"Je mets jusqu'à 500 euros d'essence par mois, et si ça continue d'augmenter, je ne sais comment je vais m'en sortir" : après des vacances d'été restreintes, le prix du carburant reste élevé à la pompe

"Je mets jusqu'à 500 euros d'essence par mois, et si ça continue d'augmenter, je ne sais comment je vais m'en sortir" : après des vacances d'été restreintes, le prix du carburant reste élevé à la pompe

l'essentiel Alors que le prix du carburant ne cesse d'augmenter, en tutoyant presque les 2,30 €, les Lotois peinent à trouver des solutions pour alléger leur portefeuille. Entre des stations peu approvisionnées, un département où l'utilisation de la voiture est nécessaire et des prix qui flambent, les habitants du Lot qui viennent travailler à Cahors ont du mal à s'en sortir. Témoignage.

Les automobilistes regardent les compteurs de prix grimper aux stations-service de Cahors, dans le département du Lot, ce lundi 14 septembre. Une hausse difficile à encaisser pour les automobilistes, dont les avis sont partagés entre lassitude et exaspération. "C'est devenu presque effrayant. C'est de pire en pire, quand est-ce que ça va s'arrêter ?", confie une conductrice.

"J'ai choisi de prendre les transports depuis plusieurs mois. Je travaille dans le domaine des contrôles, et mon bureau se situe dans le centre-ville de Cahors. Avec toutes les charges fixes, le loyer, les assurances et j'en passe, 40 % de mon salaire passait dans l'essence, c'était plus possible", déclare Martine Chupario, quadragénaire de Boissières. 

En effet, depuis la fin des vacances d'été, les habitants du département du Lot reviennent au traditionnel schéma du "métro-boulot-dodo". Malgré tout, la plupart d'entre eux utilisent leur véhicule pour se rendre au travail, amener leurs enfants à l'école ou aller faire des courses. Les kilomètres s'accumulent vite. "Pendant mes vacances, j'ai vraiment restreint mes trajets en voiture. Depuis que j'ai repris le travail il y a un mois, je fais de l'essence constamment. Je dois en avoir pour 90 € chaque semaine, et à la fin du mois, ça se ressent clairement", assure Laura Renbalard, une habitante de Saint-Céré. 

Âgée de 33 ans, Laura est mère célibataire. Et les fins de mois sont assez difficiles pour elle. "J'ai l'impression que je ne travaille plus pour vivre, mais pour survivre. L'argent que je perçois va dans les charges, les courses, les activités extrascolaires de mes enfants, et maintenant dans l'essence. Tous les mois je suis à découvert, et les petits plaisirs, je n'y pense même plus", souligne-t-elle. 

Des secteurs fortement impactés

"Je suis infirmière libérale. Je me rends chez des patients toute la journée, et avec les coupes budgétaires des milieux médicaux, je dois utiliser ma voiture pas mal de fois. Je suis fatiguée de tout ça, devoir compter chaque centime", se désole Léonore, une Souillagaise de 29 ans. Diplômée depuis cinq ans, elle a choisi ce métier pour venir en aide aux autres, mais aujourd'hui elle sent la situation s'inverser. "Nous sommes beaucoup dans mon cas, les taxis, les commerciaux, les techniciens, les agriculteurs. Je m'en sors difficilement et demande parfois à mes parents de m'aider. Si ça augmente encore, je ne sais pas si je pourrai continuer de travailler dans ce milieu professionnel". 

Plusieurs stations-services de Cahors manquent de certains carburants.
Plusieurs stations-services de Cahors manquent de certains carburants. DDM Maëva Curutchet

Bruno Gédert, un père de famille de 47 ans, vit à Gramat. Ayant deux fils adolescents, il se charge de les amener au lycée, d'aller travailler et de rentrer chez lui, et ça tous les jours. "Ça représente 114 kilomètres par jour, c'est énorme. Et l'augmentation du carburant n'aide vraiment pas. Nous avons pris une semaine à la mer cet été, mais on a dû se serrer la ceinture". 

Des choix pas toujours évidents à faire

"Je suis retraité, et je ne touche pas une grosse pension. Mon père de 93 ans est hospitalisé à Cahors, et je lui rends visite tous les jours. Mais à côté, je mets jusqu'à 500 euros d'essence par mois, et si ça continue d'augmenter, je ne sais comment je vais m'en sortir", assure Jean-Clause, un habitant de Cabrerets. Son fils, Dorian (28 ans) l'accompagnait à la station-service lundi 14 septembre, et même lui est stupéfait de la situation. "Je travaillais dans une usine au Montat jusqu'à il y a peu. J'ai arrêté parce que je me suis rendu compte que je perdais de l'argent plutôt que d'en gagner. Il faut vraiment que le gouvernement se penche sur cette question". 

Bruno Gédert réfléchit aussi à changer de véhicule. "Je n'ai pas le choix je suis obligé d'utiliser ma voiture. Les transports sont trop contraignants au niveau des horaires et les trains sont soit trop chers soit en retard. On a vraiment du mal à joindre les deux bouts, même à deux salaires avec mon épouse. J'envisage même de prendre une voiture électrique", conclut-il.