Guerre au Moyen-Orient, jour 134 : Donald Trump menace de « détruire » l’Iran ; frappe sur le Liban

Guerre au Moyen-Orient, jour 134 : Donald Trump menace de « détruire » l’Iran ; frappe sur le Liban

► Trump menace de « détruire complètement » l’Iran s’il tente de l’assassiner

La journée du samedi 11 juillet a commencé sous une pression maximale du président américain Donald Trump qui a menacé vendredi de « décimer et détruire complètement » l’Iran si le gouvernement de ce pays essayait de le faire assassiner.

« 1 000 missiles sont prêts à tirer et pointés vers la République islamique d’Iran, et des milliers d’autres suivront immédiatement si le gouvernement iranien met à exécution sa menace, proclamée aux quatre coins du globe, d’assassiner ou de tenter d’assassiner le président en exercice des États-Unis d’Amérique, c’est-à-dire MOI ! », a écrit Donald Trump sur son réseau social Truth.

« Les ordres ont déjà été donnés, et l’armée américaine est prête, disposée et capable, pendant une période d’un an, susceptible d’être prolongée, de décimer et de détruire complètement toutes les régions d’Iran », a-t-il ajouté.

►Le guide suprême iranien affirme dans un message que «la vengeance doit s’accomplir inévitablement»

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a juré de venger la mort de son père, Ali Khamenei, tué fin février dans des frappes israélo-américaines, affirmant dans un message écrit diffusé samedi que cette vengeance devait « s’accomplir, inévitablement ».

Dans ce texte daté de vendredi, premières déclarations depuis les funérailles de son père organisées cette semaine, il a promis de venger « le sang pur » de l’ancien dirigeant ainsi que celui « de tous les martyrs » des « deux guerres » ayant opposé la République islamique à Israël et aux Etats-Unis, accusant des « assassins criminels et déshonorants ». Les noms des personnes visées « figurent sur une liste », a-t-il assuré.

► L’Iran dit avoir « tenu parole », Trump maintient que le cessez-le-feu est « terminé »

Les médiateurs entre l’Iran et les États-Unis ont dans le même temps tenté samedi de remettre la diplomatie sur les rails après un nouvel accès de violence, sur le terrain comme dans les mots, malgré le protocole d’accord signé en juin entre les deux pays ennemis.

L’Iran a affirmé samedi avoir « tenu parole » vis-à-vis des États-Unis depuis la signature d’un protocole d’accord de cessez-le-feu. Pourtant, les affrontements ont repris mardi entre Iraniens et Américains. Les frappes échangées depuis par les deux ennemis ont été les plus importantes depuis la signature le 17 juin d’un protocole d’accord visant à trouver une fin définitive à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l’Iran.

Donald Trump a de nouveau affirmé vendredi soir que ce cessez-le-feu était « terminé », tout en acceptant de continuer à parler avec Téhéran. « La République islamique d’Iran nous a demandé de continuer + les discussions +. Nous avons accepté de le faire, mais les États-Unis leur ont signifié, en des termes sans équivoque, que le cessez-le-feu était TERMINE ! », a déclaré le président américain.

Téhéran « n’a fait aucune demande », a tenu à rectifier le porte-parole de la diplomatie iranienne, tout en annonçant que M. Araghchi se rendrait samedi à Oman pour évoquer le détroit d’Ormuz, passage maritime stratégique au cœur du différend avec les États-Unis.

Téhéran autorise un seul couloir de navigation, le long de ses côtes, et exclut tout retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage était gratuit dans ce détroit par lequel transitait en temps normal un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures.

► Liban : au moins un mort dans une frappe israélienne dans le sud

Une frappe israélienne a fait un mort dans la nuit de vendredi à samedi dans le sud du Liban, a annoncé un média d’État libanais, malgré une trêve avec le mouvement pro-iranien Hezbollah en vigueur depuis juin. « Un jeune homme de la ville de Nabatiyé est tombé en martyr dans un raid mené par un drone ennemi qui l’a ciblé cette après-midi, alors qu’il roulait à moto », a indiqué l’agence de presse libanaise ANI.

Elle a fait état d’autres frappes dans la zone. L’armée israélienne a indiqué de son côté avoir tué dans la région de Nabatiyé deux individus. Dans un communiqué, elle a expliqué avoir conduit une frappe aérienne contre « un terroriste du Hezbollah qui opérait près d’un point d’accès à une infrastructure terroriste souterraine sur la crête d’Ali al-Taher ». La crête d’Ali al-Taher se situe près de la ville de Nabatiyé, dans une zone du sud du Liban où l’armée israélienne maintient des troupes.

Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 21 juin, avant la signature le 26 d’un accord-cadre entre le Liban et Israël en vue d’une « paix durable ». L’accord-cadre prévoit que l’armée libanaise commence à se déployer dans des zones dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

Des discussions entre responsables israéliens et libanais sont également prévues à Rome les 15 et 16 juillet sous médiation américaine. Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars en soutien à Téhéran, est opposé aux négociations directes avec Israël et refuse d’être désarmé.