« Il faut que ça démarre dès à présent ! » : battu lors de ses deux premiers matchs, le RCT se rend affamé à Castres et compte bien (enfin) lancer sa saison
Le temps des promesses est révolu. Car, après avoir affiché haut et fort leur volonté de rester invincibles à domicile, pour finalement échouer dès leur première sortie à Mayol, les Toulonnais se sont promis de ne plus se faire de promesses. Finis les grands discours de courage et d’abnégation, les coéquipiers de Lewis Ludlam veulent désormais prouver sur le terrain. Et après deux défaites face à Bayonne (26-27) puis La Rochelle (20-21), ce n’est pas uniquement des points que Toulon veut rapporter de Castres, mais des certitudes et du caractère.
Vous aimez les chiffres ? En voilà un : le RCT n’a plus démarré une saison de Top 14 par trois revers de rang depuis… 2005-2006. À l’époque, il en avait même enchaîné six, et avait fini par retrouver le ProD2 en fin de saison. Mais les deux époques n’ont rien de comparables, les effectifs non plus. Et quand ce Toulon vintage savait qu’il allait lutter pour son maintien toute la saison, ces Rouge et Noir 2026-2027 se doivent de relever le col pour recoller immédiatement au peloton de tête. Laisser cette série de trois défaites de rang dans les archives, balayer les doutes nés à Bayonne et contre La Rochelle à Mayol, et retrouver la marche avant.
« Ces deux défaites nous impactent, mais il ne faut pas que ce soit la fin du monde, tranchait en conférence de presse Pierre Mignoni. Je crois que ce serait une erreur de tout vouloir dramatiser ou révolutionner quand on perd deux fois d’un point. Tout n’est pas à garder, tout n’est pas à jeter. »
« Regarder la situation sans émotion »
Ne pas céder ni à l’ivresse d’une série de victoires, ni à la sinistrose d’une série de (deux) défaites. Mais plutôt « regarder la situation sans émotion, pour ne pas être dans la panique ou dans l’euphorie. La priorité, c’est de regarder la réalité telle qu’elle est », abondait de son côté le nouveau capitaine Lewis Ludlam, au soir de la défaite face à La Rochelle.
Alors, pour (enfin) lancer leur saison, les Toulonnais savent exactement ce qu’ils devront mieux faire à Castres. Être plus propres dans les rucks ? Plus efficaces en zone de marque ? Mettre plus de mouvement autour du dix ?
Relever la tête et repartir au combat 🤜🤛#ParceQueToulon pic.twitter.com/o6npDjQpR2
— RCT – Rugby Club Toulonnais (@RCTofficiel) September 14, 2026
Habituellement si prompt à discuter de stratégie, Pierre Mignoni a cette fois décidé de ne pas trop en dévoiler : « Je n’ai pas trop envie de revenir là-dessus, car cela donne des forces à l’équipe adverse. La seule certitude, c’est qu’il nous en manque un peu à la fin. » Pour ne pas donner de cartouche gratuite aux Castrais. Et pour ne pas faire de promesses, encore une fois.
Les points perdus qu’on ne rattrape plus
« Sans trop en dire, il faudra qu’on organise mieux notre jeu d’attaque. Contre Bayonne et La Rochelle, on a passé beaucoup de temps dans les 22 mètres adverses, mais on a souvent manqué de patience, se montrait un peu plus prolixe le revenant Tomás Albornoz en début de semaine. Je pense par exemple qu’il faut qu’on prenne plus de profondeur, ce qui nous donnera plus de temps et nous permettra de mieux voir le jeu… Mais surtout, et ça, ce n’est pas de la tactique : il ne faut pas s’inquiéter. Ce n’est que la troisième journée, la saison va être longue, et on aura le temps de rattraper ces points oubliés en route. En revanche, il faut que ça démarre dès à présent ! »
La révolution n’est donc pas à l’ordre du jour. Ni nécessaire après deux journées. Mais ce RCT n’a plus de temps à perdre. Pierre Mignoni avait promis qu’il alignerait « 23 guerriers » à Castres. À Lewis Ludlam, Mikheili Shioshvili, Patrick Tuifua, Ben White et consorts de prouver qu’ils ont reçu le message cinq sur cinq. Après les paroles, place aux actes.