ONU : les Etats-Unis accusés de crime de guerre à Minab en Iran

ONU : les Etats-Unis accusés de crime de guerre à Minab en Iran

Les Etats-Unis ont perpétré des crimes de guerre en février en Iran, dont un contre une école de Minab qui avait fait plus de 150 victimes, selon les enquêteurs onusiens. Jeudi à Genève, ils ont aussi accusé Téhéran d'actes équivalant à des crimes contre l'humanité.

"Il y a de bonnes raisons" d'affirmer que des crimes de guerre ont eu lieu, dit dans un rapport la Mission internationale d'établissement des faits sur l'Iran. A Minab, environ 120 élèves avaient été tués alors que leur établissement était identifiable, ajoutent les trois enquêteurs qui ne s'expriment pas au nom de l'ONU mais sont mandatés par le Conseil des droits de l'homme.

Une autre frappe avec des missiles de précision avait dispersé des nuages de tungstène sur des infrastructures civiles à Lamerd, faisant plus de 20 morts. Ces deux attaques étaient indiscriminées, affirme la Mission.

Elle estime aussi que les autorités iraniennes ont poursuivi les actes équivalant à des crimes contre l'humanité. Notamment des exécutions, des détentions systématiques et de la torture.

Blessés arrêtés et frappés

Ces dernières années, la Mission avait déjà accusé Téhéran de crimes contre l'humanité. Mais la répression des manifestations fin 2025 et de cette année a augmenté de manière "sans précédent" avec un recours massif à des armes létales. Entre mars et août, près de 30 personnes ont été exécutées en lien avec les rassemblements. Plus de 70 pourraient l'être prochainement, selon les enquêteurs.

Toutes les régions du pays ont été affectées par la répression, même si le nombre de victimes était très important à Téhéran et dans quatre autres villes du pays, ajoutent-ils. Les forces de sécurité œuvraient depuis des toits, ciblant les foules avec des armes d'assaut.

Des enfants âgés parfois de deux ans ont été tués. Les forces de sécurité s'en sont prises aussi à des centres de santé, arrêtant et frappant des manifestants pris en charge pour des blessures. Des travailleurs de santé ont également été interpellés. Cette situation a dissuadé des personnes de se rendre dans les hôpitaux pour être soignées.

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Arrêt des affrontements demandé

Autre problème, Internet a été coupé pendant plus de cinq mois, la plus longue période jamais observée, ajoute également le rapport. Des dizaines de milliers de personnes ont fait face à des arrestations et des détentions arbitraires. Les proches ne savaient pas où se trouvaient ces individus, la situation provoquant des préoccupations sur de possibles disparitions forcées.

Les autorités ont également retardé ou refusé la restitution de cadavres. Et des responsables ont demandé des paiements ou ont contraint des proches à de fausses déclarations. La mission demande à Washington et Téhéran de mettre un terme immédiatement à leurs affrontements.

ats/asch