Kenya : les Harambee Stars boycottent l'entraînement, le pays co-organisateur de la CAN 2027 en crise - Sport.fr
À trois jours de la réception de l’Érythrée, les joueurs kényans refusent de s’entraîner. Ils réclament des primes impayées depuis l’an dernier et exigent de rencontrer le président William Ruto. Un bras de fer qui tombe au plus mal pour l’un des pays hôtes de la prochaine CAN.
Le camp de la sélection kényane devait ressembler à une ruche. Il ressemble à un piquet de grève. Réunis à Nairobi depuis lundi, les Harambee Stars ont décidé collectivement de ne plus s’entraîner avant leur match des éliminatoires de la CAN 2027 contre l’Érythrée, samedi 26 septembre au Nyayo National Stadium.
Selon plusieurs médias, le staff technique s’est joint au mouvement. Du jamais-vu, ou presque.
Des primes impayées depuis un an
Au cœur de la colère : l’argent. Les joueurs réclament le paiement d’indemnités qu’ils affirment ne pas avoir reçues, certaines remontant à l’année dernière. Selon NTV Kenya, Athanus Obango, responsable des sélections nationales à la Fédération kényane (FKF), a précisé que les joueurs demandaient environ 80 000 shillings par tête pour les matchs contre le Sénégal et le Lesotho. L’indemnité liée au Sénégal serait en souffrance depuis longtemps.
Mais la revendication va au-delà des primes. Les joueurs dénoncent aussi la qualité des hôtels lors des rassemblements et, plus largement, ce qu’ils jugent être un manque de professionnalisme dans la gestion de l’équipe nationale.
Ils veulent parler à Ruto
Signe que le dialogue est rompu avec leur fédération, les Harambee Stars ne veulent plus discuter uniquement avec son président, Hussein Mohammed. Ils exigent une rencontre avec des représentants du ministère des Sports, voire directement avec le chef de l’État, William Ruto. Selon la FKF, les indemnités des sélections transitent en effet par le ministère, ce qui place le gouvernement en première ligne.
Le Kenya n’en est pas à son coup d’essai. En juillet dernier, les Harambee Starlets, la sélection féminine, avaient déjà refusé d’embarquer pour un stage en France tant que leurs arriérés n’étaient pas réglés. Le feuilleton continue, et il n’a rien de glorieux.
Un très mauvais signal avant la CAN
Le timing est désastreux. Le Kenya co-organisera la CAN 2027 avec la Tanzanie et l’Ouganda, du 19 juin au 17 juillet. En tant que pays hôte, il est déjà assuré de sa place en phase finale et dispute ces éliminatoires pour garder le rythme. Mais l’image renvoyée, à quelques mois du grand rendez-vous, est catastrophique.
Sur le plan sportif, l’équipe de Benni McCarthy doit affronter l’Érythrée samedi, puis se rendre en Guinée le 1er octobre, dans un groupe qui comprend aussi l’Afrique du Sud. Un match amical contre le Rwanda est également annoncé le 5 octobre à Kigali.
Une issue incertaine
Pour l’heure, personne ne sait si les joueurs reprendront l’entraînement à temps. Sans préparation, le match contre l’Érythrée pourrait tourner au casse-tête. Le vestiaire va forcément en parler. Et à Nairobi, on attend désormais une réponse du gouvernement.