Inondations – 5 ans déjà : 39 morts et 100.000 sinistrés en région liégeoise, la catastrophe du siècle !
Chacun se souvient, en région liégeoise et verviétoise, de ce tragique 14 juillet 2021. Alors que des trombes d'eau s'abattent sur la Belgique depuis plusieurs semaines déjà, sans interruption, la première quinzaine de juillet fut particulièrement intense en précipitations. Ici d'aucuns pressentent une catastrophe en observant le niveau des lacs et des rivières… mais pas de cette ampleur.
Larguant les eaux pour éviter le pire, le barrage de la Gileppe donnera le ton d'une montée des eaux sans précédents mais la Vesdre ne sera pas la seule à sortir de son lit. La Hoëgne qu'elle croise à Pepinster, l'Amblève puis l'Ourthe et la Meuse gonfleront comme jamais pour aboutir à la pire catastrophe naturelle de ce siècle en Wallonie. Dans les vallées précitées, tout qui résidait en bord de cours d'eau fut durement impacté par des inondations d'une violence inouïe, les rivières dépassant parfois de 6 mètres leur niveau habituel.
En quelques heures, 39 personnes perdront la vie, emportées par les eaux ; on estimera à près de 100.000 le nombre de sinistrés, dont près de 7.000 Liégeois et près de 4.000 Verviétois. Et alors que plus de 150.000 tonnes de déchets (sans compter les déchets "naturels") devront être stockées à Wandre (Wérihet) puis sur cette autoroute abandonnée (A 601), la Wallonie chiffrait à plus de 700 millions d'euros les dégâts.
Après Aywaille, Sprimont, Liège, Esneux et Chaudfontaine, arrêtons-nous enfin à Trooz. Proportionnellement, ce fut la commune la plus durement touchée en nombre d'habitants. Ici en effet, près d'un Troozien sur deux fut impacté par la montée des eaux. Cinq ans après, les grands chantiers sont encore en cours. Mais 2026 est assurément une année charnière.


Trois décès et 1.000 habitants perdus
Dans cette commune nichée au creux de la vallée de la Vesdre, le pire était à craindre. À Trooz en effet, de Pepinster aux portes de Chaudfontaine, les villages suivent presque tous les circonvolutions de la Vesdre, parfois de très près. Lors de la catastrophe dès lors, ce furent plus de 4.000 Trooziens (environ 2.000 ménages) qui furent touchés, "soit près de la moitié des 8.500 habitants", précise aujourd'hui le bourgmestre Fabien Beltran qui s'apprêtait voici 5 ans à traverser les pires mois de sa vie. Un chiffre parle de lui-même : "la commune a perdu plus de 1.000 habitants entre 2021 et 2022, avant de repasser la barre des 8.000 en 2024". À Trooz toujours, trois personnes ont perdu la vie, "un dû aux inondations, deux après évacuation".
En marge des vies meurtries, perdues, d'innombrables infrastructures furent aussi détruites. Des maisons donc mais aussi plusieurs dizaines de kilomètres de voiries, des places, des ponts, des berges, des écoles, des bâtiments publics (la grande majorité des bâtiments communaux) furent détruits. On pense à l'hôtel de ville, à la salle de sport de Fraipont, au FC Trooz, aux logements sociaux dont la Fenderie, à une nouvelle crèche… D'aucuns se souviennent de la saga du pont de Prayon enjambant la Vesdre sur la nationale 61, qui dut être intégralement remplacé.
Les mois, années qui suivirent ce tragique été furent (et sont toujours) nécessaires à reconstruire le plus urgent : reloger les sinistrés, réparer les ponts et les voiries, rendre accessibles les services communaux, simplement (re) vivre mais avec une difficulté majeure que Fabien Beltran a souligné à maintes reprises : comment gérer une reconstruction estimée à 60 fois le budget annuel de la commune avec moins de 50 employés ?



2026, année charnière
Cinq ans après ce drame, "énormément de chantiers de voiries et autres sont finalisés", se réjouit toutefois Fabien Beltran qui évoque un vaste plan de transformation de Trooz, en bord de Vesdre.
Ainsi, la commune a déjà racheté une quarantaine de maisons sur une liste d'environ 120 à acquérir et démolir. "Beaucoup d'études sont lancées dont les résultats arrivent maintenant", précise-t-il. "À l'échelle régionale, une cinquantaine d'interventions d'urgence (16 millions) sont achevées ; 14 chantiers structurants plus lourds sont en cours d'ailleurs dans la vallée". Et 2026 se présente comme une réelle année charnière, avec le lancement de nombreux grands chantiers : école de la Brouck, administration communale (12 à 14 millions), hall des sports, finalisation de la salle de gymnastique de Fraipont…
Précisons que le calendrier régional 2025-2029 prévoit les gros chantiers de Trooz, Verviers et Liège pour 2027 après Theux/Pepinster (2025) et Chaudfontaine/Limbourg/Eupen (2026) ; la voirie N 61 est quant à elle également prévue dans les mois à venir tout comme le nouveau commissariat de Trooz.

Une nouvelle politique d'aménagement du territoire
Comme ailleurs, le principe en matière d'urbanisme est fort logiquement de "ne pas reconstruire à l'identique", précise encore Fabien Beltran qui explique que pour Trooz, "les travaux seront définis une fois la modélisation hydraulique du bassin terminée".
On le sait toutefois déjà, l'idée est de créer des zones d'immersion, des zones tampons, d'élargir le lit de la Vesdre là où c'est possible, comme en lieu et place de l'ancienne cité de la Fenderie, pour sécuriser Trooz en aval. À l'instar du futur complexe administratif (sur pilotis), "tout nouveau bâtiment devra être hydrauliquement neutre".
Globalement, une réflexion est donc menée avec l'expertise de l'ULiège afin de cadrer les futurs aménagements en interdisant de construire en zones à risque. Et le bourgmestre de préciser enfin qu'un travail est mené sur les bassins versants "afin de réaliser des ouvrages structurants pour les prochaines crues des ruisseaux".
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