L'énergie sans fil dans l'espace, c'est pour bientôt ! Star Catcher lance son prototype !
Publié le 29 septembre 2026 à 13:25 par Christian D.
Imaginez un satellite qui ne tombe jamais en panne de batterie. Un fantasme ? Pas pour Star Catcher, qui s'apprête à tester une technologie qui pourrait bien redessiner les règles du jeu orbital. Une véritable multiprise en lévitation.
La start-up américaine Star Catcher Industries s'apprête à explorer une voie d'avenir. En octobre 2026, elle lancera son prototype Protostar depuis la base de Vandenberg à bord d'une mission Transporter-18 de SpaceX.
Le but de cette manœuvre est aussi simple à énoncer qu'il est complexe à réaliser : effectuer la toute première démonstration de transfert d'énergie par faisceau optique entre deux engins spatiaux non connectés, filant à près de 27 000 km/h.
Cette mission est un point de départ pour construire le premier réseau électrique en orbite qui servira à alimenter la prochaine ère de l'exploration et des opérations spatiales.
Qu'est-ce que la mission Protostar exactement ?
La mission Protostar est une démonstration technologique conçue pour prouver qu'il est possible de transférer de l'énergie par faisceau optique entre deux engins spatiaux indépendants.
Concrètement, une fois en orbite, le module Protostar déploiera un CubeSat (un satellite miniature standardisé) et utilisera ses systèmes pour le localiser, le suivre avec précision puis lui envoyer un faisceau d'énergie mesurable.
Le CubeSat, équipé de panneaux solaires du commerce (des capteurs photovoltaïques standards), recevra cette énergie, validant ainsi le concept de transmission d'énergie sans fil dans des conditions réelles.
Ce test est l'aboutissement de deux ans de développement intense depuis la création de l'entreprise en 2024. Il combine pour la première fois en un seul système les trois briques technologiques de Star Catcher : la récolte d'énergie, l'acquisition et le suivi de cibles, et la transmission de puissance.
Ce sera une répétition générale avant de passer à l'échelle supérieure, avec de vrais clients et des niveaux de puissance opérationnels.
Pourquoi vouloir « brancher » des satellites en orbite est-il si important ?
Cette technologie est cruciale car elle s'attaque au principal frein de l'économie spatiale : l'accès à l'énergie. Aujourd'hui, un satellite est limité par la taille de ses panneaux solaires et la capacité de ses batteries.
Ce facteur contraint la puissance de ses charges utiles, qu'il s'agisse d'ordinateurs pour l'IA, de capteurs d'observation de la Terre ou d'antennes de communication. Star Catcher propose de dépasser ces limitations.
En créant un réseau de « bornes de recharge » orbitales, l'entreprise permettrait aux satellites de recevoir deux à dix fois plus de puissance sans aucune modification matérielle.
Les applications deviennent vertigineuses : surveillance en temps réel pour la sécurité nationale, calcul intensif en orbite, missions d'exploration plus longues et plus ambitieuses.
Star Catcher est-elle une entreprise crédible pour un tel projet ?
Star Catcher se positionne comme un acteur très crédible, malgré sa création récente en 2024. La société a rapidement accumulé des preuves de concept solides et un soutien financier et commercial impressionnant.
Avant même Protostar, elle a battu un record mondial de transmission d'énergie optique au sol au Kennedy Space Center et a validé en orbite son logiciel de suivi avec la mission Sextant Alpha fin 2025.
Côté business, l'entreprise est soutenue par 88 millions de dollars de capital-risque et un contrat STRATFI de 60 millions de dollars de la part de l'U.S. Space Force.
Plus important encore, elle a déjà signé 10 contrats d'achat d'énergie (PPA) avec des acteurs majeurs comme Starcloud, Loft Orbital ou Astro Digital, et possède plus de 40 lettres d'intention.
L'approche consiste à pré-vendre une infrastructure sur le modèle des réseaux électriques terrestres.
Quelles sont les prochaines étapes après cette mission ?
Si la mission Protostar est un succès, la prochaine étape pour Star Catcher est le déploiement d'un satellite pré-commercial, bien plus puissant, qui servira de centrale électrique pilote.
Le développement de cet engin a déjà commencé. L'objectif final est de disposer d'un réseau opérationnel en orbite d'ici la fin de la décennie. Cet exploit sera réalisé grâce à des lancements réguliers, probablement avec des partenaires comme SpaceX.
Pour soutenir cette croissance fulgurante, l'entreprise est en train de doubler ses effectifs et de construire un nouveau siège à Jacksonville, en Floride. L'entreprise montre ainsi que la phase de R&D accélérée touche à sa fin et laisse place à l'industrialisation.
Journaliste GNT spécialisé en mobilité / Ante-Geek des profondeurs du Web et d'ailleurs
Cette page peut contenir des liens affiliés. Si vous achetez un produit depuis ces liens, le site marchand nous reversera une commission sans que cela n'impacte en rien le montant de votre achat. En savoir plus.