« Ils peuvent enfin souffler » : après l’incendie, 70 chevaux trouvent refuge dans ce haras du Var

« Ils peuvent enfin souffler » : après l’incendie, 70 chevaux trouvent refuge dans ce haras du Var

Ils galopent à nouveau, broutent paisiblement ou profitent simplement de l’ombre des quelques arbres. À première vue, rien ne distingue ces chevaux de ceux qui vivent habituellement au haras des Suvières, à Puget-sur-Argens. Pourtant, tous portent encore les traces invisibles de journées particulièrement éprouvantes.

Il y a quelques jours à peine, ces quelque soixante-dix équidés vivaient au rythme de l’incendie qui a frappé Correns et aux alentours. Dans l’urgence, il avait fallu les évacuer, parfois en quelques dizaines de minutes seulement, les déplacer de centre équestre en boxes au gré de l’évolution du sinistre.

Mais depuis lundi 3 août 2026, ils ont trouvé bien plus qu’un simple point de chute  : un véritable havre de paix.

Dans un enclos à bovins

Les vastes prairies du haras des Suvières sont devenues leur refuge provisoire. Ici, l’herbe est abondante, l’eau ne manque pas et le calme a remplacé le vacarme des sirènes. « Ils ont retrouvé leurs repères », glissent leurs propriétaires, soulagés de voir leurs animaux enfin sereins après plusieurs jours d’inquiétude.

À l’origine de cette chaîne de solidarité, Roger Pastor, 66 ans. Le chef d’entreprise et propriétaire des lieux n’a pas hésité une seconde lorsqu’il a appris que plusieurs centres équestres devaient être évacués.

Disposant de nombreux hectares disponibles – « des lieux qui appartiennent à ma famille depuis de nombreuses générations, dont le haras que ma fille a repris dernièrement », – il a rapidement proposé d’accueillir les chevaux le temps que la situation se stabilise.

A Puget-sur-Argens, le haras des Suvières accueille les chevaux sinistrés des incendies.
A Puget-sur-Argens, le haras des Suvières accueille les chevaux sinistrés des incendies.
Florian Escoffier / Nice-matin

« On s’occupe déjà de près de 90 chevaux, recense-t-il. Mais comme nous avons de la place, c’était normal d’en accueillir 70 autres. Sur la dizaine d’hectares du haras, nous recevons ces chevaux sur 3,5 ha, dans un enclos à bovins – nos bovins sont actuellement dans un autre enclos. »

4 500 litres d’eau par jour  !

Ces chevaux, s’ils ont connu un grand stress dans la précipitation de plusieurs déménagements, ne semblent plus aujourd’hui témoigner de la moindre inquiétude.

« Ils vont avoir du mal à repartir », sourit Roger Pastor, qui met un point d’honneur à les chouchouter.

A Puget-sur-Argens, le haras des Suvières accueille les chevaux sinistrés des incendies.
A Puget-sur-Argens, le haras des Suvières accueille les chevaux sinistrés des incendies.
Florian Escoffier / Nice-matin

« Je ne suis pas le seul à avoir fait un beau geste, insiste-t-il. Les services de la Ville de Puget et la municipalité m’offrent un soutien technique. Je citerais aussi Guy Diouloufet qui nous apporte l’eau sans arrêt. Il faut 4 500 litres d’eau par jour pour toutes ces bêtes  ! »

Il faut 4 500 litres d’eau par jour pour tous les chevaux logés temporairement à Puget.
Il faut 4 500 litres d’eau par jour pour tous les chevaux logés temporairement à Puget.
Florian Escoffier / Nice-matin

Le transporteur spécialisé Patrick Rondy « est à l’initiative de cette solution chez nous, il m’avait téléphoné et j’ai tout de suite accepté. »

De plus, « une quinzaine de bénévoles en début de semaine se sont manifestés » pour aménager l’enclos afin d’accueillir ces chevaux. Si les conditions de sécurité continuent de s’améliorer, ils pourraient bien regagner leurs écuries dès ce dimanche 9 août...

Leurs propriétaires conserveront longtemps le souvenir de cette parenthèse inattendue, où, au milieu des cendres laissées par l’incendie, la solidarité a offert à leurs compagnons à quatre sabots ce dont ils avaient le plus besoin  : un peu de calme, beaucoup d’herbe... et une immense bouffée de répit.

Haras des Suvières, au 2285 chemin des Suvières, Puget-sur-Argens. Ce samedi 8 août, un spectacle équestre est proposé. Rendez-vous sur la page Facebook ‘‘Haras des Suvières’’.

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« Ici il ne manque de rien. »

Cécile et sa fille Sérafina, avec leur poney Cisco.
Cécile et sa fille Sérafina, avec leur poney Cisco.
Florian Escoffier / Nice-matin

« Je suis juste propriétaire de ce poney appelé Cisco, explique Cécile, de Correns. On l’a depuis que ma fille a 5 ans, elle en a 13 maintenant. Nous sommes heureuses d’avoir trouvé ce petit havre de paix pour notre poney ! Ici il ne manque de rien. Il a l’air de très bien se plaire ici, dans un coin de nature très vaste. Quand il a fallu vite évacuer, on était à court de solutions. On est donc très reconnaissants de cette solidarité ! »