.
Maintenant que vous connaissez l'Australie, envisagez-vous d'y retourner dans un peu plus d'un an pour la Coupe du monde ?
Écoutez, j'aimerais bien ! (rires)
Ce n'est pas encore en discussion ?
Non, pas encore. L'idée est là, mais le RCT voulait d'abord qu'on se cale avec la Fédération pour la saison en cours — savoir si l'équipe de France me voulait uniquement pour novembre ou aussi pour le Tournoi des Six Nations —, afin d'organiser le fonctionnement du club en mon absence. C'est quasiment bouclé pour cette saison. La Coupe du monde en Australie se jouera sur la saison 2027-2028, ce sera donc une autre négociation entre la Fédé et le club. Mais évidemment, maintenant que j'ai croqué dans le gâteau, j'ai envie d'aller au bout de l'aventure !
Quel regard portez-vous sur tout ce chemin parcouru ?
Évidemment, c'est une grande fierté pour moi et pour ma famille. Mais je n'ai jamais voulu brûler les étapes. Je me souviens que sur la saison 2020-2021, je faisais les allers-retours chaque semaine entre Aurillac et Toulon : je partais le mardi à 16 h après l'entraînement, je faisais 5 h 30 de route pour arriver à 23 h à Toulon, et après ma journée au RCT le mercredi, je rentrais le soir même. Je n'avais aucun jour de repos, ça a été mon quotidien pendant un an, avant de m'installer définitivement à Toulon à temps plein avec ma famille en 2021-2022. Il faut savoir ce qu'on veut. Si on veut progresser et avoir encore plus, il faut travailler. Peut-être que si je n'avais pas fait ces efforts quand j'étais à Aurillac, je n’en serais pas là.
Et vous en êtes là...
Ce parcours, je le dois aussi à Toulon, et en particulier à Patrice Collazo qui est venu me chercher alors que j'étais en Pro D2 à Aurillac. C'était un superbe témoignage de confiance, et c'est aussi grâce à lui que j'en suis là. Je dois énormément au RCT : si j'avais été dans un autre club, peut-être qu'on ne m'aurait jamais libéré pour rejoindre les Bleus. J'en suis pleinement conscient. Mon ambition reste la même : continuer à progresser pour devenir le meilleur dans mon domaine et leur rendre la monnaie de leur pièce.