"Il n'y a pas de fermeture du détroit de Bab el Mandeb": les Houthis précisent leur stratégie après l'attaque de pétroliers saoudiens
Les Gardiens de la révolution iraniens (pasdarans) ont conseillé vendredi aux populations civiles des pays où sont stationnés des soldats américains au Moyen-Orient de se tenir éloignées "à 500 mètres" de leurs bases. Après avoir encore visé celles-ci en Jordanie, au Koweït ou à Barheïn, cet avertissement confirmait que les attaques iraniennes allaient se poursuivre, tandis que les États-Unis avaient bombardé l'Iran pour la treizième nuit consécutive. Le quartier général des forces navales des pasdarans situé à Zibakenar, sur la mer Caspienne (à 350 kilomètres au nord-ouest de Téhéran), fait partie des cibles atteintes par les missiles américains. La veille, les deux belligérants avaient affirmé leur détermination à continuer la guerre, reprise à large échelle il y a deux semaines.
Donald Trump a promis à la République islamique et à leurs partenaires houthistes du Yémen une "punition majeure", après que ces derniers eurent attaqué pour la première fois, jeudi, des pétroliers saoudiens en mer Rouge. Les miliciens zaïdites appuyés par l'Iran ont pourtant précisé vendredi qu'ils n'ont pas pour objectif de paralyser le détroit de Bab el Mandeb, situé à l'extrémité sud-ouest de la péninsule arabique. "Il n'y a pas de fermeture de Bab el Mandeb, comme certains le suggèrent", a déclaré Mohammed Abdusalam, un négociateur du groupe pro-iranien, ajoutant que les rebelles se limiteraient à "un blocus n'affectant que la partie saoudienne".
"La capacité de nuisance des Houthis dépasse largement le blocage de Bab-el-Mandeb"Blocus contre blocus
Véritable trait d'union entre l'Asie, l'Afrique et l'Europe (via le canal de Suez), le détroit de la "porte des lamentations" pourrait devenir le second passage maritime où les navires commerciaux sont menacés par les armes après le détroit d'Ormuz. Les Houthis avaient annoncé lundi un blocus des ports saoudiens de la mer Rouge, d'où le Royaume exporte une partie de son pétrole. L'Iran tente de faire pression sur les alliés des États-Unis en bloquant leurs exportations d'hydrocarbures, alors que ses ports font eux-mêmes l'objet d'un blocus américain dans le golfe Persique.
Le président américain a également annoncé que les États-Unis allaient utiliser des fonds iraniens gelés pour rembourser les dégâts sur les navires touchés dans le Golfe. Une proposition qualifiée de "précédent incendiaire" par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui dénonçait la veille une attitude "irrationnelle" de Washington.
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