Kristina Mladenovic raconte sa renaissance après son titre en double à Wimbledon : « L'année dernière, je devais être assistée pour la vie quotidienne »
« On vous a vu très ému sur le court, votre frère (et coach) en tribunes était aussi en larmes, pouvez-vous nous raconter ce moment ?
C'est unique, c'est vraiment énormément d'émotions. J'ai eu beaucoup de doutes l'année dernière avec cette blessure très difficile (au pied gauche, qui a eu des conséquences sur son genou). Je me suis tout simplement demandé si j'allais pouvoir rejouer à ce niveau. Et depuis le début de l'année, il n'y a que des choses positives qui se passent. Ce qui m'anime, c'est d'aller chercher encore des énormes titres. C'est facile à dire mais le faire, ça paraît presque absurde.
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Moi-même, ce n'est pas que je suis choquée, mais je suis énormément émue. C'est quand même exceptionnel. Ça fait 15 ans que je joue ici. J'ai joué ma toute première finale il y a 12 ans. Réussir à revenir comme ça et à décrocher un nouveau titre du Grand Chelem, à Wimbledon, où je n'avais pas encore gagné, avec une nouvelle partenaire avec qui on vient à peine de commencer à jouer (depuis le début de la saison). Il y a beaucoup de choses exceptionnelles. Je peux juste être fière de moi, de mon équipe, les remercier.
Quand vous étiez blessée vous pensiez à revivre ce genre de moments ?
Sincèrement, c'est ça qui m'a poussée l'année dernière quand j'étais vraiment au plus bas. Vraiment, ce n'était pas chouette de souffrir comme ça avec les douleurs, les traitements, la rééduc. Je suivais le tennis, les Grands Chelems à la télé. Je me disais, tu fais tout ça pour essayer. Tout simplement, l'objectif pour moi, c'était de revenir sur ces courts. Avoir le classement qui pouvait me le permettre. Forcément, c'était dans un coin de ma tête comme j'ai vécu tous ces moments-là. Mais le faire, c'est fabuleux.
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Vous parlez de cette douloureuse rééducation après votre blessure, quel a été le pire moment que vous avez traversé ?
J'en ai la chair de poule (elle montre ses bras sur lesquels ses poils se sont dressés et sa voix s'étrangle). C'est une chose d'être blessée mais l'année dernière, je souffrais vraiment. Pour essayer de guérir, on a fait des traitements lourds. J'étais en béquilles. Ce qui était très compliqué à un moment donné, c'est que je devais être assistée pour la vie quotidienne. Pour me doucher, faire ma toilette, ce genre de choses.
« Je pense qu'on peut continuer à regarder grand pour les prochains Grands Chelems »
Kristina Mladenovic à propos de ses prochains objectifs
C'était mentalement une période extrêmement difficile. À un moment donné, l'objectif était juste d'aller mieux pour, au quotidien, être une personne normale. J'étais vraiment au plus bas. Parce qu'on est très loin de penser au sport de haut niveau. Mon objectif, c'était d'aller tous les jours en soins, en rééduc pour essayer d'aller de mieux en mieux, pour que je puisse marcher, faire ma toilette seule, me lever du lit seule, ce genre de choses. Ça a duré un bon mois ou deux. Je commençais à prendre des habitudes, comme par exemple chercher les ascenseurs. Et là, on se rend compte qu'on est vraiment handicapés.
Ce trophée après avoir traversé tout ça, c'est encore plus fort ?
Oui, c'est pour ça qu'il y a énormément d'émotions. Parce que, dans ces moments-là, ce sont vos proches qui vous aident, ce sont des moments intimes. C'est pour ça que c'est très émouvant de soulever ce trophée ici aujourd'hui et de les avoir auprès de nous.
« En simple, il en faut encore beaucoup plus physiquement, surtout quand on voit la nouvelle génération. Je vais prendre les choses petit à petit. »
Kristina Mladenovic
Maintenant que vous avez montré votre capacité à être très compétitives, vous vous tournez vers la suite mais avec quels objectifs ? En simple ? En double ?
Je ne m'attendais vraiment pas à revenir aussi vite en double déjà. C'est juste exceptionnel parce qu'on est au milieu d'année. Et oui, effectivement, maintenant on peut se projeter. J'ai de nouveau un classement plutôt très bon (elle n'était plus classée au moment de sa reprise). J'ai ajouté un titre du Grand Chelem. Et tout est nouveau pour ma partenaire, elle est toute contente.
Je pense qu'on peut continuer à regarder grand pour les prochains Grands Chelems. Et puis, pour ce qui est du simple, je vais devoir réfléchir avec mon équipe à comment on se projette parce qu'en simple, je suis toujours non classée. Athènes (WTA 250 qui commence lundi) m'avait donné une wild-card, mais je l'ai naturellement rendue quand j'ai vu qu'on arrivait au bout ici.
Pour le moment, je vais surtout apprécier d'être revenue à ce stade-là en double, pour moi, c'est exceptionnel. En simple, il en faut encore beaucoup plus physiquement, surtout quand on voit la nouvelle génération. (Elle a 33 ans.) Je vais prendre les choses petit à petit. »