Ils n'ont pas été autorisés à lui rendre visite: l’état de santé alarmant d’un Américain détenu en Russie inquiète ses proches

Le drapeau russe flottant devant un des tours du Kremlin à Moscou (Russie) le 26 février 2022. - Photo par ALEXANDER NEMENOV / AFP
Incarcéré depuis 2022, l’ancien Marine Robert Gilman est hospitalisé dans un état critique, selon son entourage. Les autorités américaines disent multiplier les démarches auprès de Moscou.
L’inquiétude grandit autour du cas de Robert Gilman, un citoyen américain détenu en Russie depuis janvier 2022, relate CNN ce vendredi 7 août. Selon Global Reach, l’organisation qui accompagne sa famille, cet ancien Marine de 32 ans se trouve dans un état de santé extrêmement préoccupant après avoir sombré, il y a plus de six semaines, dans une forme de "stupeur dissociative".
Eric Lebson, responsable stratégique de l’organisation, affirme que le détenu est désormais alimenté par sonde dans le service psychiatrique d’un hôpital civil. Ces informations n’ont toutefois pas pu être vérifiées de manière indépendante, l’avocat de Robert Gilman et sa famille n’ayant pas été autorisés à lui rendre visite.
Sa mère s’est pourtant déplacée en Russie avec une décision de justice l’autorisant à voir son fils. Depuis le transfert de celui-ci hors de l’établissement pénitentiaire où il était initialement soigné, aucune rencontre n’aurait été permise, nourrissant les craintes quant à son état réel.
Washington demande une libération humanitaire
Global Reach accuse les autorités russes d’avoir soumis Robert Gilman à des violences physiques et psychologiques. D’après Eric Lebson, des médicaments psychotropes lui ont été administrés de force. Le détenu aurait également été confronté à de fausses affirmations selon lesquelles sa famille aurait été agressée et les États-Unis l’auraient abandonné.

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Sa sœur, Lexie Hudson, redoute désormais de ne jamais le revoir vivant. Dans une déclaration transmise aux médias, elle appelle Washington à obtenir sa libération sans délai, estimant qu’un accord avec Moscou serait préférable à une issue mortelle en détention.
La famille évoque notamment le précédent d’Otto Warmbier. Cet étudiant américain avait été rapatrié de Corée du Nord en 2017 avec de graves lésions cérébrales, après dix-sept mois de détention. Il était décédé quelques jours après son retour aux États-Unis.
Le département d’État américain dit être "profondément préoccupé" par la santé de Robert Gilman et par la poursuite de sa détention.
"Compte tenu de ces préoccupations sanitaires, le gouvernement américain a évoqué son cas à plusieurs reprises auprès du gouvernement russe et a demandé sa libération pour des raisons humanitaires", a précisé un porte-parole.
D’après la famille, le secrétaire d’État Marco Rubio a également abordé son cas avec son homologue russe Sergueï Lavrov lors d’une rencontre organisée aux Philippines à la fin du mois de juillet.
Deux versions de son arrestation
Robert Gilman a été interpellé en janvier 2022. Les autorités russes soutiennent qu’il était ivre lorsqu’il s’en est pris à un policier. Il a ensuite été condamné à quatre ans et demi de prison pour cette agression.
Ses représentants contestent cette version. Ils affirment que le jeune homme a d’abord été frappé par des policiers, avant de donner involontairement un coup de pied à l’un des agents.
Son cas s’inscrit dans une série d’arrestations de citoyens américains en Russie, parmi lesquels plusieurs anciens militaires. Trevor Reed et Paul Whelan, tous deux ex-Marines, ont notamment été détenus par Moscou avant d’être libérés dans le cadre d’échanges de prisonniers.

Plusieurs Américains restent aujourd’hui incarcérés sur le territoire russe. Tous ne bénéficient pas de la qualification officielle de "détention abusive" accordée par le département d’État, un statut susceptible de renforcer l’implication diplomatique de Washington. Robert Gilman ne figure pas, à ce stade, parmi les détenus publiquement désignés comme tels.