Insolite auto. Innocenti Mini, cette Mini n’était pas Britannique !

Insolite auto. Innocenti Mini, cette Mini n’était pas Britannique !

Nous sommes en Italie, en 1931, dans la région de Milan. Ferdinando Innocenti, un entrepreneur âgé alors de 40 ans, lance son entreprise éponyme de fabrication de tubes d’acier. La société va rapidement connaître un grand succès, grâce notamment à un système d'échafaudage breveté.

Malheureusement, les premiers succès d’Innocenti sont contrariés par l’arrivée de la seconde guerre mondiale. Quelques années plus tard, quand les hostilités prennent fin, une grande partie des installations de Ferdinando Innocenti sont détruites.

Mais l’entrepreneur italien ne se laisse pas abattre. Il connaît du monde, et parvient toujours assez habilement à se mettre les politiques dans la poche, sans pour autant dévoiler clairement ses opinions.

 Lambretta, le scooter italien 

Innocenti va ainsi profiter de généreuses subventions gouvernementales pour se lancer dans la production de scooters dans son usine reconstruite de Lambrette, dans la région de Milan.

C’est ainsi qu’il lance le scooter Lambretta en 1946. Une véritable révolution qui va offrir la mobilité aux masses italiennes de l'après-guerre. Il diversifie ensuite ses activités dans la fabrication de pièces automobiles et de presses à carrosserie pour des entreprises telles qu'Alfa Romeo, Fiat, Ford, Lancia et Volkswagen. 

  • Petite dehors, grande dedans. Photo Innocenti

    Petite dehors, grande dedans. Photo Innocenti

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  • Une Cooper italienne, c'est possible. Photo Innocenti

    Une Cooper italienne, c'est possible. Photo Innocenti

La production automobile 

Mais Innocenti veut passer à la vitesse supérieure et devenir constructeur à son tour. C’est un accord avec le groupe britannique BMC qui va le lui permettre. Pour Innocenti, cet accord permet de se lancer à moindre frais, sans avoir à développer de véhicule.

Pour BMC, c’est une entrée facile sur le très restrictif marché italien. En effet, en raison du taux de change très élevé de la livre sterling et des droits de douane, la seule manière, à l'époque, pour vendre ses voitures était de trouver un constructeur dans le pays ciblé et de lui céder une licence de fabrication.

En 1960 sort l'Innocenti-Austin A40 Farina, disponible en versions Berlina (berline) et Combinata (break). La 950 Spider ne tarde pas à suivre, basée sur l'Austin-Healey Sprite. 

La Mini italienne 

Après plusieurs modèles issus du catalogue BMC, Innocenti va lancer la production de la Mini en Italie à partir de 1965, à partir de kits CKD (Completely Knocked Down) provenant du Royaume-Uni.

Initialement basée sur la Mini MkI,la Mini, fabriquée en Italie, est proposée avec un moteur de 850 cm3, puis, plus tard, avec des moteurs de 998 cm3 et 1275 cm3 pour les versions Cooper et Cooper S.

La Mini italienne était globalement fidèle à son homologue britannique, mais présentait des modifications subtiles adaptées au marché italien. 

  • La Mini T visait les familles urbaines italiennes. Photo Innocenti

    La Mini T visait les familles urbaines italiennes. Photo Innocenti

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  • La Mini T était la version italienne de la Countryman anglaise. Photo Innocenti

    La Mini T était la version italienne de la Countryman anglaise. Photo Innocenti

Cooper Transalpine 

Dotée de 71 ch, de deux carburateurs et de freins à disque, la Cooper 1300 n’avait rien à envier à sa jumelle italienne. Elle s’en distinguait même avec des équipements de luxe tels que des sièges inclinables et une sellerie plus raffinée.

Le modèle 1300 Export était particulièrement prisé, grâce à sa lunette arrière dégivrante et à ses sièges au design unique qui le distinguaient des autres Mini. Alors que les modèles Cooper S britanniques étaient équipés de deux réservoirs de carburant, les Cooper italiennes utilisaient un seul réservoir plus grand.

Innocenti a également apporté d'autres modifications pour répondre aux préférences italiennes, comme des rangements inclinés pour les passagers arrière afin de permettre l'inclinaison des sièges. 

Des Mini qui prennent leur indépendance

Au fil des années, les Mini Innocenti sont de plus en plus italiennes. Le constructeur transalpin commence à fabriquer localement une part importante des panneaux de carrosserie et apporte même des modifications comme des plaques d'immatriculation arrière carrées, des découpes pour les clignotants latéraux et une garniture intérieure repensée. Autant de changements qui les distinguent des Mini anglaises. 

  • La Mini sera remplacée par une version de Tomaso nettement moins mignonne. photo Innocenti

    La Mini sera remplacée par une version de Tomaso nettement moins mignonne. photo Innocenti

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  • Les difficultés de BMC auront raison des Mini italiennes. Photo Innocenti

    Les difficultés de BMC auront raison des Mini italiennes. Photo Innocenti

La fin de la Mini Italienne 

En 1973, la crise du pétrole, conjuguée à la mauvaise gestion et à l'instabilité financière de British Leyland, plonge Innocenti dans la crise. Fin 1974, Alejandro de Tomaso rachète Innocenti et la production de la Mini originale diminue inexorablement.

En 1975, la dernière Innocenti Mini sort des chaînes de montage, marquant la fin d'une époque. En 1990, Fiat rachète Innocenti, dans le but d'éliminer toute concurrence pour sa future Fiat Cinquecento.

Peu après, Fiat cesse la production d'Innocenti, marquant la fin d'une marque prestigieuse qui a tant contribué à l'histoire automobile italienne. Une rumeur de plus en plus insistante évoque un retour du blason Innocenti dans les prochains mois.

Un retour qui prendrait la forme d’une série limitée sur base de Fiat Panda. Une façon de conserver les droits sur la marque italienne, afin d’éviter qu’elle ne tombe dans le domaine public.