" Il m'a fait venir en France puis m'a piégée" : Hector, surnommé "Cash Money", a-t-il prostitué son ex-compagne venue tout droit de République dominicaine ?

" Il m'a fait venir en France puis m'a piégée" : Hector, surnommé "Cash Money", a-t-il prostitué son ex-compagne venue tout droit de République dominicaine ?

l'essentiel EXCLUSIF. Le procès d'un réseau présumé de proxénétisme opérant entre Toulouse et Albi s'est ouvert ce vendredi 24 juillet 2026 devant le tribunal correctionnel toulousain, avant d'être immédiatement renvoyé à la demande de la défense. Au cœur du dossier : Hector, alias "Cash Money", un trentenaire accusé d'avoir asservi une jeune femme dominicaine sous prétexte d'un "loyer" hebdomadaire. Alors que ce dernier nie toute exploitation, l'enquête met au jour un système bien rôdé impliquant sa propre tante. Retour sur une affaire complexe où se mêlent emprise, violence et révélations judiciaires.

Dix euros par-ci, cinquante euros par-là, et un « loyer » imposé de 300 euros par semaine. Pour Yocasta, une Dominicaine de 37 ans, l'arrivée à Toulouse fin 2019 devait marquer le début d’une nouvelle vie. Elle est tombée dans un piège. Poussée à la prostitution, surveillée et parfois frappée, la trentenaire a fini par pousser la porte du commissariat pour dénoncer ses tortionnaires.

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Ce vendredi 24 juillet 2026, l'affaire devait se régler devant les juges toulousains. Mais à l'audience de comparution immédiate, les avocats de la défense, Me Alexandre Parra-Bruguière et Me Camélia Dilmi, ont demandé le renvoi du dossier pour pouvoir préparer convenablement la défense de leurs clients. 

Le « Cash Money » de la Mounède

Les débats se concentreront notamment sur le profil du principal suspect, Hector, 30 ans, surnommé le « Cash Money » de la Mounède. Dans la communauté dominicaine de la Ville rose, le jeune homme est décrit par certains comme celui qui « gérait les filles ». Déjà connu pour des faits de violence, ce colosse au profil atypique nie pourtant tout en bloc.

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Face aux enquêteurs de la Brigade de répression du banditisme, le prévenu assure n'avoir jamais profité de l'argent de son ex-compagne. Selon lui, la relation était simplement conflictuelle et la jeune femme se serait blessée seule lors de bagarres dans des bars.

Un passif criminel sous le feu des projecteurs

Ce dossier de proxénétisme n'est d'ailleurs pas son seul rendez-vous avec la justice : Hector est également renvoyé devant la cour d'assises de Haute-Garonne pour des braquages de prostituées, un second dossier dont le procès est prévu pour le mois de novembre 2026.

La tante d'Albi

L'enquête, reprise en février 2025 par la Division de la Criminalité Organisée (DCOS), a aussi ciblé Merkis, 44 ans, la tante d'Hector. Retrouvée par la police dans un logement d'Albi, elle est soupçonnée d'avoir servi de « bras droit ». C'est elle qui aurait loué l'appartement de la rue Simone-Boudet et rédigé les petites annonces sur la plateforme en ligne Wannonce.

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Mais là encore, les zones d'ombre sont nombreuses. Lors de sa garde à vue, la quadragénaire a affirmé qu'elle avait seulement voulu aider une amie. Elle a même expliqué s'être elle-même prostituée par nécessité financière, réfutant l'image d'un réseau structuré.

Une clé sous scellé

Le 21 juillet, les policiers sont passés à l'action à Castelginest et à Albi. Lors des perquisitions, plusieurs téléphones ont été saisis. Problème : Hector a catégoriquement refusé de donner ses codes de déverrouillage. Un mutisme qui lui vaut de nouvelles poursuites pour refus de remettre une clé de cryptologie.

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Entre accusations de prostitution forcée et soupçons de règlements de comptes sur fond de jalousie, l'affaire s'avère bien plus complexe qu'il n'y paraît. Les juges toulousains devront démêler ces versions contradictoires lors de la prochaine audience, le 17 septembre. En attendant, les prévenus sont placés sous contrôle judiciaire.