Incendies : le "décalage entre les discours et la réalité" est "devenu inacceptable"… les pilotes de la Sécurité civile s’insurgent contre l’État
Ce lundi 24 août, le Syndicat National du Personnel Navigant de l’Aéronautique Civile (SNPNAC) a publié un communiqué dans lequel il revient sur les difficultés rencontrées par les pilotes lors des différents incendies de cet été. Il pointe notamment une communication malhonnête et une politique laxiste.
Les pilotes de Canadair veulent du changement. Alors que l’on entre dans la dernière partie de l’été, ils font comme les pompiers et reviennent sur ces derniers mois historiquement intenses. Ce lundi, le Syndicat National du Personnel Navigant de l’Aéronautique Civile (SNPNAC) a publié un communiqué dans lequel il affirme que "les destructions de cet été ne sont pas une fatalité uniquement liée aux conditions météorologiques" et rappel "la nécessité d’avoir un dispositif de lutte aéroterrestre complet et opérationnel."
"Depuis la mi-juin, les pilotes sont engagés sans relâche pour protéger les populations et les massifs forestiers. Malheureusement le nombre d’avions disponibles n’a pas été à la hauteur des enjeux. Cette situation était connue", pointe ainsi le groupe.
Une situation "insupportable"
En plus du manque d’avion, le SNPNAC fustige une communication "masquant les véritables problèmes." Les choix économiques du pays et de l’entreprise de maintenance des Beech 200, Canadair et Dash-8 sont ainsi mis en cause. "Le dispositif aérien déployé en Gironde a été présenté comme massif et suffisant en additionnant les moyens aériens sans tenir compte de leur efficacité. Seuls un Dash et deux Canadair y étaient pourtant initialement engagés", explique le syndicat qui parle d’un "recul de l’état".
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Une vidéo d’expérimentation aurait mobilisé un A400M alors qu’il était employé sur le terrain, "au moment même où chaque minute conditionnait l’évolution du sinistre."
"Le décalage entre les discours politiques et la réalité est devenu inacceptable. Il est insupportable pour les équipages qui enchaînent les missions avec des moyens dégradés. Il est insupportable pour les dizaines de milliers de sapeurs-pompiers engagés sur le terrain. Il est surtout insupportable pour les centaines de milliers de Françaises et de Français contraints d’abandonner leur domicile ou ayant perdu leur patrimoine", lance le syndicat.
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Plus tôt dans le mois, neuf syndicats de sapeurs-pompiers professionnels étaient reçus par le ministre de l’Intérieur. À l’issue de cette rencontre, ils s’étaient dits "très déçus" et avaient appelé à la mobilisation fin septembre.