Incendie de Crans-Montana : il avait usurpé l'identité d'un ingénieur pour pour valider les travaux de la terrasse du Constellation, un employé communal licencié
l'essentiel Inculpé après l'incendie meurtrier du Constellation, un agent communal de Crans-Montana vient d'être licencié pour falsification de documents. Il est accusé d'avoir utilisé le nom d'un ingénieur à son insu pour valider des aménagements deux semaines avant la tragédie.
Il ne retrouvera pas les bureaux de la commune de Crans-Montana (Suisse). Un employé de la commune, accusé d'avoir usurpé l'identité d'un ingénieur et d'avoir falsifié un document pour faciliter la réalisation de travaux sur la terrasse du bar Le Constellation, a été licencié. Cette décision survient quelques jours seulement après l'audition d'un ingénieur dans le cadre de l'instruction pénale sur le drame de Crans-Montana. Ce dernier, entendu par la police, affirmait que son nom avait été utilisé sans son consentement pour approuver des projets de construction.
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"Le Conseil communal regrette vivement qu'un document officiel ait fait l'objet d’un abus lié à une usurpation d'identité, a commenté François Berclaz, conseiller communal en charge des constructions à la Commune de Crans-Montana. Il est évident que le rapport de confiance avec notre collaborateur est définitivement rompu et que la faute imputable à sa pratique implique son licenciement immédiat".
Un arrangement obscur
Dans le détail, les faits remontent au mois de décembre 2025, deux semaines seulement avant l'incendie qui a causé la mort de 41 personnes lors de la nuit de la Saint-Sylvestre. Jacques et Jessica Moretti, tous deux co-gérants du bar, souhaitaient alors fermer une partie de leur terrasse. Dans ce cadre, tous deux doivent procéder à une mise à l'enquête publique. Problème : si la réalisation des plans est confiée à un dessinateur en bâtiment, ce dernier ne dispose pas du diplôme requis pour figurer comme "auteur du projet" sur la demande d’autorisation.
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Pour contourner l'obstacle, un arrangement est trouvé lors d'un échange entre le dessinateur et l'employé du Service des constructions désormais licencié. Le nom d’un ingénieur civil diplômé est alors ajouté au dossier, à son insu. Ce n'est qu'au début du mois de janvier que l'intéressé découvrira la supercherie.
Une "nouvelle gifle"
À la suite de l'audition de l'ingénieur, la commune de Crans-Montana a donc décidé de suspendre toute collaboration avec son employé, qui travaillait au sein du Service des constructions. Celui-ci faisait déjà l'objet d'une inculpation dans l'enquête pénale sur l'incendie du Constellation. L'homme, entendu le 19 mai dernier par les services de police, a admis ne pas avoir vérifié si le fumoir, inauguré par le couple Moretti au sous-sol de l'établissement en 2017, avait bien été soumis à une enquête publique, rappellent nos confrères de RTS.
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À la suite de cette affaire d'usurpation d'identité, il a été auditionné mercredi 9 septembre dernier : "À l’issue de cet entretien, le Conseil communal a pris la décision de la mise à pied du collaborateur, le temps de mener une enquête interne et de se déterminer sur la suite à donner à cette affaire". Romain Jordan, avocat de familles de victimes, parle lui d'une "nouvelle gifle" et d'un "problème de culture administrative au sein de la commune de Crans-Montana" : "Deux semaines avant le drame, on en était encore à maquiller des documents. Ça pose beaucoup de questions", ponctue ce dernier.