Interview: Arnuphap Kittikul, directeur Europe de Thai Airways International

Interview: Arnuphap Kittikul, directeur Europe de Thai Airways International
Interview Arnuphap Kittikul, Directeur Europe Thai Airways International (Photo: L. Citrinot)

L’une des principales nouveautés de l’hiver 2026-2027 pour Thai Airways International concerne le marché français. Pouvez-vous donner quelques détails?

Arnuphap Kittikul– Cet hiver est très important pour Thai Airways International en Europe et la France occupe une place majeure dans notre programme. Le marché français vers la Thaïlande résiste bien à la conjoncture dans le contexte géopolitique actuel puisqu’il progresse légèrement avec près de 568 000 visiteurs entre janvier et août 2026.

À partir du 1er décembre, nous allons donc passer à deux vols quotidiens entre Paris et Bangkok. Cela permettra d’ offrir beaucoup plus de flexibilité aux passagers. Nous aurons notamment une fréquence l’après-midi et une autre le soir, ce qui permettra aux voyageurs de choisir l’horaire correspondant le mieux à leurs besoins.Le nouveau service sera assuré en Boeing 787, tandis que le Boeing 777 continuera d’opérer la première fréquence. Les deux appareils proposent notre nouveau produit à bord, avec notamment un siège en classe Affaires entièrement convertible en lit et une classe Économique offrant un meilleur niveau d’inclinaison.

L’Europe reste de fait notre première région en termes de contribution au chiffre d’affaires, avec environ 30% de nos revenus totaux. Le marché français s’inscrit donc dans cette stratégie de développement européenne.

Les voyageurs d’affaires français peuvent-ils compter sur une classe Premium Economy dans un futur proche ?

Arnuphap Kittikul– Nous n’avons pas acheté d’appareils équipés d’une cabine Premium Economy. Mais nous réfléchissons à nous doter de cette classe sur nos futurs appareils dans les prochaines années.

Quelles sont les autres augmentations de fréquences prévues en Europe ?

Arnuphap Kittikul– Nous nous renforçons effectivement sur plusieurs autres marchés importants. Sur Munich-Bangkok, nous passerons à trois vols par semaine à partir du 16 décembre, soit un programme de 10 vols hebdomadaires. Tandis que sur Zurich, nous augmenterons notre programme à partir du 16 janvier. Nous ajouterons quatre vols aux sept fréquences hebdomadaires actuelles, ce qui portera le total à 11 vols par semaine.

Arnuphap Kittikul– Elle se porte bien depuis son démarrage cet été. Amsterdam est une destination stratégique pour Thai Airways International, notamment parce qu’il est extrêmement difficile d’obtenir des créneaux à Schiphol. Notre horaire actuel n’est toutefois pas idéal. Le départ de Bangkok est programmé à 5h30 du matin, ce qui représente un véritable défi pour les passagers. Malheureusement, nous devions accepter ce créneau pour pouvoir asseoir notre présence à Amsterdam. Si nous exploitons cette ligne pendant environ six mois, nous pourrons ensuite discuter avec l’aéroport de la possibilité d’obtenir un horaire plus favorable.

Thai Airways étudie-t-elle de nouvelles destinations en Europe?

Arnuphap Kittikul– Oui. Nous cherchons notamment des destinations où la concurrence est moins importante. Madrid est par exemple une destination intéressante en raison de son importante population et de sa position stratégique dans le sud de l’Europe.
Nous avions d’ailleurs déjà desservi Madrid avant la pandémie de Covid-19 et cette destination reste l’une de nos priorités. En Asie, nous nous renforçons vers le Vietnam avec le lancement de vols sur Danang. Nous étudions également la desserte d’Okinawa au Japon.

La nouvelle politique thaïlandaise plus restrictive en matière de visas ainsi que les relations très dégradées entre la Thaïlande et le Cambodge pèsent-elles sur la demande européenne?

Arnuphap Kittikul – Dans le premier cas, nous ne constatons pas de baisse du nombre de passagers liée à la politique de visas.Pour nous, le principal défi concerne plutôt l’évolution des prix. Les tarifs hôteliers à Phuket augmentent et le coût de la vie à Bangkok progresse également. Cela peut avoir un impact sur le budget des voyageurs. La surcharge liée à la hausse des carburants exerce également une forte pression sur nos tarifs car ce dernier représente environ 40% de nos coûts d’exploitation. Nous essayons néanmoins de maintenir des prix tout compris aussi raisonnables que possible pour nos passagers.

Par rapport à la situation politique entre la Thaïlande et le Cambodge, nous constatons en effet une légère baisse de la demande, ce qui est regrettable car elle est liée à la situation politique. Nous conservons toutefois une clientèle fidèle qui continue d’utiliser notre réseau pour voyager vers le Cambodge via Bangkok. Mais cette situation est indépendante de notre volonté et nous espérons qu’elle pourra être rapidement résolue.