Guerre en Ukraine. Boris Johnson et l'ex-directeur de la CIA près du train frappé par un drone russe

Guerre en Ukraine. Boris Johnson et l'ex-directeur de la CIA près du train frappé par un drone russe

Ils ont échappé de peu à une frappe russe. L'ancien Premier ministre britannique Boris Johnson et l'ex-directeur de la CIA David Petraeus se trouvaient dimanche dans une gare de l'ouest de l'Ukraine peu avant qu'un drone russe ne frappe un train de voyageurs à destination de Varsovie, a annoncé l'opérateur ferroviaire ukrainien Ukrzaliznytsia.

« Peu avant que la locomotive ne soit touchée à la frontière ukraino-polonaise, un train diplomatique se trouvait en gare de Yagodyn », a précisé la compagnie. À son bord figuraient « des conseillers en sécurité de plusieurs États membres de l'UE et d'anciens dirigeants européens », dont Boris Johnson. David Petraeus, lui, était installé dans un autre train stationné dans la même gare « au moment même de l'attaque ». La compagnie n'a d'ailleurs pas exclu que ce convoi diplomatique ait pu être la cible visée par le drone russe. Selon elle, l'engin avait été repéré à l'avance par le centre de surveillance et un ordre d'évacuation avait été lancé une quinzaine de minutes avant l'impact, ce qui a permis d'éviter des victimes.

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Une « attaque systémique » contre le rail

La scène s'est déroulée en pleine offensive aérienne russe. Ukrzaliznytsia avait averti un peu plus tôt qu'une « attaque systémique » visant le rail était en cours dans le pays, appelant les usagers à se préparer à d'éventuelles évacuations, une procédure devenue courante face à des frappes de plus en plus fréquentes. Le train visé, qui reliait Kiev à Varsovie avec 206 passagers à son bord selon la compagnie polonaise PKP Intercity, a été touché à sa locomotive à deux kilomètres de la frontière avec la Pologne, membre de l'Otan. Il devait poursuivre son trajet avec plus de six heures de retard, sans faire de victime.

Le président Volodymyr Zelensky a dénoncé une frappe « délibérée ». « Tous les services nécessaires sont à pied d'œuvre près de la frontière polono-ukrainienne, dans la région de Volhynie, où les Russes ont délibérément incendié une locomotive et endommagé une station-service », a-t-il déclaré. Selon une porte-parole du ministère polonais de l'Intérieur, Karolina Galecka, le drone a frappé une station-service de la ville de Yahodyn, à deux kilomètres de la frontière, faisant prendre feu à deux camions. Un autre engin est tombé près du poste-frontière de Dorohusk-Yagodyn, côté ukrainien. Ailleurs, des frappes russes ont endommagé des infrastructures ferroviaires dans la région de Vinnytsia (centre-ouest) et fait au moins deux morts à Kramatorsk (est), selon les autorités ukrainiennes.

Le train visé par un drone ce dimanche. Photo X/Ukrainian Emergency Service DNS.GOV.UA

Le train visé par un drone ce dimanche. Photo X/Ukrainian Emergency Service DNS.GOV.UA

« La terreur russe est à l'intérieur de la maison »

Reçu à Kiev, le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski a réagi aux côtés de son homologue ukrainien. « La terreur russe ne fait pas que frapper à la porte, elle est à l'intérieur de la maison », a-t-il lancé, voyant dans ces frappes une « nouvelle escalade dans l'éventail des activités russes ». Il a cité la découverte début septembre d'un drone explosif à l'aéroport de Leipzig, incident imputé à Moscou par Berlin. « La terreur de Poutine frappe littéralement à la porte de l'Union européenne et de l'Otan », a abondé le ministre ukrainien des Affaires étrangères, réclamant « des sanctions sévères, un soutien militaire accru à l'Ukraine et une pression maximale sur la Russie ».

À Varsovie, le Premier ministre Donald Tusk a réuni une cellule de crise et prévenu que les prochaines semaines seraient marquées par des « actions très intensives du côté russe ». La Pologne « ne peut pas exclure que cette escalade touchera également » son territoire, a-t-il averti.

Moscou revendique des cibles « militaires »

De son côté, le ministère russe de la Défense a assuré avoir visé des « infrastructures ferroviaires » de l'ouest de l'Ukraine servant à « transporter des cargaisons militaires » depuis des pays européens, sans évoquer le train de voyageurs.

Ces attaques surviennent une semaine après la visite d'émissaires américains à Moscou et à Kiev, destinée à relancer les négociations menées sous l'égide de Washington. Volodymyr Zelensky dit tabler sur une reprise de pourparlers tripartites dès septembre, après les élections parlementaires russes, quand le Kremlin n'exclut pas le mois d'octobre. L'Ukraine a de son côté intensifié ses frappes de longue portée sur le sol russe, notamment contre des raffineries, qu'elle présente comme une riposte aux bombardements. Un mode d'action que Donald Trump a jugé dimanche contre-productif : « Qu'il s'en prenne à des cibles, mais pas au diesel, parce qu'il provoque une pénurie de diesel. »