Incendies. Feux à Fontainebleau : ce que l'on sait du pompier volontaire qui est passé aux aveux

Incendies. Feux à Fontainebleau : ce que l'on sait du pompier volontaire qui est passé aux aveux

Il a « mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l’essence ». Un sapeur-pompier volontaire né en 2007 a reconnu avoir déclenché l’un des incendies qui ravagent actuellement la forêt de Fontainebleau, a annoncé ce mardi la procureure de Fontainebleau. Il n’a pas d’antécédents judiciaires, a précisé la magistrate. Il aurait agi à Arbonne-La-Forêt, près de l’autoroute A6. Dans ce secteur, le feu a parcouru environ 1 600 hectares en 48 heures.

Sur les six personnes placées en garde à vue pour les incendies dans le massif de Fontainebleau, un autre homme, également né en 2007, a avoué « avoir accidentellement mis le feu en jetant sa cigarette » dans le secteur de la Faisanderie, près de la ville de Fontainebleau. Là, 450 ha sont partis en fumée. « Aucun lien entre ces deux mis en cause n’a été établi » et leur garde à vue a été prolongée, a précisé la magistrate. Concernant le secteur de l’A6, « l’hypothèse d’un départ de feu susceptible d’être lié à des travaux réalisés à proximité immédiate de l’autoroute A6 fait l’objet de vérifications approfondies », a également indiqué la procureure de la République de Fontainebleau.

Quelque 800 pompiers sont mobilisés en forêt de Fontainebleau. Photo AFP /Dimitar Dilkoff

Quelque 800 pompiers sont mobilisés en forêt de Fontainebleau. Photo AFP /Dimitar Dilkoff

Un millier de personnes évacuées

Ce n’est pas la première fois que la France a affaire à un pompier pyromane. Un sapeur-pompier, ancien chef d’un centre de secours dans le Finistère, a par exemple été condamné en juin à 4 ans de prison pour avoir mis volontairement le feu à dix hangars, trois voitures et deux poubelles en 2021, rapporte Ouest-France. En Indre-et-Loire, un pompier volontaire a écopé de 12 mois ferme pour avoir allumé 6 feux de forêt entre mars et juillet 2025, selon France 3 Centre-Val de Loire. L’un des incendies avait parcouru six hectares.

Ceux de la forêt de Fontainebleau, où 8 % de la superficie est partie en fumée, est l’un des trois plus gros qu’a connu la moitié nord du pays en 20 ans. Il mobilise quelque 800 pompiers ainsi que des moyens aériens importants, une première en Île-de-France : quatre Canadair, quatre hélicoptères bombardiers et un Dash. Environ un millier de personnes ont dû être évacuées.

Après une « nuit compliquée » de lundi à mardi en raison des fortes rafales de vent, le préfet de Seine-et-Marne, Pierre Ory, espérait voir les feux être fixés dans la soirée de mardi. « La météo a évolué un peu favorablement ces dernières heures. Le vent est globalement tombé », a-t-il expliqué. Le plus gros feu « ne progresse plus » et « est contenu », mais « il faut maintenant le fixer », a confirmé sur BFMTV le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, en marge du défilé du 14-Juillet. « L’objectif principal est que, ce [mardi] soir, on puisse assurer aux populations d’être en toute sécurité dans leurs habitations », a ajouté le commandant Paul-Edouard Laurain, porte-parole du service départemental d’incendie et de secours (Sdis) 77.

Fixé, mais pas éteint

Mais fixé ne veut pas dire éteint. Un peu partout, des petits brasiers reprennent vie, facilités par le vent et « la nature tourbeuse du sol », précise Pierre Ory. « Un feu de tourbe peut se propager (dans le sol) pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines et ressurgir parfois à plus d’une centaine de mètres du feu initial », a-t-il alerté. « Le feu va durer de longues semaines », a prévenu le lieutenant-colonel Francis Comas, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, sur le plateau de LCI.

En raison de la sécheresse et des fortes températures, des incendies se déclarent tous les jours et partout sur le territoire. Mardi, un incendie s’est ainsi déclaré dans les Landes, sur une parcelle de pins âgés de 20 ans, d’après Sud-Ouest , qui précise que « l’incendie revêt un caractère très préoccupant en raison de sa propagation ». Un premier bilan faisait état de 37 hectares partis en fumée. Une centaine de pompiers étaient mobilisés, ainsi qu’un avion Dash et un hélicoptère bombardier d’eau. Au Cap Fréhel (Bretagne) et en Lozère, des feux de végétation ont en revanche été fixés.