« Il m’a murmuré ‘encore un peu plus profond’, alors que j’allais vomir » : Carl, un dentiste belge, va être jugé pour des années de « fétichisme de la gorge »

« Il m’a murmuré ‘encore un peu plus profond’, alors que j’allais vomir » : Carl, un dentiste belge, va être jugé pour des années de « fétichisme de la gorge »

Ce sont des faits glaçants qui risquent de faire énormément parler dans le pays. Carl, un dentiste belge de 73 ans, sera jugé mercredi pour des faits liés à des années de « fétichisme de la gorge ». En effet, durant des années, des dizaines de patientes auraient été agressées après que le dentiste leur a imposé d’étranges « désinfections de la gorge ».

L’affaire a éclaté lorsqu’une des patientes a décidé de témoigner début mars 2025 auprès de la police. Comme le révèle HLN, elle se serait présentée après une consultation particulièrement troublante avec Carl S ...

Une consultation « troublante »

Selon son témoignage, le praticien lui aurait enfoncé profondément deux doigts dans la gorge alors qu’elle était allongée dans le fauteuil. Elle aurait également senti des mouvements suspects avec son autre main.

« À un moment, j’ai brusquement demandé qu’il arrête et je me suis redressée. Il s’est senti pris sur le fait. Était-il en train de se masturber avec cette main ou est-ce que je me faisais simplement des idées ? », raconte-t-elle.

La femme n’avait pourtant pas porté plainte immédiatement. Elle avait raconté les faits à une connaissance et décidé de ne plus retourner chez le dentiste. « Je me sentais coupable de le soupçonner de quelque chose sans en avoir la preuve », explique-t-elle. Jusqu’au jour où elle a appris l’arrestation de Carl S. dans la presse.

Il m’a murmure ‘encore un peu plus profond’, alors que j’allais vomir 

Des dizaines de témoignages

Après le premier signalement, les témoignages se sont multipliés. Des dizaines de patientes ont contacté la police. Certaines affirment avoir subi ces pratiques il y a plus de vingt ans.

Les femmes décrivent un scénario similaire : Carl S. les installait dans le fauteuil, souvent en dehors des heures habituelles de consultation, avant de leur expliquer qu’elles avaient trop de mucus dans la gorge et que cela pouvait nuire à leurs gencives.

Il leur enfonçait ensuite ses doigts ou une spatule profondément dans la gorge, provoquant parfois des haut-le-cœur. Lorsqu’elles manifestaient leur malaise, il les rassurait, leur caressait le cou ou la joue et leur demandait parfois de tenir bon.

« Il m’a murmuré ‘encore un peu plus profond’, alors que j’allais vomir », affirme même l’une des victimes. Le praticien, qui avait construit une solide réputation après une longue carrière, aurait ainsi bénéficié de la confiance de ses patientes. « Qui étions-nous pour remettre en question ses connaissances médicales ? », résume l’une d’elles.

Des images saisies

L’enquête a pris une autre dimension lorsque les policiers ont perquisitionné le domicile du dentiste ainsi que son cabinet à Wilrijk. Le cabinet était équipé d’un système de caméras. Carl S. affirmait réaliser des images des « désinfections de la gorge » à des fins d’étude.

Mais certaines images saisies par les enquêteurs seraient particulièrement compromettantes. Sur l’une d’elles, une patiente est allongée dans le fauteuil tandis que Carl S. se trouve derrière sa tête. Il introduirait une spatule profondément dans sa gorge tout en se masturbant avec son autre main, hors du champ de vision de la patiente.

Lorsque celle-ci se redresse soudainement, il aurait rapidement dissimulé son sexe sous l’appui-tête du fauteuil.

Les soupçons circulaient déjà

Plusieurs témoignages font également état de rumeurs qui circulaient depuis longtemps dans le milieu médical.

« Dès les années 1990, des collègues avaient entendu parler des examens étranges pratiqués par Carl S. », affirme une victime. Une autre raconte même avoir évoqué son expérience auprès d’un professionnel paramédical sans donner le nom du dentiste. Celui-ci lui aurait immédiatement demandé : « Vous parlez de Carl S. ? »

Certaines patientes ayant subi des opérations pratiquées par le dentiste dans un hôpital de Wilrijk ont par ailleurs rapporté des douleurs dans la région intime après leur intervention. Lors des contrôles suivants, elles auraient dû se déshabiller complètement. Ces éléments font également partie des témoignages recueillis dans le cadre de l’enquête.

Dix ans de prison

Carl S. doit désormais répondre devant le tribunal correctionnel de plusieurs chefs d’accusation, dont atteinte à l’intégrité sexuelle, viol, possession d’images d’abus sexuels sur mineurs et traitement dégradant d’une personne vulnérable.

Le septuagénaire aurait reconnu une partie importante des faits qui lui sont reprochés. Il nie en revanche certains éléments, notamment la possession d’images d’abus sexuels sur mineurs, alors que des photos ont été retrouvées sur son ordinateur.

Son avocat devrait notamment mettre en avant la prise de conscience de son client, qui aurait entamé une thérapie après sa libération.

La question de la peine s’annonce toutefois complexe. Certains faits remontent à une vingtaine d’années, à une époque où les infractions sexuelles concernées étaient moins sévèrement punies. Avec le nouveau Code pénal, ces faits peuvent aujourd’hui entraîner une peine de cinq à dix ans de prison, voire une mesure de traitement sous privation de liberté de quatre à six ans. Des circonstances atténuantes pourraient toutefois conduire à une peine moins lourde.

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