L’idée radicale de Bayrou face au « risque » d’un second tour Mélenchon-Le Pen en 2027

L’idée radicale de Bayrou face au « risque » d’un second tour Mélenchon-Le Pen en 2027

L’ancien Premier ministre veut éviter à tout prix qu’une « catastrophe » se produise au printemps prochain.

François Bayrou, ici après avoir voté lors du second tour des élections municipales, à Pau, le 22 mars 2026.

QUENTIN TOP / Hans Lucas via AFP

François Bayrou, ici après avoir voté lors du second tour des élections municipales, à Pau, le 22 mars 2026.

François Bayrou mettra-t-il tout le monde d’accord avec son idée pour la présidentielle de 2027 ? Face au « risque » d’un second tour Mélenchon-Le Pen au printemps prochain, l’ex-Premier ministre centriste plaide, dans un entretien ce dimanche 9 août au Figaro, pour une grande primaire de « tous ceux qui rejettent les extrêmes », afin de désigner un candidat unique d’ici février.

Pour François Bayrou, « le risque maximum, c’est un deuxième tour entre l’extrême droite et l’extrême gauche » et cette « catastrophe » se produira « si nous ne portons pas au deuxième tour un candidat capable de rassembler tous les démocrates réformistes ».

Or, selon le patron du MoDem, soutien d’Emmanuel Macron en 2017 et 2022, aucun des prétendants déclarés au sein de cet espace politique n’est aujourd’hui en mesure de fédérer aussi largement. Pas même Édouard Philippe, pourtant le mieux placé dans les sondages : « Il défend sa position, c’est légitime. Mais qui porte le profond renouvellement attendu ? », regrette François Bayrou.

Lui-même trois fois candidat à l’Élysée, l’ex-maire de Pau considère donc que « tous ceux qui rejettent les extrêmes doivent accepter d’organiser une compétition entre les candidats potentiels (...) du Parti socialiste, dans sa version sociale-démocrate, jusqu’aux gaullistes ».

« Il faut sortir de l’ambiguïté générale »

Une grande primaire où « chacun défend sa vision de l’avenir et un vote le plus ouvert possible a lieu fin janvier ou début février pour décider », ce qui laissera au lauréat « deux mois pleins de campagne », bien assez pour remporter un scrutin qui « se joue à la fin, parfois la dernière semaine », selon François Bayrou.

Dans le cas contraire, faute d’une méthode pour départager les postulants, « si ça ne se fait pas par un accord large, parce que tout le monde est déraisonnable, ça se fera par effraction, par bousculade », prédit-il.

Quoi qu’il en soit, « tous ceux qui veulent se présenter doivent maintenant s’exprimer » d’ici septembre, car « la période des présentations, c’est la rentrée », avant « la décantation et la confrontation ».

« Il faut sortir de l’ambiguïté générale (...) Il est temps d’y voir clair », insiste le leader centriste, qui énumère une liste de personnalités aux intentions plus ou moins claires, de Bernard Cazeneuve à Michel Barnier, en passant par Xavier Bertrand et Bruno Le Maire, jusqu’à François Baroin et Yaël Braun-Pivet.

Au passage, il vante les mérites de l’ex-commissaire européen Thierry Breton, « enraciné dans la grande famille démocrate et réformatrice » mais qui « n’a pas appartenu au pouvoir sortant » et qui dispose d’une « capacité à réunir très largement en raison de son expérience ».